Théologiser les droits de l’homme - E A Casteli (Vacarme)

dimanche 15 janvier 2012
par  Amitié entre les peuples
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Vacarme 34 / desseins
Théologiser les droits de l’homme
par Elisabeth A. Castelli

Longtemps rétives à un discours associé aux Lumières et à l’humanisme laïc, les organisations vouées au rayonnement d’un christianisme conservateur, et en particulier les évangélistes américains, font désormais un appel croissant au langage et à la logique des droits humains. En témoignent le discours et l’action en faveur de « l’Église persécutée », dont Elizabeth A. Castelli précise qu’ils participent d’une tendance plus générale des militants chrétiens à porter une rhétorique progressiste — issue du mouvement des droits civiques ou de l’activisme minoritaire — au compte de leur projet théologique.

Les horreurs et les destructions de la Seconde Guerre mondiale ont fait de l’idéal universel des droits humains un projet politique global. La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH) de 1948 et la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales de 1950 sont les premiers textes qui codifient cet idéal, bientôt suivis par de nouveaux accords, déclarations et autres conventions qui ont contribué à en préciser et à en étendre la portée. Pour une majorité d’historiens, la doctrine contemporaine des droits humains trouve ses racines dans l’esprit et les valeurs des Lumières : en témoignent son optimisme, son universalisme, sa foi dans les facultés et la solidarité humaines, sans oublier la conviction que le cadre linguistique et conceptuel des « droits » est bien le cadre adéquat pour trancher entre des revendications rivales. Cependant, en dépit du caractère indéniablement laïc ou laïcisant de la pensée des Lumières, force est de constater que le langage, les arguments et les valeurs distinctifs du discours des droits humains font désormais l’objet d’une appropriation par des groupes religieux afin de promouvoir leurs propres objectifs

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