Soutien aux réfugiés au Centre d’Hébergement des Personnes Sans Abri (CHAPSA) du Centre d’Accueil et de Soins Hospitaliers (CASH) de Nanterre.

lundi 15 juin 2015
par  Amitié entre les peuples
popularité : 4%

Soutien aux réfugiés au Centre d’Hébergement des Personnes Sans Abri (CHAPSA) du Centre d’Accueil et de Soins Hospitaliers (CASH) de Nanterre.

Une délégation du MRAP, d’élues, de militant-e-s du PCF, du MJCF, du Front de Gauche (1) a rencontré dimanche 14 juin des réfugiés au Centre d’Hébergement des Personnes Sans Abri (CHAPSA) du Centre d’Accueil et de Soins Hospitaliers (CASH) de Nanterre.

Sur les 95 arrivés en fin de semaine à Nanterre, 70 étaient encore présents, venus du Soudan, d’Erythrée, du Tchad ou d’Ethiopie, tous demandeurs d’asile en France. Ces hommes sont arrivées en France au péril de leur vie, traversant pour certains, pendant des mois ou des années, des pays ravagés par la guerre et la misère, échappant à la mort en Méditerranée, aux refoulements illégaux aux frontières de l’ « Europe forteresse », puis laissés sans abris à Paris, jusqu’à devenir ces dernières semaines les victimes de violentes destructions policières, sur ordre du gouvernement, de leurs campements de fortune.

Ils nous ont dit avoir eu vendredi la visite de M. le Préfet, et même de M. le Ministre de l’Intérieur ( ?). Lundi, des « fiches » de demandeurs d’asile leur seront remises par la préfecture. Puis, ils seront répartis dans des Centres d’Accueil de Demandeurs d’Asile (CADA) sur tout le territoire national. Mais l’insuffisance des places dans ces structures d’accueil fait penser que probablement cela demandera du temps. D’autre part, des centaines de réfugiés sont encore à la rue à Paris, notamment dans le 13e arrondissement. Certains pourraient à leur tour se retrouver à Nanterre, ou dans d’autres lieux d’hébergements sociaux, dans les Hauts-de-Seine et d’autres départements.

Des personnels du CHAPSA se sont mobilisés, sacrifiant même leur dimanche, pour que les conditions d’hébergement soient les meilleurs possibles. Ce qui ne va pas sans créer des tensions et d’insolubles dilemmes. Des dizaines de personnes en situation de grande détresse sociale, dont l’accueil et l’hébergement est la mission du CHAPSA, ont dû appeler le 115, saturé, pour ne pas passer la nuit dehors. Les moyens sont en effet limités, et le devenir de l’ensemble du centre hospitalier est menacé par la politique gouvernementale d’austérité, comme le rappelle le maire de Nanterre dans un communiqué.

La délégation a quant à elle commencé à organiser la solidarité avec les réfugiés sur deux points essentiels :
- Aider à ce qu’ils gardent contact entre eux et avec les associations de soutien (échange de n°de tél. et mails), notamment avec le réseau qui se constitue autour de l’ASTI de Colombes et appelle au soutien avec une trentaine de réfugiés hébergés dans un foyer Adoma (communiqué ci-dessous)

- Organiser d’urgence une collecte pour des produits de première nécessité (produits d’hygiène, sous-vêtements (hommes) et vêtements…) en complément de ce que peut faire le CHAPSA
Collecte et souscription : 56/58 rue Sadi Carnot, 92000 NANTERRE.
Les premiers dons seront portés mercredi 17 juin à 14 heures.

Nous appelons les élu-e-s, les militants associatifs, syndicalistes, politiques, citoyens, de gauche et de progrès, à participer à la manifestation à Paris, mardi 16 juin, pour l’accueil et la régularisation de tous les réfugiés et migrants laissés sans abris (appel unitaire ci-dessous)

(1) La délégation a commencé à s’organiser en un comité de soutien ouvert à toutes et tous ceux qui le veulent, et a procédé sur place à une première répartition de tâches. Elle était composée de : Laureen Genthon, conseillère départementale ; Nadine Garcia (PCF Nanterre), contact avec la direction du CASH et avec le Secours Populaire ; Gwenn Herbin, conseillère municipale, MJCF Nanterre, organisation de la collecte ; Clotilde Da Costa, citoyenne, Front de gauche Nanterre ; Pierre Bernière, PCF Nanterre ; Catherine Sceaux, PCF Nanterre ; Eve, MJCF Nanterre ; Manuel Devillers, militant associatif, ancien conseiller municipal EELV (qui, ne pouvant pas venir ce dimanche, avait pris contact la veille avec le CHAPSA) ; André Landrain, président du CL du MRAP, contact avec les réseaux de soutien aux migrants locaux et nationaux.

