Sétif 8 mai 1945- Rennes 8 mai 2010

lundi 9 mai 2022
par  Amitié entre les peuples
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Sétif 8 mai 1945-Rennes 8 mai 2010

Intervention de Christian Delarue, membre du CA et du BE du MRAP

(NB D’autres intervenants ont pu développer d’autres aspects.)

XXX

Rassemblement en commémoration du massacre à Sétif le 8 mai 1945 à Rennes (La ville de Rennes est jumelée avec celle de Sétif.)

Les trois premiers points à rappeler sont historiques.
Je ne fais que les dégager pour les mettre en valeur, les précédents orateurs ayant développés plusieurs aspects de cet évènement.
1 – Le 8 mai 1945 est une victoire contre le fascisme, pas contre les Allemands. Il est le jour de la capitulation de l’Allemagne nazie.
2 – De très nombreux combattants étaient des « Indigènes » du Maghreb et d’Afrique noire. Ils ont participé à la guerre aux côtés des Français d’origine métropolitaine.
3 – En guise de remerciement, la puissance coloniale tire sur la foule à Sétif, à Guelma et Kherrata. Un bain de sang. Le mépris colonial était toujours là. Il n’avait pas cessé.
Voilà les trois points qui apparaissent essentiels et dont il faut se souvenir.

Mais je vous ai annoncé trois autres remarques complémentaires plus actuelles.

1 – Aujourd’hui encore il reste quelques nostalgiques de l’OAS qui continuent à défendre des thèses fascistes et colonialistes. ils demandent et obtiennent de villes du sud de la France qu’elles érigent des stèles à sa gloire.

2 – Aujourd’hui et plus encore depuis la loi du 23 février 2005, les méfaits du colonialisme sont niés par un subterfuge qui vise à placer faussement côte à côte des effets positifs et des effets négatifs et même meurtriers. Chirac a même évoqué « des moments de lumière et des moments plus sombres ». Notez bien qu’il n’a même pas dit des moments noirs. Les moments de lumière sont le fait des rebelles français à l’ordre colonial et pas de ses profiteurs. Le post-colonialisme est pour partie cette incapacité à voir la vérité de la domination coloniale pour la relativiser, l’euphémiser.

3 – Aujourd’hui plus de 25 ans après la « marche des beurs » de 1983, le racisme verbal ou sous forme de discrimination factuelle se développe. Il n’y a qu’à écouter Zemmour ou d’autres pour savoir à qui s’adresse ce racisme et qui il vise.