Les religions ni pures ni sataniques. C Delarue

dimanche 12 septembre 2010
par  Amitié entre les peuples
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Les religions ni pures ni sataniques.

A propos des trois grands monothéismes.

Ce qu’il importe avant tout de récuser ce sont les discours sur une religion qui visent à la présenter soit comme belle et bonne absolument soit comme satanique et maléfique. La jeunesse qui veut s’instruire sur les trois monothéismes doit se garder d’une vision uniformisante et absolue qu’elle soit positive ou négative. En matière de religion chacune a, ou a eu, ses « doux » et ses « barbares ». Et on trouve toute la gamme entre les extrêmes. Il faut donc refuser de penser l’homogénéité de chaque religion sur les divers continents et dans l’histoire.

Introduction : Position de celui qui parle.

Pour moi, et contrairement au titre qui annonce une position moyenne et équilibrée, les religions sont de lourdes et grosses machines historiques à faire croire et à imposer des dogmes et des pratiques individuelles et sociales. On dira que d’autres systèmes de pensée produisent de l’obscurantisme et du fétichisme mais cela n’enlève rien aux religions dont c’est la vocation de chaque instant de s’assurer une croyance bien précise. Elles sont donc tendanciellement négatives et la neutralité n’est alors pas possible.

Cependant, dès lors qu’elles ne viennent pas importuner les citoyens il n’y a pas problème. La tolérance vigilante se pratique pour rester dans une situation de bon voisinage. Lorsqu’elles font du prosélytisme le droit de les contrecarrer est évident. C’est une question de réciprocité et de survie car les religions des trois grands monothéismes ont une forte tendance à l’emprise tant sur les esprits que sur les corps.

1) Qu’est-ce qu’une religion ?

Il importe d’abord de fournir une définition - ici celle de wikipédia - de la religion : Une religion est un ensemble de rites, croyances généralement théistes , composé de règles (éthiques ou pratiques), de récits, de symboles ou de dogmes adoptés comme conviction par une société ou un groupe. Par métonymie, la religion peut désigner l’ensemble des croyants, l’éventuelle institution en découlant ou « la religion » en tant que vue d’ensemble des différentes religions. Une religion peut être polythéiste ou monothéiste et, dans le cas du bouddhisme, athée".

Une religion ne se résume donc pas à un texte sacré - toujours partiellement incomplet ou obscure - et à la croyance globale en ce texte. Ce texte fondateur du fait de ces caractéristiques est nécessairement interprété car laconique ou contradictoire dans certains passages, ce qui donne lieu à formation de courants au sein de chaque religion. Cette interprétation tend à produire des dogmes fort contraignants qui obligent les hommes et les femmes à des pratiques distinctives.

De ce fait, il peut y avoir conflit entre les préceptes religieux et les préceptes non religieux issus des sociétés partiellement laïcisées ou clairement laïques qui par exemple défendent des droits humains égaux entre hommes et femmes.

2) Les appareils religieux pour l’interprétation et la diffusion des dogmes.

Les interprètes sont en général officiellement reconnus par un appareil religieux chargé de la diffusion des dogmes et des rites. Souvent cet appareil est masculin. Les trois monothéismes sont d’essence patriarcale. La religion chrétienne trouva même à débattre à une certaine époque de l’existence de l’âme des femmes ! Débat de peu d’intérêt qui montre assez la forte misogynie ambiante. On retrouve d’autres sortes de misogynie dans les autres monothéismes. La femme n’y est jamais l’égale de l’homme. On ne s’étonnera pas de retrouver la haine des femmes chez des athées dans un univers ou la religion est dominante. L’athéisme est une conquête récente et encore assez peu diffusée dans le monde. L’amour des croyants tolèrent assez peu dans certains pays les mécréants. Déjà entre religions la concurrence des dieux dégénèrent souvent en disputes larvées voire en guerres ouvertes. Il existe certes un dialogue inter-religieux mais il peine à toucher dans un même élan les trois monothéismes. D’une certaine manière, les athées ne peuvent que s’en féliciter car ce serait une union contre eux !

