Race(s) objective(s) - race(s) subjective(s) . Etude antiraciste.

samedi 5 mars 2016
par  Amitié entre les peuples
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« Race(s) objective(s) » - « race(s) » subjective(s) - Etude antiraciste.

On va ignorer ici l’historique de la division (raciste) en « races » des humains dans l’histoire afin de centrer ce texte sur l’essentiel.

A la différence des classes sociales, on l’on peut définir objectivement la position sociale des individus au sein de rapports sociaux capital-travail dans le monde du travail (salarié) capitaliste, mais aussi complémentairement celui propriétaires-locataires en matière de logement (les multi-propriétaires sont dans le 10% d’en haut et les autres - locataires et sans logis - en-dessous), il ne peut y avoir de « race(s) objective(s) ». On parle alors d’un racisme sans race(s), entendu sans races objective(s) au plan scientifique, ce qui ne signifie, ni absence de « race(s) subjective(s) » (dans les « têtes »), ni absence de victimes du racisme, donc de personnes en quelque sorte « racisées » et discriminées. Il y a par contre parfois racisme sans raciste(s) ou « racisme systémique ». (lire ici 1 - « Un racisme sans »race« mais aussi sans raciste »).

On peut, en effet, remarquer la présence de « conscience(s) d’appartenance raciale » - ce qui signifie bien présence de « race(s) subjective(s) » - chez des individus qui ont en commun la peur et la haine des autres, que ce soit d’ailleurs la haine des noirs, ou la haine des blancs (elle existe aussi), mais aussi la haine des arabes, la haine des métisses, des juifs encore et toujours , etc. L’antiracisme combat cette racisation et cette ethnicisation des rapports sociaux, ce racisme.

Avec le colonialisme - fait historique indéniable - les Blancs occidentaux ont déployé une haine raciste et une violence durable et forte contre les Noirs et les Arabes. Et certains, à l’extrême-droite, regrettent encore que la colonisation relève d’un passé vu comme grandiose (la France de Dunkerque à Tamarasset et jusqu’en Asie). Ils ignorent qu’après la fin des colonies (en Afrique et Asie notamment), l’impérialisme du nord a continué son emprise contre le sud - élargissement spatial - sous d’autres formes (économico-politique et le cas échéant militaire) que le fait colonial de jadis. L’Etat français et ses diverses oligarchies économiques et militaires en alliances poursuivent, sous la droite comme sous la gauche, la domination impériale contre divers peuples, des peuples-classe souvent car il y a souvent collusion des classes dominantes (bourgeoisies compradores-bourgeoisies du centre).

- SPECIFICITE DES RELIGIONS ou la division des croyant(e)s entre progressistes et réactionnaires (et autres).

La croyance ou la non croyance en Dieu peut aussi faire l’objet d’un rejet mais la problématique est différente car il faut reconnaitre que la croyance (ou non) est d’emblée l’objet d’une lutte entre la montée dans le monde de la conscience libre de tout dogme religieux et les divers appareils religieux monothéistes qui résistent par tout moyen à la montée de l’agnoticisme et de l’athéisme dans le monde, ce qui débouche sur des comportements divers allant de l’athéophobie déclarée et violente à la volonté d’exhibition ostensible de sa religion partout et parfois comme volonté de conquête culturelle.

On nous dit alors que les colons français dévoilaient jadis (il y a bien longtemps) les musulmanes comme l’Etat français le fait avec la loi du 15 mars 2004 et qu’il s’agit de la même oppression. C’est un peu court au plan des arguments ! Nous refusons donc cet amalgame historique. Un signe ostensible de religion doit pouvoir s’enlever pour respecter autrui lorsque ce signe est un étendard agressif. Bref lorsqu’on ne voit que lui. Et ce faisant il ne s’agit pas de mépriser un croyant - qui conserve sa croyance et la possibilité de l’exprimer comme d’autres mais sans l’imposer constamment à autrui - mais de favoriser une meilleure sociabilité. Notamment à l’école.

En outre, au plan « historico-colonial », la meilleure preuve du changement est qu’aujourd’hui on voit de plus en plus de musulmans et de musulmanes progressistes tenir un discours de libération de l’intégrisme musulman sexoséparatiste qui lui veut aussi bien la réclusion à la maison (forme hard) que le « bâchage » sous hypertextile moche et informe (forme dite soft) des musulmanes.

Donc la « gauche régressive » ne nous fera pas pleurer de cette initiative française de 2004 qui mérite selon nous une extension mondiale, tant que l’intégrisme religieux sexoséparatiste continuera de sévir partout dans le monde. Car ce qui est nouveau dans le monde, dpuis la fin des années 70, c’est bien la montée de l’intégrisme musulman sexoséparatiste et hyperpatriarcal qui diffuse une puissante haine sexiste contre les « mauvaises musulmanes » (racisme ici) et contre toutes les femmes hypotextiles (sexisme contre les femmes qui n’ont pas constamment les bras et les jambes cachées pour des raisons de « décence » imposée) .

- ANTIRACISME RELIE (2) contre une « double impasse » (3)

Nous ne défendons pas, avec l’idée de « peuple-classe 99% multicolore d’en-bas », l’impérialisme du nord contre le sud (bien au contraire puisque nous actualisons avec le refus de la dette illégitime la revendication d’un nouvel ordre mondial économique), nous refusons ici - au nord - le mal développement social et territorial (et écologique aussi) qui crée des territoires luxueux pour les riches du 1% d’en-haut et des territoires délaissés et dégradés (de la République inégalitaire) pour les chômeurs et précaires victimes du capitalisme néolibéral (avec un habitat « intermédiaire » pour les couches sociales moyennes). Mais nous refusons aussi l’intégrisme religieux sexoséparatiste.

Il est hors de question de l’admettre sous le cheval de troie du multiculturalisme bien que le multiculturalisme ne soit pas en soi un problème ! Et refuser le sexoséparatisme des intégristes religieux ce n’est pas plus admettre le sexisme ordinaire, plus insidieux, moins théorisé. Nous refusons donc les viols et le harcèlement sans ethnicisation, et partout, ainsi que la prostitution qui est, elle, plus défendue.

Christian DELARUE

1) Un racisme sans « race » mais aussi sans raciste.
http://amitie-entre-les-peuples.org/Un-racisme-sans-race-mais-aussi

2) « Antiracisme relié » ou la convergence et l’extension des luttes antiracistes.
https://blogs.mediapart.fr/christian-delarue/blog/180915/antiracisme-relie-ou-la-convergence-et-lextension-des-luttes-antiracistes

3) Les trois mondialisations - Construire la bonne mondialisation par en-bas !
https://blogs.mediapart.fr/christian-delarue/blog/270216/les-trois-mondialisations-construire-la-bonne-mondialisation-par-en-bas?utm_source=facebook&utm_medium=social&utm_campaign=Sharing&xtor=CS3-66

Hétérogène : Puisque la « race sociale » n’est pas la pseudo « race biologique » !
http://amitie-entre-les-peuples.org/Heterogene-Puisque-la-race-sociale