Communiqué de l’ASTI-Colombes

Une petite délégation de l’ASTI est partie ce samedi après-midi à la rencontre de la trentaine de réfugiés expulsés de Paris et qui se trouvent actuellement au foyer Adoma de la rue Colbert à Colombes. Nous avons pu discuter avec une petite dizaine d’entre-eux en arabe ou en anglais. Il en est ressorti qu’ils sont principalement soudanais, erythréens et tchadiens et qu’ils souhaitent faire une demande d’asile en France. Ils n’ont pas de rendez-vous prévu avec les autorités administratives et aucune aide alimentaire ne leur avait été donnée. Nous leur en avons donc fourni une, de quoi je pense tenir le week-end.

Que l’ASTI n’ait pas connaissance d’un dispositif que les autorités administratives auraient mis en place n’est pas important mais que les réfugiés eux même n’en aient pas plus connaissance pose un problème immédiat et me semble plutôt préoccupant.

Rejoint par le centre social et culturel du petit Colombes nous avons prévu de nous retrouver lundi à 19h au centre social (213 rue Colbert).
Nous invitons tous ceux qui le souhaitent à ce prochain rendez-vous.

APPEL : SOLIDARITE AVEC LES REFUGIES

Les organisations signataires et les représentants des réfugiés de « Pajol » constatent que les rares solutions proposées à ce jour par les pouvoirs publics, dont la Mairie de Paris, ont été obtenues par la seule mobilisation des riverain-es, des associations et avec le soutien des partis politiques. Elles ne sont pourtant pas à la hauteur des enjeux.

Dans plusieurs endroits de Paris, les réfugiés se trouvent dans des situations scandaleusement précaires. Cette situation les empêche en outre de faire valoir leurs droits.

En conséquence, nous exigeons :

· La libération immédiate de tous les réfugiés qui se trouvent en centre de rétention après leur arrestation dans les jours qui ont suivi l’évacuation de la Chapelle.

· Que la Ville de Paris tienne ses engagements faits le jeudi 11 juin soit 110 hébergements minimum mais dans des conditions décentes en termes de couvertures, propreté, soins, sanitaires, nourriture, ce qui n’est pas le cas pour tous et ce jusqu’à l’ouverture d’un lieu d’hébergement pérenne. Nous exigeons que les migrants qui n’ont pas bénéficié de ces propositions, car absents de la caserne de pompiers de Château Landon, et qui se trouvent aujourd’hui dans le jardin d’Eole disposent de mêmes conditions dès ce week-end. Ils doivent être en outre accompagnés par l’administration dans leur demande d’accès au droit d’asile.

· L’ouverture d’espaces d’accueil et d’hébergements collectifs pour accueillir ceux d’Austerlitz, de la Gare de Lyon, de La Villette et de tout autre lieu où les réfugiés pourraient se regrouper pour être logés le temps qu’il faut et de permettre aux associations de travailler avec eux notamment pour voir dans quel dispositif ils et elles souhaitent et sont susceptibles d’entrer (droit d’asile, MIE, etc.) ou simplement leur permettre un simple transit vers un autre pays dans de meilleures conditions, en particulier sanitaires. La Mairie de Paris doit prendre ses responsabilités et ouvrir au moins un espace ad hoc intra muros.

· L’ouverture d’un Guichet unique pour les réfugiés.

- Des solutions pérennes à commencer par l’ouverture de centres d’accueil.

La France est loin de prendre sa part dans l’accueil des réfugiés qui traversent la Méditerranée au péril de leur vie alors même qu’elle porte sa part de responsabilité, comme l’Union européenne, dans les raisons qui les poussent à partir. Ils ne disparaitront pas du territoire par la répression et l’indifférence des pouvoirs publics. Il faut une toute autre politique en faveur des réfugiés qui prenne en compte la situation actuelle et anticipe sur celle des années à venir.

La mobilisation doit donc s’accentuer.

Dans l’immédiat :

- Nous demandons à la Mairie de Paris qu’elle reçoive une délégation comprenant les représentants des réfugiés, pour exiger qu’elle tienne ses engagements.

- Nous appelons toutes les citoyennes et tous les citoyens à soutenir les réfugiés là où elles et ils se trouvent, notamment à travers des rassemblements organisés dès samedi dans les quartiers concernés (La Chapelle, Austerlitz…)

- Nous appelons à une manifestation partant du 18e arrondissement le mardi 16 juin à 18h30

Signataires au 13 juin

Alternative Libertaire, EELV, Ensemble, Gauche Unitaire, NPA, Parti de Gauche, PCF, MJCF 75

CGT 75, CGT Education, Solidaires, UNEF

RESF, LDH, MRAP, CSP 75, CISPM

— 
Source web : banlieue-monde (Alain LANDRAIN - MRAP)