REINVENTONS LE MONDE : Antiracisme et anticolonialisme. C Delarue

samedi 7 juillet 2012
par  Amitié entre les peuples
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RÉINVENTONS LE MONDE : Antiracisme et anticolonialisme.

Université d’été de la solidarité internationale à Lyon des 4 au 7 juillet 2012. La 7 ème du genre à pour thème : Citoyen-ne-s et solidaires, réinventons le monde !

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Lyon juillet 2012

Penser le peuple colonisé (hier sur ce site) n’est pas une construction théorique sans enjeux pratiques. Il s’agit, dans une perspective d’émancipation ou de solidarité entre peuples-classe, de repousser le racisme et en l’espèce sa forme liée au colonialisme, celui qui perdure non seulement ailleurs - Le cas de la Palestine a été évoqué - mais aussi ici . Cela mérite quelques précisions.

Le gouvernement français de N SARKOZY a tenté une réhabilitation du passé colonial de la France et de l’OAS dont il décore ses protagonistes : fascistes et putschistes qui ont porté les armes contre la République ! En outre, 50 ans après les indépendances, les jeunes des quartiers populaires d’ici et d’ailleurs, sont toujours considérés comme des ennemis intérieurs, soumis à des harcèlements policiers incessants, à la ségrégation urbaine, et à de nombreuses mesures racistes.

C’est là ce que dénonce le MRAP dans le texte qui suit, produit pour la marche du 12 mars 2012. Voir site du MRAP.

Christian Delarue

MRAP cofondateur d’ATTAC
7/7/2012

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Après avoir dévasté les pays du Sud, la dette des États du Nord générée par les spéculations financières sert de prétexte à des ajustements structurels, socialement ravageurs.

En France, comme ailleurs, la crise économique et sociale qui fut de tout temps le terreau du racisme et de la xénophobie, favorise un recul de tous les droits, des violations des libertés les plus élémentaires. Les prétendus « dérapages » de certains dirigeants et intellectuels légitiment et banalisent les idées et les comportements racistes. Les lois et mesures discriminatoires et sécuritaires s’accumulent, portées par la surenchère de déclarations entre ministres et dirigeants du FN, stigmatisant les immigrés, les « musulmans », les Roms…

Alors que nous avons commémoré le 50e anniversaire du massacre des Algériens à Paris le 17 octobre 1961, perpétré par des policiers agissant sous la responsabilité du préfet de police Maurice Papon et du gouvernement, ce crime d’État n’a toujours pas été condamné, ni même reconnu par la France.

Pire, 50 ans après l’indépendance de l’Algérie et après avoir tenté de réécrire l’Histoire,

50 ans après les indépendances, pour des raisons politiques, économiques, et de stratégie militaire, la France continue de soutenir, au delà de son « pré carré » en Afrique, des régimes dictatoriaux et corrompus, tout en restreignant le droit d’asile pour les victimes.

50 ans après les indépendances, le colonialisme est toujours présent sous toutes ses formes : politique du FMI , de l’OMC et de la Banque Mondiale, recolonisation des terres agricoles, pillage des ressources naturelles (eau, forêts,minerais), biopiraterie, guerres (Afghanistan, Irak...), occupation (Palestine, Sahara Occidental, Tchétchénie..), non respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes (peuples kurde, tamoul…) . Les dirigeants français bafouent les droits politiques, économiques, culturels sociaux, linguistiques des peuples kanak, polynésien, martiniquais, guadeloupéen, guyanais, réunionnais et l’intégrité territoriale des Comores.

50 ans après les indépendances, les jeunes des quartiers populaires d’ici et d’ailleurs, sont toujours considérés comme des ennemis intérieurs, soumis à des harcèlements policiers incessants, à la ségrégation urbaine, et à de nombreuses mesures racistes. Quant aux sans-papiers, ils subissent une surexploitation favorisée par la menace constante d’expulsions. Tous sont victimes de la xénophobie d’État.