Roger Martelli et le trajet vers le socialisme

dimanche 27 décembre 2020
par  Amitié entre les peuples
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Roger Martelli et le trajet vers le socialisme

Roger Martelli écrit  : « L’option populiste est en cela une illusion, parce que le peuple n’existe pas, en tout cas comme sujet politique. Il y a certes un peuple sociologique : la somme des catégories populaires, des exploités, des dominés, des subalternes. Quand les composantes du « populaire » s’assemblent, elles forment une multitude. Mais une multitude n’est pas encore un peuple. Le peuple politique se construit, si et seulement s’il est à la fois « contre » et « pour ». »

Commentaire CD : Construire le peuple-classe (et notamment sa principale composante salariale privée et publique des 99%) en peuple politique suppose en effet un cumul de résistances non seulement contre les classes dominantes au sein du 1% d’en-haut qui déploient les logiques capitalistes et productivistes autour de l’Entreprisocène mais aussi contre toutes les autres dominations sexistes et patriarcales, racistes et xénophobes, intégristes aussi, etc puis allant au-delà de cette phase d’opposition « contre » il va s’agir de se mobilise « pour » , pour un projet politique qui mette l’égalité au coeur de l’action. Et derrière on va trouver une défense et développement des services publics, une défense et développement de la Sécurité sociale.

Roger Martelli précise : « Moins contre d’autres groupes (les exploitants, les dominants) que contre le système qui produit l’opposition des dominants et des dominés ; non pas pour que ceux d’en bas deviennent ceux d’en haut, mais pour que la logique de polarisation des classes ne soit plus un principe de classement. »

Il faut tenir théoriquement les deux bouts, (dominants et système) mais sans doute mettre l’accent sur les logiques systémiques dominantes à réduire, transformer voire abolir . Il y a effectivement une question d’équilibre car les choses vont souvent ensemble, à échelle de masse du moins, et ce tant que les projets et programmes ne sont pas assimilés (et même après) du fait de la focalisation médiatique sur les personnes et les « petites phrases » qui font le buzz.

Roger Martelli précise encore « Historiquement, le peuple ne devient protagoniste politique conscient que lorsqu’il peut opposer, à l’ordre inégalitaire « réel », le projet d’une société où l’inégalité n’est plus la logique dominante. Le populiste est par-là aux antipodes du populaire : il se réclame du peuple, mais ne dit rien de ce qui permet aux catégories populaires dispersées de se rassembler autour d’un projet qui, en les émancipant, émancipe la société tout entière. »

Un populiste de gauche qui ne défend pas l’égalité n’est pas de gauche il se sert de l’invocation du peuple comme d’une clientèle pour reconduire son mandat . Il importe de construire, avec les syndicats, « l’empowerment du peuple-classe », si vous acceptez la formule, autrement dit sa plus forte capacité à intervenir collectivement et politiquement de par sa mobilisation soutenue autour d’un projet pro-égalité réelle, devrait permettre sa transcroissance en peuple politique, acteur émancipé des dominations les plus lourdes. Le syndicalisme a ici un rôle important qui ne suffit pas à construire une démocratie nouvelle, une démocratie socialiste ou l’expression démocratique des besoins populaires vient supplanter l’expression des logiques de profit et de production pour la valeur d’échange plus que pour la valeur d’usage .

Christian Delarue

De quel vide politique le racisme et le populisme sont-ils les noms ? - regards.fr
http://www.regards.fr/politique/article/de-quel-vide-politique-le-racisme-et-le-populisme-sont-ils-les-noms


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