Avec l’écoulement de l’histoire le texte sacré est peu à peu et souvent avec des conflits adapté aux conditions nouvelles du développement humain. Cela donne lieu à de nouveaux combats internes au sein de chaque religion entre les partisans de la lecture initiale et les partisans de la lecture d’adaptation. Un autre facteur joue pour créer des différentiations : la lenteur à reconnaitre les faits démontrés historiquement par les scientifiques et toujours reconnus comme vrai par la communauté scientifique. Par exemple l’héliocentrisme (le soleil est au centre de l’univers et non la terre) fut l’objet d’interdits religieux. La Sainte inquisition a déclaré la thèse de Copernic incompatible avec les Saintes Écritures. Képler ( 1571-1630) et Galilée (1564 -1642) qui ont validé les thèses de Copernic ont eu aussi la religion chrétienne contre eux sur des bases dogmatiques.

3) Collusion Etat-religion = danger !

Lorsque l’appareil religieux se confond avec l’appareil d’ Etat et que l’Etat lui même use de son pouvoir propre de contrainte en usant du pouvoir normatif d’une religion alors l’autoritarisme totalitaire est porté à son comble. On le voit avec les Etats islamiques. Mais d’autres références existent avec une moindre collusion (Pologne chrétienne par exemple).

4 ) La religion est amour : la bonne blague !

Les textes sacrés et les pratiques sur la longue durée disent la vérité sur la nature de cet amour. Cet amour n’apprécie que les bons croyants de sa religion mais assez peu les autres et surtout pas les non croyants qui sont des mécréants. Les trois monothéismes n’aiment guère les homosexuels et pas plus les femmes qui s’émancipent des préceptes religieux sur le mariage et la sexualité comme sur tous les aspects de sa subordination ancestrale ou elles ont pu acquérir quelques conquêtes sociales surtout durant la seconde moitié du XX ème siècle. Et si le christianisme fait preuve ici ou là de quelques souplesse d’esprit ce n’est qu’à son corps défendant et à la suite d’un long combat du mouvement féministe. D’ailleurs dès que la victoire n’est pas suffisamment assurée comme en Pologne on voit que cette religion retrouve aisément ses vieux démons. Par ailleurs, chaque monothéisme a dans son histoire de nombreuses guerres à son actif.

5) L’individu et la société doivent s’émanciper !

Ce texte n’est pas entré dans le détail de chaque monothéisme. Et encore moins dans les courants internes de chaque religion. Aujourd’hui un retour réactionnaire du christianisme sévit en Pologne. Un protestantisme réactionnaire se diffuse aux USA. Quant à l’Islam, on perçoit hélas plus les horreurs qui sont commises en son nom - lapidations, sexo-séparatisme en tout genre, etc... - que ses bienfaits.

Contre l’islamophobie ambiante il importe de souligner toujours et encore que les musulmans ordinaires ne sont pas des islamistes barbares tout comme à propos de judéophobie les juifs ordinaires ne sont pas comme les sionistes sanguinaires qui écrasent le peuple palestinien comme la jeune Rachelle Corrie. Pas d’amalgame !

6) Religion et anti-capitalisme.

Se libérer des religions est aussi nécessaire que se libérer du capitalisme financiarisé et productiviste. Ce n’est pas l’un ou l’autre. Ce qui permet de combler ici un oubli de ce texte : peu de religions, à l’exception de la théologie de la libération en Amérique latine, se sont attaquées au capitalisme dominant. Même les mouvements religieux anti-impérialistes en lutte aujourd’hui dans divers endroits de la planète ne sont pas anti-capitalistes. C’est un grave problème pour les luttes nationales de libération, car repousser les USA ou le sionisme ne saurait suffire. On le verra tôt ou tard.

Christian Delarue

Crimes d’honneur : Jesus et la lapidation.

http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article1144

L’Islam n’est pas à l’origine des lapidation pas plus que le christianisme mais ni l’un ni l’autre n’ont condamné ces pratiques barbares, pire il est arrivé plus d’une fois qu’elles furent justifiées par la religion. Aujourd’hui encore plusieurs pays qui se réclament du Coran appliquent ces pratiques barbares.

La lapidation, « preuve extrême de la logique de violence de l’islam »

http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/08/30/la-lapidation-preuve-extreme-de-la-logique-de-violence-de-l-islam_1404384_3232.html

en position contraire lire :

L’infanticide, « preuve extrême de la logique de violence du judéo-christianisme » ?...

http://www.legrandsoir.info/L-infanticide-preuve-extreme-de-la-logique-de-violence-du-judeo-christianisme.html