Noir ou blanc, femme ou homme, athée ou croyant, aisé ou pauvre, votant ou non votant, les membres du peuple-classe...

samedi 26 avril 2014
par  Amitié entre les peuples
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Dynamique d’émancipation fraternelle !

Noir ou blanc, femme ou homme, athée ou croyant, aisé ou pauvre, votant ou non votant, les membres du peuple-classe...

Peuple-classe, dans toute sa diversité, pour l’alternative !

Lecture de Sadri KHIARI (1)

1- Deux axes partagés au-delà des désaccords plus généraux

Sadri KHIARI écrit (1), à raison, « A la question « qu’est-ce que le peuple ? » il faut naturellement répondre par une autre question « contre qui se constitue le peuple ? ». Cette façon de poser la question incite à repérer un rapport de force qui n’est pas le même pour lui que celui que je vois (et d’autres aussi). Pour lui, S Khiari, le peuple c’est les Noirs discriminés contre les Blancs privilégiés (comme si il y n’avait pas de Noirs bien placés dans la hiérarchie sociale, à des postes plus élevés que des Blancs) alors que pour moi c’est le peuple-classe dans sa diversité (de toute couleur de peau, de toute conscience religieuse ou athée, etc..) contre l’oligarchie.

Je suis encore en accord avec Sadri KHIARI lorsqu’il écrit, plus loin, « la notion de peuple peut être liée à des positions particulières dans l’ordre socio-économique ». On quitte alors les interprétations très englobantes (rassembleuses de classes antagoniques) et relativement neutres du mot « peuple » comme peuple-nation ou peuple souverain ou peuple démocratique ou même, dans un autre registre, peuple-ethnique pour voir un peuple social, peuple social entendu largement cependant, afin de rester dans l’ordre des peuples et non basculer dans celui des classes sociales ou des couches sociales de cercles plus étroits, en général .

2 - Hétérogénéîté des dominés .

Ce peuple-classe très divers n’est pas unifié car il y a loin du cadre supérieur au RMIste, peut-être beaucoup plus de distance sociale qu’entre un Arabe et un Européen d’une même entreprise et d’un même quartier (du moins quand il n’y pas racisme), mais ce grand ensemble social « peuple-classe » est face - c’est le point « frontal » important cité plus haut - au poids énorme de la puissance de l’oligarchie financière, du fameux 1% de Thomas Picketty.

Cette façon de voir se distingue - il faut le répéter - de celle évoquant, à l’instar d’un Soral par exemple, une sorte de « peuple social » rappelant lui l’idée de « couches populaires » hors tout rapport social, de tout affrontement « classiste ». Avec l’idée de peuple social (à la place de peuple-classe) c’est un peu comme au XIX ème siècle ou l’on évoquait le « bas-peuple » hors de tout rapport de force et dans une conception souvent méprisante (qui perdure encore mais moins affichée).

De nos jours le cercle de « ceux d’en-bas » a sans doute gonflé au-delà des ouvriers de l’industrie, de « la classe ouvrière » de jadis, car le cercle socio-économique du monde du travail salarié et subordonné est venu englobé les couches sociales moyennes (soit environ 90% d’en-bas), des couches certes courtisées par l’oligarchie dit Badiou (comme d’ailleurs DSK jadis, mais avec des jugements différents), au titre d’appui sociologique du système capitaliste.

L’idée de couche sociale d’appui fondée sur l’expertise et la possession semble être plus valide et pertinente à l’égard des membres du dernier décile d’en-haut, membres titulaires d’une certaine expertise bien rémunérée (supérieure à 4000 euros net), soit les 10% d’en-haut, ceux qui ont pour particularité d’être, toujours selon T Picketty, à la fois travailleurs (aisés) et possédants, donc titulaires d’un patrimoine mobilier et immobilier important. Mais il faut bien dire aussi que les pauvres et précaires peuvent aussi soutenir fortement le maître et le système de chaînes qui permet la reproduction de l’esclavagisme. C’est triste mais c’est vrai.

3 - Peuple-objet ou peuple potentiellement sujet politique !

Noir ou blanc, femme ou homme, athée ou croyant, aisés ou pauvre, votant ou non votant, les membres du peuple-classe ont, au temps du néolibéralisme, vocation à l’émancipation, à la conquête de droits sociaux et de droits démocratiques, d’une alterdémocratie dirions-nous.

Le peuple-social est de l’ordre de la statique et il est lui plus objet de politiques publiques variées et spécifiques alors que le peuple-classe est de l’ordre de la dynamique et a, pour la gauche d’alternative, vocation à la conquête sociale et démocratique ; vocation à s’inscrire dans une stratégie socialiste ou communiste ou altermondialiste selon le projet porté.

Le peuple social se rattache aussi à la distinction peuple-partie et peuple-totalité d’Irène TAMBA (2) alors que le peuple-classe suppose en plus une idée de forte contradiction voire d’affrontement contre une minorité d’en-haut. Son « ennemi » est interne et en-haut. Ce ne sont pas - par exemple - les résidents étrangers extra-communautaires d’en-bas.

Irène Tamba ne distingue pas peuple social et peuple-classe (qu’elle nomme aussi). Pourtant elle écrit : « Si le peuple-partie écrit l’auteure ne peut se définir que dans le cadre d’une société historique particulière, divisée en plusieurs classes dont celle unique, que constitue le peuple. Sous un régime monarchique, le peuple se définit par rapport à un souverain royal (le roi et son peuple). Dans une démocratie, le peuple est la partie de la population qui s’oppose à une élite fondée, selon les époques et les types de société, sur la naissance (le peuple face à la noblesse), les richesses (le peuple face à la bourgeoisie), la culture (le peuple opposé aux savants). »

Le peuple social ce sont les « couches populaires » et cela renvoie peu ou prou à une sociologie stratificationniste des couches sociales (excluant souvent les couches moyennes) et à des politiques publiques ciblées mais le peuple-classe renvoie lui beaucoup plus à une sociologie marxiste ou néo-marxiste, donc conflictuelle du peuple (Lire ici M Garo).

Christian DELARUE

1) in Qu’est ce que le peuple ? Ouvrage collectif La Fabrique Ed 2013

Le peuple et le tiers-peuple | Les Indigènes de la République

http://indigenes-republique.fr/le-peuple-et-le-tiers-peuple/

2) in Le peuple existe-t-il ? Ed Sciences Humaines 2012
Sous la direction de Michel Wieviorka


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