VIE CHERE : Sous-consommation, surconsommation et classes sociales. C Delarue

mardi 17 janvier 2012
par  Amitié entre les peuples
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VIE CHERE :
Sous-consommation, surconsommation et classes sociales.

17 oct 2012

A qui adresser les consignes de sobriété ? Résumons :

Sous consommation des prolétaires (et des sous-prolétaires) et surconsommation de la petite-bourgeoisie et surtout de la bourgeoisie.

La question de la consommation mérite d’être rapportée à des enjeux de classes sociales. Les sous prolétaires et les prolétaires n’ont pas le même regard que les petit-bourgeois et la bourgeoisie.

Si la vision classiste en terme de sentiment subjectif d’appartenance ayant pour base la classe ouvrière a fortement déclinée il n’est demeure pas moi que la conflictualité de classe perdure et même se développe. La bourgeoisie conçue comme seule classe objectivement et subjectivement dominante mène sans faiblir son combat pour défendre et accroître ses intérêts de classe.

Avec le surgissement du Front national dans un certain nombre de débat on remarque l’importance d’un clivage entre deux lectures : celle eux / nous et celle en-haut / en-bas. Ce débat se complique dans la mesure ou certains acteurs croisent et combinent les deux clivages et ce de façon variée. Autrement dit si la lecture eux / nous ne signifie pas automatiquement l’abandon de la contradiction « en-haut / en-bas » une certaine compétence politique est requise pour distinguer les options de droite et d’extrême-droite des positions de gauche. Il y a donc danger. Et ce, d’autant plus que d’en appeler au « peuple-démocratique » ou au « peuple souverain » n’élude nullement la question du clivage car pour les uns il s’agira de sauver la classe dominante très agissante au sein du « démos » alors que pour d’autres il s’agira de donner du poids « citoyen » à la plus grande part des classes dominées, du moins celles qui sont en droit de voter. Dans les deux cas les intérêts de la classe dominante quoique très minoritaire sont préservés.

Quel rapport avec le « consommationisme » ? C’est que cette critique tend à brouiller le message car elle est déconnectée de l’ordre des classes. Elle vise tout un chacun. Elle s’adresse certes aux riches mais aussi au « top niveau » des couches moyennes et même aux « petit salariat d’exécution » (ouvrier, employés et techniciens).

En conséquence il faut tenter un raccordement et revenir sur un ordre des classes adapté à une perspective altermondialiste ou écosocialiste dans les pays capitalistes développés. A mon sens il faut distinguer bourgeoisie, petite-bourgeoisie, prolétaires et sous-prolétariat. Pour ma part, j’ai essayé, parfois avec changement d’avis notamment à propos de la petite-bourgeoisie, à articuler vision verticale (néomarxiste) et vision horizontale (stratificationniste). J’y renvoie.

La critique du « consommationnisme » ne doit pas tourner en religion de l’austérité et en une division du peuple-classe (l’autre de la classe dominante). Du moins pas de façon outrancière. S’il importe de travailler à l’unification du peuple-classe - c’est important à mon sens pour faire cesser la domination bourgeoise et pour faire basculer l’encadrement du côté du socialisme - il faut bien remarquer qu’il existe objectivement au sein du peuple-classe des divisions et notamment à propos de la consommation une distinction entre petite-bourgeoisie et prolétariat. Il y a certes le prolétaire selon Wéber (qui peut être petit patron) et le prolétaire selon Marx. Là il y a ceux qui mettent dans le prolétariat tout les travailleurs salariés (qui vendent leur force de travail ) y compris ceux surpayés dans le privé comme dans le public car souvent « organe de direction du capital ». C’est à mon avis une double erreur tant du côté de la production (il sont des quasi-capitalistes) que du côté du marché (ils sont « pétés de thune » comme j’entends souvent). Il y a à l’inverse ceux qui mettent dans le prolétariat les ouvriers et employés modestes, les smicards au-dessus du sous-prolétariat. Ma position est entre les deux. Elle est fondée objectivement. Il s’agit de celles et ceux qui épuisent leur revenu dans le mois. Cela va de 2000 à 3000 euros selon les situations. On prendra la barre haute pour ne pas tomber dans le misérabilisme ni penser qu’aux seuls célibataires vivant en HLM. Il y a les femmes seules avec enfants qui n’ont pas trop de 2800 euros pour payer les études des enfants. Or il s’agit grosso modo en France en 2010 du salaire d’un cadre A fin de carrière.

Quelle consommation ? Les prolétaires revendiquent légitimement plus de salaires pour consommer ce qui est nécessaire au bien vivre. Et bien vivre suppose aujourd’hui de disposer de téléphones mobiles, d’ordinateurs, de maison avec petit jardin. Si la petite-bourgeoisie dispose d’une résidence secondaire, ce n’est pas non plus un crime ! C’est bien un statut matériel de confort que n’a pas le prolétaire. En même temps la petite-bourgeoisie n’est pas dans le luxe de la bourgeoisie. Elle ne possède pas plusieurs grandes maisons, des haras, des yachts, un patrimoine très important. Et c’est positif. Il importe de couper l’identification de la petite-bourgeoisie vers la bourgeoisie . D’ou l’importance du peuple-classe comme large sphère populaire subordonnée et soumise à la domination du capital.

Il faut donc hiérarchiser. Il ne faut surtout pas oublier que c’est bien la domination de la bourgeoisie qu’il faut attaquer car c’est elle qui dépossède les prolétaires des services publics, de la sécurité sociale, des salaires permettant d’épargner pour vivre correctement. Un bon salaire c’est celui qui permet d’épargner pour sortir des achats conjoncturels et passer aux achats structurels. Du moins dans la société capitaliste dominante. Les achats conjoncturels sont ceux que l’ont fait car l’on n’a pas assez de budget pour les achats structurels : la maison pour l’essentiel.

Les prolétaires ont besoin de consommer et ont besoin de salaires augmentés pour ce faire. Cette option syndicale de base se justifie d’autant plus que le néolibéralisme est reconnu coupable, et pas que par la gauche, d’une forte prédation de longue durée sur la part salariale. Cette prédation est allée vers les profits. Beaucoup s’arrêtent ici pour mettre en cause la finance et les firmes transnationales. Il faut aller plus loin et voir que l’argent est allé aussi dans les poches d’une bourgeoisie d’Etat. Dans la haute fonction publique une minorité de bourgeois d’Etat a reçu de hauts revenus bien au-delà de leur qualification et de la grille de la fonction publique. Ce n’est pas là afficher un populisme d’extrême-droite.

Il faut conserver une unité pour répondre à la domination de classe de la bourgeoisie qui procède par appropriation et par exclusion des insolvables par le marché. Le chômage et la précarité en est un autre moyen que les bas salaires.

Enfin il faudrait reprendre le débat Marcuse - Fromm tout deux freudo-marxistes critique de la société marchande et consommationniste. Marcuse défend la perspective du socialisme ce qui ne l’empêche pas avec Freud de critiquer la société de consommation mais pas de façon aussi poussée que Fromm probablement du fait de sa distinction entre sublimation répressive et sublimation non répressive. Il en va différemment de Fromm et de ses distinctions de l’Avoir et de l’Etre et de la biophilie distincte de la thanatophilie. Fromm apparait parfois comme austère et sévère tant sur la consommation que sur la vie familiale. Sa philosophie marie avec brio Marx, Freud et Spinoza mais il convient d’être vigilant sur sa tendance rigoriste, sa pente austère tant sur la consommation que sur la vie conjugale.

Christian DELARUE

Transition pour une autre consommation et populisme. C Delarue

http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article1814


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