Marxisme national et altermarxisme : Peuple-classe (99%) et multiples appartenances collectives

mardi 30 juin 2015
par  Amitié entre les peuples
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Diversite : Mouvements anti-systèmiques s’appuyant sur Marx ou le marxisme.

Marxisme national et altermarxisme : Peuple-classe (99%) et multiples appartenances collectives

Néo-marxisme cosmopolitique et humanité-classe (99%) face au 1% d’en-haut.

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Peuple-classe et Marx

« Les membres du peuple-classe (99%) n’ont pas de patrie. On ne peut pas leur prendre ce qu’il n’ont pas. » (pastiche de Marx). Le peuple-classe se définit en effet comme les « sans pouvoirs » face aux grands possédants, au 1% d’en-haut, ceux qui ont tout et qui sont la classe bicéphale dominante et dirigeante.

Mais comme la classe ouvrière de Marx le peuple-classe a aussi vocation « à conquérir le pouvoir politique, à s’ériger en classe dirigeante de la nation, à se constituer lui-même en nation. » C’est exact. Cela reste exact même si c’est plus compliqué.

NB : le 99% est un indicatif utile, nécessaire même comme ordre de grandeur, mais relatif. Ce qui importe c’est le rapport dynamique économico-social en-bas (large) - en-haut (bicéphale). Reste aussi à étudier la notion de couches sociales d’appui (encadrement capitaliste de Bhir) gravitant dans le dernier décile d’en-haut (T Picketty) comme puissance d’expertise au service de l’oligarchie ou caste ou classe dominante.

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Monde contemporain à multi-appartenances

La « continentalisation » des consciences existe. Elle est institutionnellement construite en Europe : de l’Europe marchande on est passé à l’Europe citoyenne. Mais avec l’Union européenne, la démocratie est faible, sous emprise de l’oligarchie. L’Europe sociale est aussi très faible car dominée par la logique de concurrence des entreprises capitalistes. Cette « continentalisation », avec ces défauts, c’est quand même autre chose que la mondialisation marchande qui crée un petit monde d’affairiste et des altermondialistes qui veulent un autre monde fondé sur des slidarités.

Retour à Marx.

A l’époque de Marx il n’existait quasiment pas de sentiments d’appartenance à l’Europe. Cette conscience s’est construite avec l’après-guerre et peu à peu. On peut donc étendre le domaine de la lutte au niveau européen pour le sortir d’un cadre étroitement national. Mais sans pour autant nier le cadre national. En fait, les sentiments d’appartenance à des cadres collectifs larges et historiques sont complexes car on trouve des appartenances à moins (ou plus petit) que la Nation (peuple-classe des régions) ou à plus que la Nation et cela en plus d’un sentiment national qui perdure néanmoins. Ces sentiments sont d’ailleurs tous manipulables par les classes dominantes. Tous. Notamment pour masquer la conflictualité sociale du néolibéralisme. Pour autant il ne s’agit pas de lubies mais d’une réalité - variable, selon les individus - qui compose les diverses appartenances qui se cumulent chez de nombreux citoyens du peuple-classe. Il faut compter aussi avec les résidents étrangers installés durablement sur le territoire national qui peuvent, eux aussi, mélanger divers sentiments d’appartenance.

Un certain marxisme, celui fidèle au texte cité, a longtemps mis l’accent surtout sur l’appartenance à la Nation. Il s’est appuyé ensuite sur une autre réalité, celle d’une conscience nationale-sociale d’un Etat social fort (Sécurité sociale, services publics, nationalisations, législations sociales, etc..) conquis en 1946 et après. Ce marxisme existe encore puisqu’il existe encore cet Etat social avec ses conquêtes démocratiques et sociales. Il ajoute : « le peuple-classe est encore par là national, quoique nullement au sens où l’entend la bourgeoisie » (Marx et Engels, Manifeste du parti communiste). On trouve aussi dans « l’Idéologie allemande » des passages (p 46 par exemple) ou la classe ouvrière - ou aujourd’hui le peuple-classe - a vocation a devenir en son moment révolutionnaire « la société toute entière » et donc beaucoup plus que sa classe (qui disparait), à représenter la Nation, l’humanité, la République, le bien commun de l’humanité, l’universel concret.

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Ouvertures : d’ autres marxismes se déploient .

D’autres marxismes se déploient , qui existaient déjà auparavant. Le marxisme campiste réactualise et recycle une lgique de bloc. Il défend le « sud » en bloc contre le nord. Il existe d’autres marxismes non campistes qui globabalement prennent acte qu’ « il y a du nord au sud et du sud au nord ». Ils prennent acte des contradictions internes. L’un d’eux s’appuie sur l’idée actualisée de « révolution permanente », d’autres, plus sociologiques, s’appuient sur des phènomènes sociaux qui perdurent, comme la « transcroissance des luttes » d’un pays sur un autre. L’ensemble, dans sa diversité, a donné quelques certitudes, quelques principes qui guident l’action comme :

1) Maintenir la perspective, toujours à renouveler face aux nationalismes, aux xénophobies, des solidarités entre les peuples-classe de l’Union européenne et au-delà avec les peuples-classe d’Afrique, du bassin méditerrannéen, de l’Amérique latine ou d’Asie.

Il importe aussi 2) de mettre l’accent sur le clivage interne fort à chaque Nation entre son 1% d’en-haut, puissant prédateur anti-démocratique, anti-social et anti-écologique, et son peuple-classe (99%) et plus encore son peuple social (90%). Il y a un refus d’user trop aisément de termes qui évoquent les entités englobantes Nation, Europe, etc... celles qui mélangent le « loup et l’agneau ».

Ouverture cosmopolitique

Enfin, il faut intégrer au débat la réponse marxiste-cosmopolitique de Gilbert Achcar : « Si la défense de la souveraineté nationale est certainement justifiée et nécessaire face à la coercition impérialiste, elle apparaît inévitablement anachronique…à une époque où la « mondialisation » est certainement une réalité et non une phrase creuse ». Il s’inscrit dans ce que De Sousa Santos appelle : « le cosmopolitisme insurgé », et défend que « le combat socialiste doit aspirer à dépasser les réalisations cosmopolites du capitalisme en s’appuyant sur l’idée de justice mondiale ».

in A l’encontre » Livre. « Marxisme, Orientalisme, Cosmopolitisme », de Gilbert Achcar

http://alencontre.org/societe/livres/livre-marxisme-orientalisme-cosmopolitisme-de-gilbert-achcar.html

Ajustements non dogmatiques

La combinaison des concepts de peuple-classe 99% et celui, d’emblée plus cosmopolite ou même cosmopolitique, d’humanité-classe 99% ont vocation à aider cette lutte d’émancipation.

Christian DELARUE


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