Syndicalisme et lutte contre le racisme anti-musulman.

mercredi 15 mai 2019
par  Amitié entre les peuples
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Syndicalisme et lutte contre le racisme anti-musulman.

Autre débat

Que le syndicalisme doivent prendre en charge les questions d’égalité sur divers aspects - féminisme et antiracisme - apparaît désormais évident, beaucoup plus que jadis : cf Syndicalisme et féminisme : aller ensemble vers l’égalité (1).

- A propos de la terminologie

Je parle de racisme anti-musulman et anti-musulmane là ou d’autres parlent d’islamophobie pour écarter certaines oppositions récurrentes. Il ne s’agit pas de se cacher derrière un pseudo-débat de la critique ou non de l’islam. Et pas plus du droit (ou non) au blasphème. C’est ce qu’on m’oppose le plus souvent sur l’usage de ce terme .

Je ne connais guère de syndicalistes (de travailleurs et travailleuses) qui prennent le corpus de principes issu de cette religion pour vérité à suivre : il y en a (comme il peut y avoir des catholiques ou autre religion) certes. En vérité, les syndicalistes ne s’occupent guère du contenu du Coran. Pas plus d’ailleurs, bien souvent, des autres grands textes fondateurs des autres religions.

Il s’agit ici de viser de façon critique des PRATIQUES, des comportements négatifs, des stigmatisations et discriminations contre les musulmans ou musulmanes.

- Une forme de racisme à combattre existe :

Il n’est absolument pas normal que des musulmanes subissent des agressions diverses du fait du port du voile ou du foulard islamique (ou dit tel). Elles ont le droit de circuler librement avec un voile ou un foulard en France . Elles doivent juste d’une part avoir le visage découvert et d’autre part enlever ce voile ou ce foulard islamique quand il est interdit par le droit français ; tout comme on doit enlever des chaussures de ville quand on entre sur une salle de sport . Elles peuvent le remettre ensuite.

Le féminisme et le syndicalisme luttent aussi contre les intégrismes religieux dans la mesure ou il s’agit d’un contre mouvement réactionnaire qui oblige les femmes à un retour au foyer pour l’éducation des enfants (sexoséparatisme). Les intégrismes religieux musulmans et juifs imposent aussi le foulard ou le voile islamique ainsi que la décence dans le vêtement (sexyphobie).

Les musulmanes peuvent mettre une mini-jupe ou des talons si elles en ont envie ou si elles estiment que ce n’est pas contraire à leur religion - par exemple : que l’essentiel de ce qu’on est est non apparent - et je vois mal de quel droit cela ne serait pas possible !

Bref, on ne saurait confondre un intégriste religieux avec un croyant progressiste.

- D’autres questions surgissent parfois

Quid du temps et du lieu de prière dans l’entreprise ou l’administration ? On ne peut se mettre en position et se tourner vers La Mecque n’importe ou ! Prier dans son bureau c’est facile lorsqu’en salle collective dite « open-space » c’est plus délicat ! En général des solutions de compromis entre les intérêts des uns et des autres sont trouvées.

Pas de prosélytisme. Le règlement intérieur peut poser des restrictions précises au fait de montrer son appartenance religieuse.

Quid du travailler sans avoir manger pendant le Ramadan ? Idem il est rare que cela fasse problème. Chacun, chacune mange ou pas ce qu’il ou elle veut.

Voir documents officiels sur ces dernières questions et notamment du Ministère du Travail le « guide pratique du fait religieux dans les entreprises privées (version candidats / salariés) » de janvier 2017 avec une mise à jour récente (février 2018). Il y a aussi des résumés de jurisprudence accessibles sur le web.

Christian DELARUE

1) Syndicalisme et féminisme : aller ensemble vers l’égalité.

https://blogs.mediapart.fr/christian-delarue/blog/130519/syndicalisme-et-feminisme-aller-ensemble-vers-l-egalite