Les très jeunes filles sous hypertextile, et les « lolitas »

mardi 30 août 2016
par  Amitié entre les peuples
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Les très jeunes filles sous hypertextile, et les « lolitas »

Le titre initial était « Les très jeunes filles : Anti-lolita sous hypertextile et »lolita« . Mais évoquer des »anti-lolitas" pour les très jeunes filles sous hyper-textile est trompeur et faux . Les deux phénomènes sociaux alors mis en exergue dans le titre (avant modification) ne se rapportaient pas du tout aux mêmes mécanismes sociaux en arrière plan. Il fallait donc le changer pour être plus prêt (un effort, pas une adéquation) de ce que dit le regard scientifique-critique qui va lui derrière l’apparence des choses.

On remarque de plus en plus (sans que ce soit massif), la mise sous voile très couvrant (hypertextile) de très jeunes filles (de 6 à 11 ans). Il ne s’agit plus là d’adolescentes. C’est une pratique liée à une interprétation intégriste et sexoséparatiste de la religion.

Concernant les très jeunes filles on trouve aussi l’inverse, à savoir une forte sexuation des enfants et surtout des très jeunes filles, ce qu’on a appelé le « phénomène Lolita ». Il s’agit plus d’un phénomène publicitaire que d’une pratique réelle massive mais cela existe aussi dans certains milieux sociaux.

Il convient de rapporter ce double regard empirique à un savoir critique établi. A la lecture de « Introduction aux études sur le genre » - page 127 (1) - on apprend que jadis, au Moyen-âge il n’existait pas d’habillement différencié et sexué pour les garçons et les filles (cela ne venait que plus tard ) et il n’y avait donc pas de « renforcement différentiel » des comportements spontanés des très jeunes soit un encouragement à postériori (pas d’injonction à priori) de comportements spontanés et de ce qui est perçu comme masculin chez un garçon et féminin chez une fille.

Ce que les scientifiques spécialisés nomment « renforcement différencié » à propos de l’éducation des jeunes enfants n’a rien d’un comportement dogmatique que des parents très autoritaires imposeraient aux jeunes, comme c’est le cas chez les intégristes religieux sexoséparatistes.

Ce renforcement ne débouche pas nécessairement sur des excès, c’est à dire sur le « phénomène Lolita » dans l’immense majorité des situations mais sur une différentiation féminin-masculin . Cette différentiation est reproduite ensuite par divers mécanismes sociaux (mode, publicité, etc ), ce qui conditionne globalement, plus ou moins fortement, nos regards adultes (hétérosexuels surtout) et les jeux (hétérosexuels surtout) de séduction entre individus adultes. Nous évoluons donc dans ces codes sociaux qui ne sont en rien naturels. On peut donc s’en accommoder (jeux sympathiques) ou les changer (s’ils sont nuisibles), bien qu’ils fonctionnent souvent comme une « seconde nature », avec l’apparence d’une nature stable et intemporelle.

Christian DELARUE

1) Introduction aux études sur le genre (2 ème édition De Boeck - 2012) de Laure BERENI, Sébastien CHAUVIN, Alexandre JAUNAIT, Anne REVILLARD


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