Sport entre bienfait et maux divers. C Delarue

mardi 21 février 2017
par  Amitié entre les peuples
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Sport entre bienfait et maux divers.

Petite philosophie de l’activité physique en équilibration.

L’activité physique, sous certaines conditions de modérations variables, a d’indéniables vertus, tant individuelles que collectives. De bons poumons bien ventilés, un circuit veineux bien vascularisé, un cœur solide, une chimie naturelle anti-stress disponible, etc... L’activité physique est en ce cas au service de la vie. Erich Fromm dirait qu’elle est biophile. Elle va dans le sens de la libération humaine. Elle n’est pas une fin en soi mais elle y participe.

Mais il en va de l’activité physique comme de l’activité sexuelle. On peut passer de Eros à Thanatos, de la libération à l’aliénation. Il y a les dérives de l’activité physique comme il existe des dérives du sexe.

Avec Jean-Marie Brohm, je distingue la simple activité physique du sport de compétition (avec ses entrainements bien calibrés) comme point de repère. Parenthèse personnelle : Cela ne m’a pas empêcher de pratiquer le sport de compétition en amateur mais sans doute avec prudence. Sans trop d’excès. Car le sport de compétition a ses défauts.

La simple activité physique est régulière et modérée alors que le sport de compétition est intense et mobilise excessivement l’individu. Il ne pense plus qu’à çà. Il ne fait que çà. Il devient asocial et monomaniaque. Il subit aussi physiquement les effets de ses excès. On se blesse beaucoup dans le sport très intense. L’activité physique est bénéfique mais le sport intense peut déboucher sur des maux. La chose est fréquente. Pas systématique cependant.

Si l’inactivité physique est elle aussi nuisible, c’est qu’il est bon de se tenir dans un entre-deux actif , une zone d’équilibre qui évite deux excès : le ne rien faire du sédentaire d’une part et l’activité sportive excessive et compulsive d’autre part. On me demandera dès lors ou se trouve le « bon milieu ». 1 - je n’ai pas la compétence de la réponse technique sauf peut-être pour la course à pied. 2 - Il s’agit plutôt d’une zone variable selon les individus (au plan physique) et leur situation collective et familiale.

S’agissant de course à pieds je vais risquer une proposition : la zone intermédiaire irait, d’après mon expérience, de - minima (pour le plancher au-dessus de l’inactivité du sédentaire) - une sortie de 40 minutes tous les 15 jours (pour qui peut le faire) à - maxima (pour le plafond en-dessous du passage au sport proprement dit) - trois sorties d’une heure par semaine. Ceci dit sans dogmatisme car il faut aussi faire intervenir l’âge et les autres activités menées en parallèle : le fait de faire de la marche rapide ou du vélo est à prendre en compte.

A propos de l’âge, un ou une individu(e) au cœur de l’âge adulte, disons entre 25 et 45 ans, peut aisément faire plus de 4 sorties par semaines sans être un compétiteur qui abîme son corps et qui brise la cohésion de son couple et de sa famille. Mais il faut dire qu’il prend bien les risques précités. Il doit être vigilant. C’est quand même assez connu maintenant que « trop de sport fait mal ». Et il n’y a pas que l’aspect individuel. Certains courent le matin puis le soir et ce plusieurs fois par semaine. La question de la vie de famille se pose crûment. Il ne faut plus avoir de jeunes enfants à éduquer.

Par ailleurs, quelle vie citoyenne ?. L’aliénation tient au fait de sortir des cadences infernales de l’usine ou du bureau pour passer à celles de l’entrainement de pré-compétition. L’émancipation passe par un dégagement de temps pour l’engagement social ou citoyen plus actif.

La façon de passer d’un excès à l’autre, du tout sportif au rien faire est à rattacher non à la mentalité des individus mais à la structuration du temps par le capital qui pousse au travaillisme des uns et au chômage des autres. C’est par effet de structure que l’on fait des excès dans le travail (salarié ou indépendant contraint) et des excès dans le ne rien faire du chômage. Ce n’est pas une fatalité puisque les résistances au modèle sont réelles et diverses.

Ce bref papier sur l’activité physique se termine donc par un appel à sortir du travaillisme avec une nouvelle RTT ! Je ne vais pas en discuter ici des modalités.

Reste la question de JP Sartre : la santé çà sert à quoi ?

Christian DELARUE

Fev 2013 - Sur blog Médiapart


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