Nord et Sud : avons-nous encore un même combat ?

mercredi 1er février 2017
par  Amitié entre les peuples
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Nord et Sud : avons-nous encore un même combat ?

Introduction à débat. Pistes simplement proposées et à compléter.

Les forces sociales progressistes du Nord mènent des combats relativement similaires, malgré des contextes fort différents, à celles du Sud, des Suds, des formations sociales périphériques. C’est ce qui permet une certaine solidarité avec les forces progressistes des Sud ou des périphéries qui sont qualifiées ainsi car elles mènent plusieurs combats que nous allons nommer.

Le fil à plomb serait la « Raison solidaire » telle que théorisée par Jean ZIEGLER au milieu des années 80 (in Vive le pouvoir ou les délices de la Raison d’Etat - Seuil 1985). Mais ce fil est perturbé par divers facteurs qui brouillent les pistes. De ce brouillage et de ces confusion des « idéologies troubles » apparaissent. On voit des gauches devenir nationalistes, des gauches couvrir les intégrismes religieux pourtant extrêmement réactionnaires, sans parler des gauches faiblir face au capitalisme financier et au néolibéralisme, faiblir face à l’impérialisme.

I - Contre l’ennemi EXTERIEUR on trouve le combat anti-impérialiste

Il porte contre les Etats du Nord (militarisme, ingérence politique néo-coloniale, emprise de la dette, emprise économique des firmes multinationales du nord, etc). Un progressiste du Nord ne saurait approuver que son propre Etat parte en guerre contre des pays de la périphérie. Si exception il y a alors il convient d’être très prudent et très lucide. Les risques de manipulation de l’information au niveau des enjeux ou de la situation des moyens ms en oeuvre sont réels.

C’est sur ce point que l’on retrouve clivages et confusion. Il arrive - il faut bien le dire nettement - que l’on ne sache plus avec qui être solidaire ? Ou sont les forces progressistes ? Ou sont les résistant-es ? Il y a le refus d’écraser les peuples sous les bombes c’est évident. Mais dans nombre de situations, il ne suffit pas d’avoir ce principe. Et l’information sûre fait défaut.

II - Contre l’ennemi INTERIEUR on retrouve plusieurs combats qui s’articulent de façon variable.

a) - Le combat social et écologique face aux oligarchies prédatrices.
Le combat social est mené par les syndicats et les forces progressistes en appui : classisme (promotion des droits des ouvriers, employés et cadres) en lien avec la défense des peuples-classe contre les élites conservatrices et réactionnaires qui diffusent un populisme ethnique ou tribal pour diviser les peuples. Il existe aussi des forces écologiques montantes dans divers pays qui luttent contre la pollution, la dégradation des forêts et des sols.

b) - Le combat anti-raciste, féministe et laïque : il s’est développé de façon contradictoire partout face aux contre-mouvements réactionnaires religieux de type divers qui sont apparus et militent pour un hyperpartriarcat . Les féministes combattent partout le sexisme et veulent réduire plus encore la force du patriarcat qui a subit un recul variable ces 30 à 40 dernières années face aux féministes et face à des millénaires de rapports sociaux inégaux et archaïques contre les femmes. Il y a besoin d’un mouvement féministe multicolore internationalisé puisque l’intégrisme religieux sous ses différentes formes est international, mondialisé. L’exigence de sécularisation des sociétés fait face aux emprises des secteurs religieux offensifs. Les solidarités à gauche sont perturbées.

c) - Le combat laïque et démocratique : L’articulation de ces combats (les 4 ci-dessus) s’articulent de façon très variable avec les combats démocratique et laïque. Laïciser et démocratiser les Etats forment une perspective constante des peuples-classe et des corps intermédiaires des peuples-classe des Suds comme des Nord. Tous ont des progrès devant eux à réaliser.

C Delarue