Note sur « L’Italie, Un Etat sans nation ? » de : Manlio GRAZIANO

mercredi 8 février 2012
par  Amitié entre les peuples
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Note sur « L’Italie, Un Etat sans nation ? » de : Manlio GRAZIANO

premier post le lundi 6 février 2012 sur Bellaciao

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Est-ce que cette lecture pourrait aider à comprendre ce qui se passe en Italie au-delà des jeux politiques actuels ? Sans doute. Bien que, ainsi que le soulignait Antonio Labriola, la situation de l’Italie soit très embrouillée et difficile à comprendre pour un étranger.

Une première partie décrit « les caractères originaires », une deuxième « les permanences », et une troisième intitulée « identité et souveraineté » décrit la formation d’un « pays à souveraineté limitée », « une fiction républicaine », un pays sous « contrainte européenne ».

Cet ouvrage met en avant l’importance la dimension géopolitique pour souligner les difficultés de formation d’un Etat nation unifié en Italie. A l’instar du mouvement analogue en Allemagne, l’unification italienne se fit par « le fer et le sang » ; mais à la différence de l’Allemagne, ce furent surtout le fer et le sang des autres (p137).

Yves Lacoste dans « Vive la nation » sous-titré « Destin d’une idée géopolitique » (1997) avait insisté sur cet aspect géopolitique. Les rivalités territoriales comme l’arrivée de migrants ont fait la France qui sans elles ne serait pas ce qu’elle est. Cela diffère d’une compréhension de la formation des nations relevant d’une approche historique auto-centrée, qui ne fait pas toujours apparaitre la dimension géopolitique. En ce cas, on évoquera plus les langues, puis la langue dominante, le rôle des administrations, du commerce, etc . L’histoire n’oublie pas les guerres comme les colonisations et décolonisations mais le lien n’y est pas toujours fait avec les théories de l’Etat-nation.

Alors, un Etat sans nation l’Italie ? Elle n’a eu qu’une « bourgeoisie faible et fragmentée » calée sur ses intérêts immédiats pour constituer une pleine nation. L’Italie n’est pas née comme ailleurs d’un dur combat de la bourgeoisie pour son développement national. La légitimation populaire y a été également faible. L’auteur développe d’autres questions importantes qu’on ne peut que citer ici : « la question septentrionale » ainsi qu’une dialectique spécifique entre « la difficile italinisation du Piémont » et la « difficile piémontisation de l’Italie ». L’ouvrage se termine sur la crise de l’internationalisation des années 1990. Là lorsque l’auteur évoque les « agents politiques de cette crise de restructuration » il cite non seulement M Thatcher et R Reagan mais aussi H Kohl et le « F Mitterrand d’après 1983 ».

Christian DELARUE

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