TOULOUSE ESU : Quel socialisme pour les peuples dominés ?

dimanche 27 août 2017
par  Amitié entre les peuples
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TOULOUSE ESU : Quel socialisme pour les peuples dominés ?

Université européenne des Mouvement sociaux à Toulouse, ville occitane.

A quelques jours du Forum citoyen occitan de Narbonne - La Dintrada - le 16 septembre 2017 et en même temps que l’Université d’été des Régions et des Peuples solidaires à Kintzheim posons la question : Quel autre avenir que le néolibéralisme autoritaire pour les peuples dominés ?

Il s’agit là plus des peuples dominés culturellement (par la langue) que des peuples-classe dominés économiquement par le pouvoir de la finance et de l’économie néolibérale mondialisées. Mais les deux aspects sont présents. D’ou la question qui inclus tout à la fois l’Etat, le capitalisme, l’impérialisme et la domination culturelle : Quel socialisme pour les peuples dominés ?

Il s’agit ici plus d’une reprise de réflexion, pour le débat, que d’une pensée aboutie concernant l’émancipation des peuples compris comme peuple-nation sans Etat ou peuple-nation dominés culturellement (peuple breton ou peuple occitan) ou ailleurs des peuples ethno-culturels.

Prenons la problématique identitaire et communautaire car elle permet tout à la fois la critique mais aussi de faire émerger des appuis pour l’émancipation.

On connait les méfaits de certains communautarismes et des crispations identitaires liées à ces sentiments communautaires puissants . La distinction « eux et nous » n’est pas verticale et donc liée au sytème socio-économique qui produit partout des inégalités économico-sociales mais culturelle et territoriale : l’étranger et le « pas comme nous » (I). Mais il y a aussi des pensées progressistes voire d’émancipation qui restent inscrites dans un cadre identitaire et communautaire maintenu. Il importe de le dire ici afin de sortir d’une pensée de pluri-émancipation abstraite, hors-sol, réservée aux fractions de peuple instruites et relativement moins exploitées et dominées par le système capitaliste.

I - IDENTITE ET COMMUNAUTE AVEC SON VERSANT REACTIONNAIRE

- Maux divers du nationalisme xénophobe au sein des Nations dominantes avec leur Etat-nation . Montée en force de l’état d’urgence avec affaiblissement de l’Etat de droit notamment pour les couches sociales les plus dominées. Faiblesse des services publics de réception des migrants pour l’effectivité des droits humains des migrants. Faiblesse des droits d’expression des langues minorisées. Et il ne s’agit pas là des Etats les plus autoritaires avec imprégnation fasciste même si différent du fascisme.

- Maux des crispations identités nationales minoritaires avec « La dérive fasciste des mouvements identitaires au XX eue siècle » cf Les régions du déshonneur de Francis Arzalier (librairie Vuibert fev 2014). Note de lecture à rédiger ici.

- Maux des crispations identitaires et communautaires religieuses des religions dominantes comme de celles dominées, crispations qui penchent vers les idéologies réactionnaires et les pratiques mortifères de plusieurs niveaux allant de la haine sexiste, homophobe, athéophobe, sexyphobe et même sexoséparatisme en vue d’un hyperpatriarcat jusqu’ à la « guerre sainte » .

Face à ces dérives il y a eu des réponses conservant la référence à l’identité mais allégeant celle du communautaire trop ordonné autour du chef, de l’homme, de l’unicité contre la pluralité. C’est là la perspective du progressisme face aux idéologies communautaristes qui est sommairement développée. Matière à débat.

II - IDENTITE ET COMMUNAUTÉ AVEC VERSANT PROGRESSISTE

- Un progressisme internationaliste qui s’est appuyé sur l’entente entre les nations dans une perspective social-démocrate parfois relativement ouverte au plan culturel et linguistique mais néanmoins avec un ancrage étatique maintenu. Ce progressisme n’a pas pu se dégager de l’emprise des oligarchies capitalistes montantes avec le néolibéralisme, faute d’un anti-capitalisme conséquent. Il ne suffit pas de vouloir plus d’ESS (économie sociale et solidaire) et de services publics pour aller vers un socialisme national. Ce n’est qu’un premier pas. Il importe de valoriser une démarche politique du peuple-classe, de ceux et celle d’en-bas. Le « nous sommes les 99% » de Occupy Wall Street.

- Un communisme des nations et régions opprimées et dominées. J’ai rencontré ce type de mouvements communistes - de type marxiste-léniniste - lors d’une rencontre au FSE d’Istanbul il y a quelques années. Ils ont participé à la Déclaration (ci-dessous) de l’Assemblée anti-impérialiste du FSE d’Istanbul de 2010. Deux axes ont été adoptés ou ils étaient actifs : 1 - Que, sans lutte contre le capitalisme, une lutte cohérente contre l’impérialisme n’est pas possible. 2 - Que les luttes de libération sociales et les luttes de libération nationale des peuples opprimés font partie du même front contre l’impérialisme. On notera qu’il n’y a pas de classe dominante et pas d’oligarchie en opposition à des travailleurs et un peuple-classe. Le point 1 fait référence au socialisme de la façon suivante : sans lutte contre le capitalisme, une lutte cohérente contre l’impérialisme n’est pas possible puisque l’impérialisme est le stade suprême du système mondial capitaliste. Nous appelons toutes les forces anti-impérialistes à augmenter leurs efforts pour renverser l’ordre capitaliste qui est dans une crise profonde et historique. Le socialisme est l’alternative unique contre le système capitaliste, et la révolution est la seule façon de transformer ce système. « Un autre monde », c’est le socialisme.

La démarche vise nettement au plan sociétal au respect des langues et des cultures mais avec la perspective d’aller vers le socialisme. C’est un point assez rare pour être souligné. Au titre des critiques on dira que ces courants communistes s’accommodent de trop parfois des intégrismes religieux pour parvenir efficacement à un socialisme de pluri-émancipations. Le féminisme était quasiment absent de ces débats-là. Ils ne s’appuient pas, on l’a dit, sur l’idée de peuple-classe opposé à toute oligarchie. Il y a donc l’idée de la limite d’une construction exclusivement par en-bas du socialisme. Autrement-dit il y a pour eux, besoin d’un parti d’avant garde et de maintenir un nationalisme des dominés pour aller vers ce socialisme des nations dominés. Cela s’explique disent-ils par la faible instruction des peuples qu’ils mobilisent. Le marxisme-léninisme y est mélangé avec des sentiments nationalistes minoritaires et des sentiments religieux . Malgré ces critiques, il faut bien noter là une démarche d’émancipation collective qui ne se contente pas de repousser les tendance fascistes d’un communautarisme des dominés, mais qui s’attaquent au capitalisme, contre les firmes multinationales, contre les banques, pour la nationalisation des entreprises populaires. ils sont aussi pour qu’un nouvel appareil d’Etat répartissent équitablement les ressources matérielles sur le territoire du peuple dominé.

- Un progressisme religieux en défense de la laïcité et s’opposant aux intégrismes religieux dans le monde musulman ou les mondes musulmans comme dans d’autres religions existe et s’affirme. Ces progressistes ne supportent pas les législations patriarcales archaïques, l’homophobie, le mépris des mécréants, le sexoséparatisme, la sexyphobie, etc. Il n’y a donc pas que les athées à s’opposer aux courants conservateurs et réactionnaires au sein des religions, que ce soit l’islam ou les autres religions.

Christian DELARUE

Déclaration de l’Assemblée anti-impérialiste du FSE d’Istanbul - Espaces Marx
http://www.espaces-marx.net/spip.php?article598


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