Ni pute ni soumise... Billet d’humeur sur le burkini. A Laurent

lundi 22 août 2016
par  Amitié entre les peuples
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Ni pute ni soumise... Billet d’humeur sur le burkini.

Agnes LAURENT · 16 AOÛT 2016

http://labeletteenervee.blogspot.fr/2016/08/ni-pute-ni-soumise-billet-dhumeur-sur.html

Le burkini, comme sa grande sœur la burqa, n’est en rien un symbole de l’islam. Nulle part il n’est indiqué dans le texte fondateur que la femme doit vivre le corps entièrement caché dans une prison de coton.

Depuis quelques jours fleurissent des polémiques quant au port du burkini, que ce soit à la plage ou en piscine.

Mais c’est quoi un burkini ?
C’est une version aquatique de la burqa ou du niqab, c’est à dire un vêtement qui cache l’intégralité du corps sauf les mains et les pieds. Par contre, même si la chevelure est voilée on voit très bien le visage (ce qui n’est pas le cas du costume terrestre).
Le but est de permettre aux femmes portant le voile intégral de profiter des joies de la baignade.
Loin d’être une tradition ancestrale cette innovation vestimentaire date de 2007 donc il va falloir s’armer de patience pour trouver quelque chose dans le coran !

Critiquer le port du burkini est-il islamophobe ?
Je vais retourner la question et demander si les musulmanes qui vivent non voilées, parlent aux hommes et se mettent en maillot sont pour autant des mécréantes... c’est quand même la grande majorité.

Le burkini, comme sa grande sœur la burqa, n’est en rien un symbole de l’islam. Nulle part il n’est indiqué dans le texte fondateur que la femme doit vivre le corps entièrement caché dans une prison de coton.
Le coran ne parle ni de masque ni de pudeur mais de modestie et on retrouve cette notion dans les textes des 3 grandes religions monothéistes. Être modeste et simple pour ne par susciter l’envie et la jalousie.
Modestie ?
C’est marrant parce que justement modesty en anglais peut se traduire également par pudeur !
Du coup ça donne être pudique pour ne pas provoquer le désir et l’envie ! Les mots sont proches mais la signification bien différente.

Je n’ai rien contre l’islam mais j’ai par contre une dent contre les salafistes et autres extrémistes qui prônent l’asservissement de la femme. Cette tradition au départ afghane se répand d’année en année et est le symbole d’une mise à mort des droits des femmes.

Dans les pays ou elle est obligatoire, la burqa n’est que la partie émergée de l’iceberg...
Une femme violée sera condamnée soit pour adultère, soit pour rapport hors mariage. Elles n’ont plus de compte en banque, plus le droit au divorce, plus le droit de conduire, plus le droit de parler, plus le droit de travailler...
Elles ont officiellement esclaves puisque propriété de leur père puis de leur époux qui ont d’ailleurs droit de vie et de mort sur elles.

A une époque pas si lointaine les femmes afghanes portaient fièrement la jupe courte et l’Iran était le pays avec le plus grand nombre de femmes ayant des postes à responsabilités et ayant le plus haut niveau d’études.

Mais en quoi ça me concerne le burkini ?
Car je suis contre toute discrimination, même positive.
Je me suis vu refuser l’entrée de piscine, malgré un certificat médical, pour nager en combinaison qui me protège du froid.
Quelqu’un peut m’expliquer la différence visuelle entre une combi et un burkini ??? En matière d’hygiène ?
Une autre fois refus d’accès au bord du bassin en short et t-shirt mais burkini largement répandu.
En quoi un short de bain est moins hygiénique ?

Bref au pays des droits de l’homme (et normalement aussi de la femme), les islamistes (et non les musulmans) ont plus de droits que les autres. J’ai croisé de nombreuses femmes en burqa, le visage voilé, dans les grandes surfaces. Vous avez déjà essayé de rentrer quelque part avec un casque intégral, une cagoule fermée ou un masque de mickey ? Dans les 30 secondes vous avez tous les vigiles sur le dos ! Je ne peux pas concevoir que d’appartenir à une religion permettent d’avoir des droits différents ou d’être au-dessus de celle du pays.

Vous allez me répondre que pouvoir nager en combi ou faire ses courses déguisée en catwoman ça reste anecdotique mais c’est tout mon quotidien qui est en train de changer doucement.

Dans certains endroits le voile intégral est passé de marginal à omniprésent en l’espace de 15 ans.
Il est difficile de se faire une idée quand on habite le 13e ou la Creuse.
Je n’ai rien contre le vêtement en lui-même mais contre ce qu’il véhicule.

Sur une plage Corse une femme aux seins nus se fait caillasser et en partant bosser en tailleur, jupe au genou, je me suis fait cracher dessus et traiter de pute. En primaire on me demande d’éviter les robes pour ma fille.

Car chez les islamistes il semble n’y avoir que 2 sortes de femmes, les putes ou les soumises.

En l’espace de 15 ans le corps de la femme est devenu tabou et le harcèlement de rue banal. Je veux bien m’être bonifiée avec le temps mais je me fais plus emmerder à 44 ans qu’à 20 ans !
J’ai pourtant traversé Paris et sa banlieue à toutes heures et dans des tenues vraiment courtes sans jamais être ennuyée. J’ai dansé topless sur des comptoirs dans la bonne humeur et sans grivoiserie. J’ai dormi saoule sur des bancs parisiens en shorts et bas résilles sans un geste déplacé.

J’étais libre de m’habiller comme bon me semble et pas obligée de me changer en arrivant en soirée.

Il est devenu suicidaire de se promener seule en robe légère dans certains quartiers et le français pure souche n’est pas en reste, cautionnant même le viol pour celles qui l’ont “bien cherché”.

Regardez les albums de familles.
Regardez les tenues de vos mères. les jupes mi-cuisses, les hauts moulants, les bottes, les talons hauts.

Depuis 15 ans, les jupes rallongent, les collants s’opacifient, les pulls sont plus larges, les décolletés moins profonds et les chemises se transforment en tuniques...
A 44 ans on me conseille d’éviter les jeans trop moulants et on qualifie ce top à bretelles que j’ai depuis 20 ans de “super sexy”. Je ne suis pas plus belle qu’avant, j’ai le même corps... C’est le regard des autres qui change. Un regard qui juge.

On assiste à une explosion de la pornographie sur nos écrans mais la femme de la rue doit abdiquer de son corps pour devenir invisible. La femme indépendante semble avoir fait son temps et devoir laisser la place à un nouvel idéal de mère au foyer. Je vis libre et j’entends dire que ce n’est pas “normal”. Une femme “doit” vivre avec l’homme qui partage sont lit.

J’ai 44 ans et je ne suis ni pute ni soumise. Des femmes et des hommes se sont battus pour que je puisse avoir le choix.

Alors oui, la burqa (et ses dérivés) me concerne car plus elle progresse, plus ma liberté de femme recule. Ici c’est un choix provocateur, dans d’autres pays c’est une contrainte qui mène à une mort sociale et la négation du libre arbitre, des droits et de la femme.


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