Sous-pénalisation d’en-haut et sur-pénalisation d’en-bas chez Renaud DUTERME

lundi 10 septembre 2018
par  Amitié entre les peuples
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Sous-pénalisation d’en-haut et sur-pénalisation d’en-bas chez Renaud DUTERME

La justice de classe chez Renaud DUTERME ou l’Etat pénal hiérarchisé sous de multiples formes.

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La justice de classe est chose commune au sens ou les divers peuples-classe de la planète peuvent en faire l’expérience dans leur formation sociale (leur pays) et plus largement parfois au sein de leur continent.

Elle est un effet du « classisme », soit ce qui relève des diverses politiques des classes sociales dominantes tant au plan social qu’au plan sociétal et écologique. Au classisme ainsi entendu s’ajoute le racisme et le sexisme (1). La sur-pénalisation d’en-bas opère donc des cumuls de victimes.

Pénaliser c’est infliger une peine, attribuer une sanction négative soit économiquement (paiement d’une somme) soit par privation de liberté (emprisonnement ou autres formes). Avec la justice de classe qui perdure sous l’universalisme juridique affiché on trouve, ce qu’il convient d’appeler nettement une« sous-pénalisation d’en-haut et sur-pénalisation d’en-bas ». Les responsables de méfaits sont les décideurs qui sont souvent placés au sommet des institutions et des sociétés. Ces décideurs et responsables sont rarement punis à hauteur de leur méfait. Pire il arrive qu’ils soient récompensés. Un grand patron qui licencie massivement sera récompensé par un bonus de la part des actionnaires. C’est là un exemple d’une perversion du système de financiarisation de l’économie.

La « fragmentation du monde », sous-titre du livre de Renaud Duterme, géographe de formation, « De quoi l’effondrement est-il le nom ? » (2), semble correspondre à ce que la théorie du développement inégal et combiné (3) permet d’établir. Autrement dit, sous l’impulsion des classes dominantes et du mode de développement capitaliste du monde se trouve « combiné » deux processus : d’une part une inégalité de développement spatial (mal développement territorial) et d’autre part une inégalité sociale ou, en d’autres termes qui portent plus sur les populations, une ségrégation spatiale et une ségrégation sociale et ethnique. Cela est observable aussi bien en France (en y intégrant l’Outre-mer) qu’ Europe que dans le monde.

Si je cite cet auteur, c’est que j’ai eu l’occasion de lire dans le livre cité un passage qui explicite aussi la notion de « sous-pénalisation d’en-haut et sur-pénalisation d’en-bas », notion qui peut trouver à s’insérer (pour moi du moins) dans le paradigme du développement inégal et combiné source de l’effondrement civilisationnel et environnemental. « Dans notre société productiviste, la surexploitation des ressources provient le plus souvent non pas de la pénurie mais de l’abondance. Pour le dire autrement, on ne surexploite pas notre environnement pour satisfaire des besoins mais plutôt pour encourager un profit. (p47) »

Citons ce passage sous « Une justice de classes » (p 104 et 105) : « La réaction et la répression des classes dirigeantes aux protestations et aux violences du bas de l’échelle sont considérables et s’insinuent dans de multiples aspects de la vie quotidienne. Criminalisation des mouvements sociaux, multiplication des moyens de répression et institutions carcérales, surveillance généralisée, stigmatisation des pans entiers de la population, etc. Or le moins que l’on puisse dire c’est que les différentes classes sociales ne subissent pas cette répression de la même façon » (p 104) - « A l’inverse, (trop) nombreux sont les cas de criminels en col blancs ayant échappé aux foudres de la justice pour des crimes extrêmement plus graves que ceux précités » (p105)

Christian DELARUE

1) C’est parce que certains évoquent très souvent comme catégories d’analyse les trois termes - classe, « race », sexe - à propos des dominations, exploitations et oppressions que d’autres (ou les mêmes) disent « classisme, racisme, sexisme » et en riposte d’émancipation « anti-classisme, anti-racisme et anti-sexisme ». Ce sont des termes génériques susceptibles d’approches différentiées.

2) Renaud Duterme : De quoi l’effondrement est-il le nom ?
http://www.cadtm.org/Renaud-Duterme-De-quoi-l

3) Je procède à un usage délibérément réduit de cette théorie de Léon Trotsky au sens ou je la déleste de sa perspective historique pour mettre l’accent sur son aspect géographique souvent résumé à la notion de mal-développement.

https://blogs.mediapart.fr/christian-delarue/blog/100918/sous-penalisation-den-haut-sur-penalisation-den-bas-chez-rduterme

https://altermd.blogspot.com/2018/09/sous-penalisation-den-haut-et-sur.html


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