Transformer radicalement le régime d’accumulation du capital C Delarue

dimanche 22 septembre 2013
par  Amitié entre les peuples
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Transformer radicalement le régime d’accumulation du capital

(Notes pour clarifier un domaine ou je suis faible car non économiste de formation).

Le terme accumulation explique François Chesnais (1) désigne à la fois l’accroissement des moyens et des capacités de production par l’investissement et l’extension des rapports de propriété et de production capitalistes vers des pays ou vers des secteurs et des activités sociales non encore soumis à ces rapports. Rosa Luxembourg explicitera la notion d’accumulation du capital.

Nous sommes passés d’un régime classique d’accumulation des marchandises et de plus-value à un régime d’accumulation mixte à dominante financière. Pour François Chesnais, auteur en 1994 (puis en 1997) de « La mondialisation du capital », nous sommes dans un « régime d’accumulation à dominante financière » (1). D’autres auteurs, à sa suite, parleront de « régime d’accumulation financiarisé ».

1) De quelques enjeux.

François Chesnais pose d’autres questions pour conforter ses analyses : La domination de la finance exclut-elle l’accumulation ? Les deux termes sont-ils incompatibles ? La théorie de l’impérialisme exposée par Lénine n’est-elle pas déjà une théorie où l’accumulation est commandée par le capital financier analysé par Hilferding, et où elle se fait dans un cadre mondialisé.

Une dernière précision de François Chesnais encore. « Partir de la finance et prendre acte de la montée en puissance du capital porteur d’intérêt (les créanciers au sens élargi d’Orléan) et de son entrée massive dans le capital des entreprises, ne signifie nullement un abandon de l’affirmation théorique du rôle primordial joué dans le processus d’accumulation par l’extraction de la plus value et par l’exploitation de ceux qui vendent leur force de travail. Bien au contraire, la compréhension de la signification du « corporate governance » est l’une des voie d’entrée indispensables (l’autre étant la mise en concurrence internationale des vendeurs de leur force de travail par la libéralisation des échanges et des investissements) pour comprendre les configurations nouvelles d’extraction de la plus-value avec flexibilisation et précarisation du travail. »

Jean-Marie Harribey (2) insiste pour dire que c’est dans les conseils d’administration des sociétés anonymes cotées en bourse que la norme de rentabilité pour l’actionnaire est prise et non sur des marchés financiers autonomes de la sphère de la production . C’est la corporate gouvernance qu’il faut pointer du doigt. Cela ne signifie pas qu’il faille laisser sans réglementation les marchés financiers.

Autre chose encore : Cette logique de surexploitation de la force de travail ne se limite pas aux grandes sociétés anonymes elle frappe l’ensemble des activités économiques et donc les services publics qui doivent soit être privatisés soit soumis à des normes de rentabilité « comme si » ils étaient privés. Cela constitue une spécificité du néolibéralisme.

2) Quelle transformation ? Quelle soutenabilité ?

Transformer le régime d’accumulation en un sens nettement plus social et nettement plus écologique - la soutenabilité selon Jean-Marie Harribey - suppose de changer la norme de production et la norme de consommation. Un tel changement s’il est conséquent ouvre la voie à l’écosocialisme et à un autre mode de production et de consommation centré sur la valeur d’usage et non sur la valeur d’échange et l’accumulation. Cela suppose de nombreuses autres transformations.

On le sait, le capitalisme financier va à l’envers de ce projet de changement. Même un changement modéré est exclu. L’heure n’est pas à mettre en place des services publics ni à instaurer une nouvelle RTT avec adoption d’une échelle des salaires contre l’inflation. Globalement le capitalisme financier refuse déjà les premières mesures nécessaires à savoir une réglementation par des taxes sur les transactions financières (ttf). Il entend donc continuer d’imposer ses normes de rentabilité aux travailleurs. Ici le capital productif des grandes entreprises ne se distingue pas du capital financier dans l’ augmentation l’exploitation de la force de travail.

Côté production, le capitalisme financier veut accroitre la concurrence entre les zones de main d’œuvre pour baisser les salaires et intensifier le travail. Le chômage et la précarité sont des ingrédients nécessaire de la mise en concurrence des travailleurs. Pour le capitalisme financier l’écologie ne peut que se plier à la logique marchande et à celle du profit des entreprises. Il n’y a pas d’autre voie que le multiforme « capitalisme vert ».

Côté consommation, aucun nouveau et important mode de consommation ne vient « tirer » la croissance or cette croissance marchande est obligée pour le système. Faute de consommation suffisante, c’est la crise de surproduction qui s’annonce. Dans le même temps la crise alimentaire vient de plonger dans la grande pauvreté une masse importante d’humains sur la planète. Autrement dit la production la plus utile n’est pas assurée à ceux qui en ont besoin alors que les très riches se voient appelés à une consommation de luxe (exemple : la production de grosses voitures gonfle, sans parler des bâteaux) . Cette consommation-là accroit dramatiquement les inégalités sociales et aggrave la crise écologique. Une TVA sur les gros véhicules de plus de 12 cv est envisageable. Ce serait une exception au principe du recul de la TVA et de la montée en puissance de l’impôt progressif sur le revenu.

Le souci écologique et le souci social passe par des services publics à bas tarifs pour le transport collectif des biens et des personnes. Il faut développer et articuler trains, cars et bus pour limiter ’usage des autos. Il y aura encore longtemps des autos à circuler . On peut même penser que ce mode va se généraliser dans les pays émergents. Raison de plus de développer le transport collectif.

Christian Delarue

1)La théorie du régime d’accumulation financiarisé : contenu, portée et interrogations

http://www.france.attac.org/spip.php?article883

2) Le régime d’accumulation est insoutenable socialement et écologiquement.

http://harribey.u-bordeaux4.fr/travaux/monnaie/insoutenabilite.pdf


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