VISA / Racisme et antisémitisme sans frontières : nouvelles passerelles à l’extrême droite

lundi 12 novembre 2012
par  Amitié entre les peuples
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Racisme et antisémitisme sans frontières : nouvelles passerelles à l’extrême droite

VISA jeu, 07/08/2008

Dieudonné, Le Pen, amateurs du Ku Klux Klan et racistes de l’ex-Tribu K : alliances contre nature et rapprochements inquiétants que l’on aurait envisagé, il y a quelques années encore, comme improbables.
La dernière nouvelle en date n’est déjà plus une véritable surprise : Dieudonné a choisi pour parrain de sa plus jeune fille, baptisée le 18 juillet dernier à Bordeaux, un certain Jean-Marie Le Pen. Le baptême a eu lieu dans la paroisse « traditionaliste » de Saint-Eloi où officie l’abbé Laguérie, qui avait célébré en juillet 1996 les obsèques de Paul Touvier, ancien chef de la milice de Vichy. A cette occasion, ce prêtre avait défendu - bec et ongles - la mémoire du défunt chef milicien, en se présentant lui-même comme « l’avocat de Paul Touvier auprès de Dieu » : « [Devant le] tribunal divin, il n’y a pas de médias ni de coups médiatiques, pas de communistes, pas de franc-maçonnerie, pas de partie civile et pas de LICRA. » (Libération du 16 juillet 2008) La chose ne surprend qu’à moitié : Dieudonné, ancien chantre de l’anti-racisme, ne s’est-il pas rendu à la Convention Bleu-Bleu-Rouge (lancement de la campagne présidentielle du leader du FN), le 11 novembre 2006 au Bourget ? N’a-t-il pas visité le pays d’origine de son père, le Cameroun, avec Jany Le Pen - l’épouse du chef de file de l’extrême droite - en mars 2007, faisant apparaître celle-ci comme défendant la « cause humanitaire » des Pygmées menacés ? Si les visites publiques de Dieudonné dans le camp lepéniste pouvaient encore apparaître comme des provocations calculées, à condition d’ignorer certaines convergences de fond qui les avaient rendues possibles, c’est quand même autre chose d’aller jusqu’à nouer des liens privés et familiaux avec le vieux leader d’extrême droite. A certains de ses fans, Dieudonné tente encore de justifier sa décision sur le registre de la pure provocation, et au nom de son intérêt : il en aurait besoin pour réapparaître dans les médias qui l’ont « boycotté » jusqu’ici. Pour cela, il aurait voulu leur offrir en pâture « quelque chose de négatif », avant d’ajouter : « Vous savez ce que cela coûte, une campagne de promotion sur TF1 ? ».

http://www.visa-isa.org/node/258