Robespierre, itinéraire philosophique (par Georges Labica*)

mercredi 19 juin 2013
par  Amitié entre les peuples
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Robespierre, itinéraire philosophique (par Georges Labica*)

16 juin 2013 Par Nicolas DUTENT

Robespierre fut un politique, un homme de décision, attentif à l’événement, le décryptant, mesurant ses conséquences, sachant apprécier le rapport des forces et affirmant ses convictions avec la plus grande fermeté et, souvent, avec une exceptionnelle clairvoyance.

Robespierre nous offre la première pensée philosophique de la Révolution, la première pensée réelle, non métaphorique, d’un objet réel, sa première systématisation ou théorisation.[...] La situation de Robespierre est privilégiée, parce qu’il fut le principal protagoniste de la Révolution française au moins depuis 1791, et même son chef incontesté bien au-delà des quelques mois de sa présence au Comité de salut public. N’a-t-on pas fréquemment parlé de sa « dictature », fût-elle « d’opinion » ? Ira-t-on jusqu’à voir en lui l’incarnation de ce philosophe-roi (mot bien impropre !) dont avait rêvé Platon et, à sa suite, reconnaissons-le, toute une tradition de penseurs, désireux de servir de conseillers aux princes ? Pourquoi pas, sauf que, dans son cas, il n’y eut ni désir préalable, ni préparation. Et en quoi serait-il inférieur à ces chefs d’État, dont on vante, à l’envi, les trouvailles théoriciennes, en matière d’action politique, les Lénine, Mao, Nkrumah, Castro ou… de Gaulle  ? [...]

Apparaît alors une autre singularité, savoir que Robespierre, qui sut cependant, à diverses reprises, se montrer pragmatique, et même, selon Michelet, « calculateur opportuniste », fut exclusivement un homme de pensée, un politique de principes, et point un homme d’action. [...]
La Révolution et la figure de Robespierre, symbole du jacobinisme, comme vient de le montrer avec éclat D. Losurdo, ont nourri l’idéalisme allemand, lui fournissant son objet de choix et sa plus sûre incitation à penser.

Une pratique politique

Avec Robespierre, nous n’avons affaire ni à une philosophie politique, au sens consacré du terme, élaboration d’une doctrine en vue du gouvernement, ou secteur d’une philosophie concernant les affaires de la Cité, dont la démarche a priori ne présuppose pas nécessairement un passage à la pratique ; ni à une philosophie de la politique, qui informerait préalablement l’action, ou s’en déduirait a posteriori ; ni à une utopie, pas plus au sens où Spinoza dénonçait les utopies philosophiques, au début de son Traité politique, qu’au sens blochien du Principe Espérance. Il ne s’agit pas, non plus, d’une morale, quoi qu’on en ait dit et qu’il paraisse, qui tenterait de guider et même de prendre le pas sur la politique ; ni, moins encore, d’une « mystique », malgré la récente thèse développée brillamment par Henri Guillemin, retournant le jugement d’Aulard, qui qualifiait Robespierre de « mystique assassin ». Sans doute chacun de ces jugements comporte-t-il une part de vérité, mais ils ne prennent signification entière, me semble-t-il, que sous la condition de voir dans le robespierrisme une politique de la philosophie. Je m’explique.

http://blogs.mediapart.fr/blog/nicolas-dutent/160613/robespierre-itineraire-philosophique-par-georges-labica?


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