Spiritualités historiques et désabrahamisation du monde. Christian Delarue

mardi 11 août 2020
par  Amitié entre les peuples
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SPIRITUALITES HISTORIQUES ET DESABRAHAMISATION DU MONDE.

Premiers éléments de réponse.

La « désabrahamisation du monde » n’est pas le refus de la spiritualité et notamment des spiritualités historiques (hors les trois monothéismes). C’est même tout le contraire et c’est d’ailleurs ce qui peut faire problème pour certains en adoptant ce terme qui ne pousserait pas assez loin la critique de la raison critique et émancipatrice .

La définition même du terme « désabrahamisation » pose très précisément le maintien et l’acceptation des spiritualités historiques existantes - si on laisse de côté les religions polythéistes minoritaires - par rapport à la critique des trois grandes religions monothéistes historiques que l’on dit issues d’Abraham bien que le personnage soit plus mythique qu’historique, autrement dit n’ait pas eu d’existence réelle.

La « désabrahamisation du monde » est en effet d’abord une critique théorique et pratique, plus ou moins radicale, de l’ensemble des trois grandes religions monothéistes historiques (plusieurs siècles de diffusion ) et largement mondialisées (diffusion dans plusieurs continents de la planète). Il peut y avoir des différenciations internes mais il s’agit surtout de contester un ensemble, une base commune et ses effets .

Ces critiques portent d’abord sur 1) le fétichisme incroyable du livre à Majuscule avec des textes pris pour vrais et sacrés et que l’on donne à lire plusieurs fois par mois aux enfants jusqu’à intoxication complète, textes dont l’immense majorité des croyants ignorent le mode d’élaboration et n’émettent le moindre doute sur leur historicité et sur leur pertinence. Critique aussi 2) des appareils religieux historiques de transmission des rites et des diverses interprétations des dogmes issus de ces textes (avec les divergences et scissions). Critique enfin 3) des effets de ces interprétations concernant la sexualité, l’homosexualité, les femmes, les animaux non humains. 4) Critique des dérives intégristes de ces interprétations.

Précisons encore qu’il ne s’agit pas d’adouber, ce faisant, les spiritualités historiques notamment celles issues d’Asie qui méritent aussi critiques - on voit mal en vertu de quel privilège elles seraient épargnées - mais de ne pas mélanger critique des religions monothéistes issues d’Abraham et critiques des spiritualités car le « régime de la critique » est différent. Certaines spiritualités historiques font trop le jeu de l’acceptation de l’ordre injuste du monde pour qu’elles ne soient pas soumises à la critique. Reste que le savoir mobilisé est différent. Il suppose être instruit surd’autres aspects que la critique des religions juive, chrétienne, musulmane.

C’est un premier point qui ne signifie pas pleine acceptation puisque précisément les spiritualités issues du monde asiatique y sont hors critique, à tort sans doute, car elles aussi ne sortent pas indemne d’une critique de l’obscurantisme religieux mais derrière l’éradication des dogmes obsolètes des trois grandes religions monothéistes ce serait un pas vers la construction d’un monde de respect du vivant, des animaux humains et non humains.

Christian DELARUE

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