Sociabilité du vivre ensemble et recul de l’emprise des religions - C Delarue

lundi 18 décembre 2017
par  Amitié entre les peuples
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SOCIABILITE DU VIVRE ENSEMBLE ET RECUL DE L’ EMPRISE DES RELIGIONS.

Il y a diversité des emprises, insidieuses ou franchement autoritaires, sur les corps et les esprits, notamment sur les très jeunes, mais aussi sur la société notamment au travers de certaines pratiques publiques : signes religieux ostensibles, prières publiques, etc. Cette emprise peut être en lien avec une conception patriarcale du monde.

La sociabilité du « vivre ensemble » ne peut se comprendre hors de la sécularisation comprise comme vaste processus historique d’effacement relatif - jamais complet - de l’exhibitionnisme religieux qui relève lui, de plus en plus d’un archaïsme identitaire et réactionnaire, sociétal et historique.

La sociabilité du « vivre ensemble » admet pourtant les « différences » sous le nom de diversité et notamment de diversité textile, contrairement à ce qu’on dit, mais cette sociabilité du « vivre ensemble » égaux dans le respect des différences (cf slogan du MRAP) s’appuie surtout sur le commun car il y a besoin d’un commun .

D’ailleurs la loi n’autorise pas l’usage de tout le spectre textile puisque à un extrême (hypertextile) le visage doit être découvert et à un autre extrême (hypotextile) les organes sexuels masculins et féminins doivent être cachés (sauf zones nudisme). C’est pour cette raison qu’il y a usage du mot string dans le « discours textile » car les fesses n’ont pas ce statut d’interdit beaucoup moins en tout cas que les seins des femmes qui sont encore vus, très majoritairement dans le monde, comme trop attractifs à l’égard des hommes . La France et d’autres pays avancés ont reconnu le string seins nus sur les plages mais pas ailleurs . Hors ce lieu - la plage - le port du string seulement (homme ou femme) il y a interdit légal , donc ce qu’on peut nommer « sexyphobie d’Etat » (qui peut d’ailleurs trouver des justifications mais pas toujours) . Elle est excessive de nos jours à mon sens dans les pays ou une éducation au respect humain est relativement plus avancée (ce que j’ai théorisé sous la formule du « double regard » : voir la femme particulière et voir aussi la personne humaine digne et respectable).

Selon nous, ce commun du vivre ensemble s’appuie sur la sécularisation internationale et historique et s’accompagne donc d’une neutralité d’apparence ou du moins d’une certaine sobriété d’affichage de la religion, d’une certaine réserve qui signe un respect de l’autre pas forcément croyant. Il s’agit chez certains croyants d’une démarche faite d’une certaine retenue dans l’agressivité de l’affichage religieux, affichage intempestif consubstantiel à son prosélytisme tout aussi habituel.

La monstration ostensible de sa religion (idée de religion-étendart) va à l’encontre de cette sociabilité, cet autre à qui ont impose une sous-culture identitaire d’affichage ostensible de sa religion . C’est cette sous-culture réactionnaire spécifique qui formerait ce que l’on nomme communautarisme soit l’idéologie de soutien de l’affichage ostensible et offensif de sa religion . Cette idéologie a un second volet sans doute plus important qui est le soutien du processus transnational « d’hypertextilisation » des femmes dans le monde, voulu par les intégristes haineux du féminin, intégristes sexoséparatistes et sexyphobiques. Pour l’essentiel il s’agit de l’islamisation par le voile et la tunique cache-cul au-dessus du pantalon quand ce n’est pas la jupe ras du bitume. Il y a aussi les intégristes juifs haredim à se comporter pareillement contre les femmes.

On ne peut encore parler, en toute rigueur, de réelle communauté trans-nationale des individus vivant en adéquation avec la sécularisation montante dans le monde car ce processus est variable au plan des continents. Mais il y a lieu de bien percevoir la réalité de ce processus identitaire d’émancipation de la religion en notant que ce processus d’émancipation entre en contradiction forte avec la montée de la réaction intégriste religieuse, notamment de l’islamisation par le voile et la tunique cache-cul .

La lutte identitaire pro-sécularisation du monde a une dimension de respect de soi de son propre parcours culturel d’émancipation et va donc plus loin que la nécessaire laïcité séparation institutionnelle pour mener la bataille du respect des individus sécularisés partout dans le monde face à la réaction. Pour autant, il ne s’agit pas d’interdire partout le voile ou la kippa - guère possible surtout là ou la laïcité n’est pas implantée - mais de poser des limites ici ou là à cette liberté.

Christian DELARUE


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