Musulmans radicaux : retour de la peste islamiste en Tunisie. C Delarue

samedi 29 octobre 2011
par  Amitié entre les peuples
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Musulmans radicaux : retour de la peste islamiste en Tunisie.

Après la lumière du « printemps arabe » vient la nuit de « l’automne arabe ». Retour du parti islamiste en Tunisie (40% environ donné à Ennahda) et annonce de la Charia en Lybie. Mais tout n’est pas noir. Ce n’est l’un ou l’autre.

Pas de campisme ! Les forces d’émancipation sont toujours là.

S’agissant de la Tunisie, le souhait n’est pas ici pour la gauche authentique d’arrêter le processus révolutionnaire à un stade démocratique restreint qui pourrait satisfaire aussi bien les oligarchies du Nord (et d’ailleurs) que le monde musulman radical. Bien au contraire, il s’agit de poursuivre et d’aider au combat et de renforcer les solidarités émancipatrices.

Avec qui ?

« S’il convient de ne pas tomber dans l’angélisme, il faut néanmoins raison garder et ne pas faire d’amalgames » écrit Pascal Boniface (1). C’est vrai . Il y a charia et charia ainsi que l’explique nettement un article de Sarah Diffalah (2). Lire aussi Boris Mabillard (3) La Tunisie n’est pas la Libye. « Ce ne sont pas des talibans » disent ceux qui, comme Moncef Marzouki (4) veulent négocier en Tunisie. Ennahda pourrait prendre dans les mois à venir un cours libéral.

Mais pour l’heure, il s’agit en quelque sorte d’une différence entre les durs et les modérés au sein de l’extrême-droite. Prenons un autre registre : c’est un peu comme si on distinguait un sionisme dur et un sionisme soft. Autrement dit, la différence existe (elle sera à préciser) mais c’est le point commun (maintien de la domination) qui importe surtout de ne pas perdre de vue. En Tunisie, il va s’agit d’assurer l’imposition de la référence (à minima) à la religion et à une religion précise à une partie de la population qui n’en veut pas ou qui n’en veut plus. Au pire il s’agit d’imposer non pas une simple référence religieuse mais certaines pratiques jugées par beaucoup comme particulièrement injustes, inégalitaires, patriarcales et pour résumer profondément réactionnaires. In fine, la vigilance reste donc nécessaire.

Soutien des démocrates, des laïques et des féministes !

De fait une large fraction du peuple tunisien reste vigilante. Ils savent eux quel est concrètement le type d’oppression subie. Les forces d’émancipation sont face à la réaction. Le danger de la généralisation de l’autoritarisme islamique (en matière de politique et de mœurs) est là. Mais répétons-le, la résistance est là. Il y a le mouvement social et la gauche politique tunisienne.

Antiracisme en acte.

Il faut bien dire ou redire que le « printemps arabe » a eu le pouvoir de réfuter par les faits bien mieux que tous les discours le vieux racisme colonial qui frappait le monde arabe et plus particulièrement les « arabo-musulmans ». Le racisme qui les frappe est connu et se résume en deux phrases. Ils sont réfractaires à la modernisation, à la rationalité, à la démocratie et à la laïcité. Ils défendent aussi au plan des mœurs un sexo-séparatisme entre hommes et femmes et des rapports humains virils contre les femmes et contre les hommes non virils et tout particulièrement les homosexuels. Ce n’est vrai que pour une part. On ne saurait nier l’existence de musulmans radicaux. Le racisme vient d’une généralisation à l’ensemble des musulmans.

En tout état de cause tant en Tunisie qu’en Lybie, de nombreuses fractions de peuple (4) défendent toujours la démocratisation, la laicité (qui permet la pratique de sa religion mais protège de son emprise) et l’égalité homme-femme. On ne saurait donc généraliser le retour du « mal » et retomber dans le racisme. Dans le même mouvement on ne saurait pas plus se voiler la face et refuser de voir la montée de Thanatos et des forces archaïques du patriarcat religieux.

Solidarité.

Ceux et celles qui se battent pour la liberté et l’égalité auront besoin de notre solidarité. Mais c’est à eux de s’exprimer de dire ce qu’ils veulent et ne veulent pas. Tant qu’ils pourront parler ils pourront être soutenu et vivre.

Christian DELARUE
posté le 26 oct sur Chrismondial

1) Tunisie/Libye : menace islamiste ? de Pascal Boniface.

http://pascalbonifaceaffairesstrategiques.blogs.nouvelobs.com/archive/2011/10/26/tunisie-libye-menace-islamiste.html

2) COMPRENDRE. Une charia mais plusieurs écoles.
http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20111025.OBS3182/application-de-la-charia-dans-le-monde.html

3) Charia, mode d’emploi par Boris Mabillard

http://www.letemps.ch/Facet/print/Uuid/a062a02c-0011-11e1-b361-c99a8f763644/Charia_mode_demploi

4) « M. Marzouki à expliqué qu’il ne s’agit pas d’une alliance électorale, mais d’un front pour défendre la révolution face aux assauts répétés de la contre-révolution. » Mais ou est la contre-révolution ?

http://www.kapitalis.com/fokus/62-national/5108-tunisie-moncef-marzouki-explique-ses-relations-avec-ennahdha-.html

4) A propos des élections le score des autres forces est :
pour le second soit le Congrès pour la république 14 % des voix exprimées et obtient 30 sièges au sein de la Constituante. Ettakatol ne franchit pas la barre des 10 % et disposera de 21 sièges. Avec 8,7 et 7,8 % des suffrages, les listes de la Pétition populaire de Hechmi Hamdi et du Parti démocratique progressiste ont respectivement obtenu 19 et 17 sièges. Les autres organisations doivent se contenter de résultats bien modestes, inférieurs à 2,5 % des voix.