Relire Habermas : La crise de l’Etat comme crise de rationalité et de légitimité. C Delarue

lundi 27 décembre 2010
par  Amitié entre les peuples
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Relire Habermas : La crise de l’Etat comme crise de rationalité et de légitimité.
18 fev 2010

Rebonds sur République bananière : Les hauts fonctionnaires sortent du cadre statutaire pour se faire du fric !

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Plus qu’une dégénérescence républicaine de type « bananière » - qui n’en serait qu’un aspect - on assiste à l’approfondissement de la crise de l’Etat sous deux aspects mis en valeur par J Habermas la rationalité, la légitimation. La crise de rationnalité vient des privatisations et de la soumission aux logiques marchandes. La crise de légitimité vient de l’impuissance de l’Etat à offrir des droits et garanties au peuple-classe.

La fonction publique de par ses caractéristiques d’emploi assure une stabilité, une source d’intégration dans les sociétés à dominante capitaliste clivées par des rapports sociaux aux effets désagragatueurs, aux effets particulièrement pénalisants et excluants. Encore faut-il que n’interviennent pas en son sein des mécanismes de désintégration qui fragilisent l’ensemble de la fonction publique et au-delà la société elle-même. C’est ce qui a été défendu (1) en distinguant méritocratie républicaine et méritocratie arbitraire.

Par ailleurs , l’administration - comprise comme acteur indépendamment de ses membres - joue un rôle central de stabilisation économique et sociale mis en évidence pas Jürgen Habermas tant du côté des entreprises (système économique) que du côté des individus (système socio-culturel). Quand ces mécanismes fonctionnent mal il y a crise globale.

Relecture de « Raison et légitimité » de Jürgen Habermas.

La crise multiforme actuelle touche aussi l’Etat comme régulateur systémique. Il semble bien, pour reprendre les termes de Raison et légitimité de Jürgen Habermas qu’il y ait une crise de rationalité et une crise de légitimité qui le frappe et qui frappe l’ensemble de la société.

Dans l’ouvrage cité l’auteur pose dans un schéma (p17) les trois systèmes sociaux : le système politico-administratif est au centre, avec à gauche le système économique et à droite le système socio-culturel. Point d’infrastructure ou de superstructure de type marxiste dans ce schéma qui différentie l’intégration sociale de l’intégration systémique, la première concerne les institutions et leur capacité socialisatrice alors que la seconde concerne les performances du système, ses capacités d’autorégulation systémique.

La crise est aussi fonction du type de formation sociale. L’auteur en décrit quatre : la FS primitive, la FS traditionnelle, la FS du capitalisme libéral, la FS du postcapitalisme (socialisme d’Etat) qui sont toutes sauf la première des sociétés de classes (sociales).

Quatre types de crise sont décrites : la crise économique, la crise de rationalité, la crise de légitimité et la crise de motivation. La crise économique s’est déplacé du système économique vers le système politico-administratif. L’ouvrage porte sur ce déplacement de la crise.

Il développe donc les caractères de la crise de rationalité et de légitimité mais de façon assez abstraite loin d’une analyse de la situation des années 70 (l’ouvrage date de 1973, il méconnait nécessairement la période néolibérale du capitalisme qui généralise les critères marchands en privatisant le secteur public.

Paradoxalement, l’ouvrage n’évoque la question démocratique-citoyenne que vers la fin. Il en est de même du concept de domination légitime de Max Weber. A propos de la démocratie l’auteur pointe un changement qu’il résume ainsi : « La démocratie n’a plus pour but la rationalisation de la domination grâce à la participation des citoyens à des processus discursifs de formation de la volonté. Elle doit au contraire rendre possible des compromis entre les élites dominantes » (p 169) .

Le système politico-administratif sous le « capitalisme avancé » est centre du système global formé par le système économique et ses rapports sociaux et le système socio-culturel.

- Le rapport entre le système économique et le système politico-administratif est de type rationnel car les prélèvements fiscaux débouchent sur des opérations efficaces de régulation.

- Le rapport entre le système socio-culturel et le système politico-administratif est de type légitime si les prestations sociales versées sont appréciées et débouchent en retour sur une loyauté des masses.

La crise selon Habermas apparait sur ses deux versants. La crise apparait quant l’Etat ne remplit pas pleinement ces deux tâches il y a alors un double déficit , déficit de rationalité administrative pour la première tâche, déficit dans la légitimation pour la seconde tâche.

Christian Delarue

1) République bananière : Les hauts fonctionnaires sortent du cadre statutaire pour se faire du fric !
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