STRATEGIE : La question de l’élargissement de la base sociale d’une dynamique. C Delarue

samedi 28 juillet 2012
par  Amitié entre les peuples
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STRATEGIE :

La question de l’élargissement de la base sociale d’une dynamique sociale et politique.

A partir d’une lecture de « De l’utilisation du mot peuple dans les révolutions arabes. L’exemple tunisien » par Sophie Bessis (1)

1 - La question de l’élargissement de la base sociale

La question de l’élargissement de la base sociale d’une dynamique sociale est souvent liée à des changements revendicatifs des acteurs. Prenons une situation - comme en Tunisie par exemple - ou dans un premier temps, selon Sophie BESSIS, se sont les plus pauvres qui sont partis en lutte pour avoir du pain et ceux qui en avaient déjà se sont
mis à les rejoindre pour avoir autre chose qu’ils jugeaient indispensable à la dignité humaine : la liberté politique, la fin de la corruption mais aussi du pouvoir d’achat. Cet autre chose peut d’ailleurs être variable en fonction des dites couches sociales.
Certaines peuvent bénéficier d’une aisance matérielle relative mais être par trop privée de liberté d’expression. C’est ainsi que se forme un peuple social ou un peuple-classe en lutte. Mais ce peut être aussi un peuple-nation si la bourgeoisie s’y met. C’est là qu’on évoque souvent mais faussement à mon sens le « peuple souverain ».

2 - Le danger de la transcroissance de peuple-classe en peuple-nation pour une révolution socialiste.

Précisons d’abord qu’il ne faut pas seulement quelques bourgeois isolés et progressistes pour parler de transcroissance de peuple-classe en peuple-nation mais une large proportion d’entre eux représentant la classe dominante et ses intérêts. Ils forment les 1 à 3 % d’en-haut de chaque société ou Etat. C’est là qu’il y a gros danger de récupération et détournement du mouvement de masse en lutte.

Cette classe dominante a par définition des intérêts contradictoires avec toutes les autres classes sociales du peuple-classe. Il ne s’agit donc plus d’élargissement de la base sociale mais d’éviction des couches modestes au profit des petites bourgeoisies sommées de se mettre à l’appui du mouvement ainsi transformé.

3 - Le refus du combat idéologique contre la réaction au sein du peuple-classe.

Au cours de la lutte, les islamistes se sont mis sans vergogne en
« avant-garde léniniste »... mais pour la réaction. Les autres acteurs de gauche discutaient de l’articulation des intellectuels (non élitistes) et du peuple-classe avec la notion d’accompagnement sans direction franche. Résultat les islamistes ont fait passé les modernistes pour des bourgeois et les traditionnalistes musulmans au sein du peuple pour le vrai peuple. C’est ainsi que le clivage peuple-classe/élite possédante s’est effacé au profit du clivage peuple ethnique tunisien avec ses valeurs et fraction de peuple moderne et « étranger » à rejeter. Dans ce discours interclassiste une fraction de la bourgeoisie tunisienne a pu trouver sa place et reprendre les affaires.

Christian Delarue

28 07 2012

in ouvrage collectif « Le peuple existe-t-il ? » sous la direction de Michel Wievioka

Présentation sur :

http://editions.scienceshumaines.com/le-peuple-existe-t-il_fr-463.htm


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