Listes électroniques et déontologie associative.

mercredi 8 mai 2013
par  Amitié entre les peuples
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Listes électroniques et déontologie associative.

On parle beaucoup de déontologie en ce moment. Alors on va en profiter pour aborder un point peu souvent évoqué.

Dans une association qui disposent de plusieurs listes électroniques pour des diverses commissions ou groupes mais aussi pour ses instances de direction, quelle est l’instance qui est liée au secret de la correspondance reçu ?

On va me répondre qu’un message est comme une lettre et qu’il ne doit pas être transféré. C’est exact mais ce n’est pas appliqué, et ce malgré les sanctions existantes .

Question un peu différente : quelle est l’instance qui doit recevoir les messages « top secret » ?

Si le message en question porte un contenu manifestement « délicat », du type de celui dont il faut tenir secret (que ce soit indiqué ou non), à quelle instance faut-il l’envoyer ? Est-ce au bureau exécutif (BE) ou au conseil d’administration (CA) ou conseil national (CN) ? Est-ce à l’instance de décision, généralement plus importante en nombre de membres ou est-ce à l’instance d’exécution ou de gestion en nombre plus restreint.

Ma réponse fut longtemps au CA ou CN. Ce sont les membres de direction d’un mouvement . Ils sont comme les membres des comités paritaires des administrations ou des entreprises : ils sont tenus (en ces cas) au secret. Mais à l’expérience, il vaut mieux s’adresser à l’instance plus réduite. Surtout quand le contenu est « top secret ».

Ou alors, il convient de faire des rappels déontologiques aux nouveaux venus. La déontologie n’est pas une pratique naturelle, qui va de soi, dans tous les domaines. Nul n’est totalement irréprochable ! En tout cas on aurait grand tort de de le penser. Nul n’est non plus « déontologiquement incorrect » à jamais.

Quel est le danger ?

De nombreuses associations disposent d’une liste de diffusion de masse (1) qui arrose tous les comités ou/et adhérents. La liste « adhérents » est en général non ouverte à trop de membres. En tout cas il peut être facile de balancer un message « délicat » ou « secret » à ces listes.

In fine, on a une intensification des conflits au lieu d’une possible résolution pacifique. On peut même avoir ce qu’on appelle en AT (Analyse transactionnelle) une montée au niveau « dramatique ». Il y a alors grand dommage. D’ou la nécessité pour les organisations d’y penser et d’y remédier

Christian DELARUE

1) ATTAC a sa liste « local », le MRAP a sa liste « PST »(présidents, secrétaires,trésoriers). En période de conflits comme en situation courante, il est facile de passer d’une liste restreinte à une liste large.