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ETAT de DROIT : CORRUPTION d’EN-BAS et CORRUPTION d’EN-HAUT

jeudi 2 juillet 2026, par Amitié entre les peuples

Introduction a plusieurs exposés puis débats à Rennes sud avec CORRUPTION d’EN-BAS et CORRUPTION d’EN-HAUT (cumul d’un bénéfice de position et d’un avantage de grande richesse financière)

Il y a quelques enjeux à débattre sur ce thème eu égard à certain-es qui ne la voient que chez les immigré-es des quartiers populaires. Dés lors, il ne faut pas attendre d’être un Noel Pons ou un Alain Deneault ou Pierre Lascoumes ou une Eva Jolly - femme admirable - sur ces questions complexes pour dire son mot . Le débat permet de s’instruire, non seulement de corriger les fatals oublis mais aussi les préjugés.

Syndicaliste des finances en retraite et citoyen altermondialiste je suis sollicité pour ouvrir un débat à Rennes sur la délinquance des élites et comment les sanctionner. Ex-agent assermenté j’ai choisi d’évoquer deux sphères de corruptions avant de laisser la parole aux compétents invités sur le sujet central de la délinquance des élites.

Avant d’aborder le sujet d’une « haute voyoucratie mondiale » (selon un propos populaire) il me semble qu’il faut en passer par ce rapprochement de deux sphères : corruption d’en-bas et corruption d’en-haut.

ETAT DE DROIT : CORRUPTION d’EN-BAS et CORRUPTION d’EN-HAUT

La CORRUPTION d’EN-BAS , des « agents du rang », et la CORRUPTION d’EN-HAUT de celles et ceux placés au sommet de la hiérarchie administrative et politique (pantouflage) de chaque Etat portent à l’évidence sur des enjeux bien différents - un gap immense même - mais les deux formes devraient mobiliser nécessairement tout Etat de droit sur les deux bouts du spectre corruptif. Autrement dit, cet Etat de droit devrait empêcher la corruption à tous les niveaux, et pas seulement là ou c’est le plus facile.

La corruption d’en-bas existe et se manifeste, notamment en lien avec la facilitation de la vente de drogues mais dans bien d’autres domaines encore dont les diverses formes de favoritisme. La corruption d’en-bas mobilise souvent des sommes plus faibles que la haute corruption des élites administratives ou politiques ou économiques - soit la haute délinquance - qui porte elle sur des sommes en général très importantes. Ce qui peut ouvrir sur de la grande criminalité via les paradis fiscaux et judiciaires ou se déploient cinq grands maux : production et circulation de drogues, d’armes, de prostitution, de tueurs et de terrorisme, d’argent sale et autre corruption mondiale... .

D’en-bas ou d’en-haut, mobilisant de petites sommes ou des sommes importantes, la corruption reste corruption et devrait faire partout l’objet de prévention et de sanctions pénales dissuasives. Les personnes exerçant une fonction publique ne doivent pas manquer à leur devoir de probité (code pénal art. 432-11 s’agissant de la France). Cela vaut de l’agent de base jusqu’aux cadres de commandement qui tous doivent prêter serment (être assermentés) pour agir en respect du droit juste et ce partout dans tous les Etats de la planète . On en est loin.

Un douanier corrompu qui laisse passer la frontière que moyennant le don caché d’une somme en liquide, qui peut représenter une part conséquente - ou pas - des économies du voyageur crée un réel dommage. Pour autant, il importe de ne pas cacher l’importance de la corruption d’en-haut afin de voir les grands maux de l’humanité.

La lutte contre la corruption est nécessairement transnationale

La lutte contre la corruption est nécessairement transnationale et ne peut s’exercer uniquement dans le cadre national et ce surtout depuis le déploiement de la financiarisation mondiale des économies qui concerne les banques (1) les riches et les ultra-riches qui en sont les bénéficiaires et qui utilisent les territoires sans fiscalité - offshore -comme coffre-fort tout en vivant ailleurs, si possible dans des Etats fiscaux qui imposent les 95% mais pas le 1%, du moins à hauteur de ses facultés contributives, ce qui est le cas de la France, mais pas seulement elle.
Il faut alors via ses instances mondiales - on y reviendra - articuler travail national, travail continental, travail mondial de lutte anti-corruption. Les riches élites ayant les moyens de contourner les éventuels dispositifs préventifs et répressifs locaux il importe de mieux connaitre ce qui se fait au niveau européen et mondial.
Comme simple citoyen ma conviction reste qu’un Etat réellement démocratique devrait combattre la richesse excessive, celle qui permet, via les avocats d’affaire, de nombreuses illégalités afin de devenir encore et toujours plus riche et ce pendant que les pauvres restent pauvres et meurent sans toit, ou dans des « passoires thermiques ».

Au niveau national, les Etats ont un devoir démocratique de prévenir et punir tout ce qui s’apparente à de la corruption à savoir la concussion, la commission illicite, le trafic d’influence, les délits de favoritisme, de détournement de fonds publics, etc… En France, ce n’est que récemment, depuis l’"affaire Cahuzac » en 2013 que la France s’est employée a prendre de réelles mesures de lutte contre la corruption : HATVP, PNF, SAPIN 2, etc . Il existait certes auparavant des autorités : CNCCFP lois SAPIN 1 mais l’ensemble était faible.

Lire ici Prévenir la corruption, un devoir démocratique de Vincent Brenot et Bernard Cazeneuve (2023)

Christian Delarue - Rennes
Syndicaliste altermondialiste (CGT Finances)
Président du CADTM France

1) Éric Toussaint
https://www.youtube.com/watch?v=pzOSm7aOgE4

https://amitie-entre-les-peuples.org/La-CLE-au-DADA-COMMENT-SANCTIONNER-LES-ELITES-DELINQUANTES

https://blogs.mediapart.fr/amitie-entre-les-peuples/blog/230626/cle-sanctionner-les-elites-delinquantes