Les religions des hommes à l’origine de la violence contre l’adultère et surtout contre les femmes.

mardi 7 juillet 2015
par  Amitié entre les peuples
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Evolution des religions et des moeurs

Les religions des hommes à l’origine de la violence contre l’adultère et surtout contre les femmes.

La lecture de l’article de Martine Gozlan « L’adultère est-il encore un péché ? » (Marianne 2013) sur la « désacralisation de la fidélité » m’inspire la reflexion suivante, toujours marquée chez moi, par une double idée, d’abord l’idée du poids réactionnaire des religions, à une époque ou elles étaient quasiment partout du matin au soir et l’idée d’une distribution inégale de la sévérité entre hommes et femmes à une époque ou la sévérité était extrêmement forte et le pardon rare.

L’adultère est de nos jours une phènomène social d’ampleur qui fait l’objet sinon d’une large approbation du moins d’une grande tolérance. Martine Gozlan écrit sur la désacralisation de la fidélité : « Qu’on soit juif, catholique, musulman ou athée, la tendance naturelle est infidèle, la pulsion va vers l’éparpillement, aussi bien pour les femmes que pour les hommes dans le champ ouvert par les métamorphoses occidentales. » On dira pourquoi. Mais d’abord notons l’immense fossé avec le passé pour certains pays ou le grand écart actuel avec des pays qui maintiennent des punitions fortes et violentes.

Des raisons cachées

Comprendre I  : L’adultère n’intervient que très rarement sans raison et c’est pour cela qu’il a cessé peu à peu d’être objet de détestation. Il n’y a pas un ou une qui est le vilain(e) méchant(e) et l’autre la victime innocente. C’est cette mystification, ce mensonge, qui a fait l’objet d’un déni du fait des religions acqueboutée sur le dogme de la fidélité à tout prix ou presque.

C’est le déni multiséculaire de ces raisons qui ont relativisé ici ou là, pas partout loin de là, le poids de la dureté impitoyable des sanctions des religions . Ce déni se nomme alcoolisme, violence, et surtout absence de relations sexuelles dans le mariage. Le mariage présuppose par définition des relations sexuelles. Si ces dernières se font rares voire absentes il ne faut pas s’étonner que l’autre aille voir ailleurs. Le maintien à la maison sur le mode exclusif le tout sans relation charnelle c’est périmé. Et ce sera de plus en plus périmé. Ce qui arrive d’ailleurs, avec l’idée « d’amitié dans le couple » c’est de conserver l’officiel(le) comme ami(e) et de vivre l’amour charnel ailleurs, sans divorcer, ce qu’on nomme trio.

Du vide nait le besoin du plein.

Comprendre II  : Sur le besoin de « vif amour » contre le couple routinier, vidé d’amour authentique. Il y a aussi, il faut le dire car c’est massif, ce qui surgit avec le temps en terme de couple « vide », de couple « simplement cohabitant » ou l’amour vif a disparu. Ce vide dit « routine » laisse ouvert peu à peu la possibilité du tomber amoureux qui ne vient pas de rien et qui n’est pas qu’une affaire de sexe, même si la sexualité y a sa place, une belle sexualité chargée de sentiments tendres pourrait-on dire.

« L’adultère est toujours une mise en danger de la relation » dit Antoine NOUIS sous l’article de Martine Gozlan qui fétichise le couple y compris donc celui tournant à vide, celui tué par la routine. Ce qui met en danger le couple c’est le dépérissement de vif amour qui comprend l’amour charnel au sein du couple. Il dit ’personne n’est à l’abri de tomber amoureux de la personne avec qui il commet l’adultère« Il ne dit pas, ce qui est pourtant vérité : on tombe amoureux parce qu’un vide s’est crée dans le couple officiel. Il est des couples qui sont formés de »simples cohabitants« , de gens qui vivent côte à côte sans sentiments partagés, sans amour charnel, que de la routine matérielle. L’amour véritable a quitté peu à peu le couple officiel et a crée un vide donc une sorte de besoin d’amour vif, »transcendant« (ce Pyramide de Maslow). C’est ce besoin de mélange d’ »amour vif" (sexe et sentiments élevé) qui est méprisé par la doxa et qui est à l’origine de l’adultère. Voilà ce qu’il faut dire en évacuant la glose idéologique qui fait l’impasse sur ce besoin méprisé.

Amour éternel

Là, l’expérience de la relation amoureuse hors mariage est souvent porteuse d’un vif sentiment d’amour surtout lorsque cette relation s’inscrit dans le temps, devient durable. Il arrive alors la chose inouie que la passion amoureuse se mette à perdurer plusieurs années au lieu de se vivre que quelques mois. En somme l’amour vif devient grand amour, et même amour éternel. Martine Gozlan le confirme : « On ne serait donc jamais vraiment infidèle puisque notre vie ne tendrait qu’à recréer des fidélités ? » Et plus loin : « Le plus étonnant, dans l’adultère, c’est la reconstitution des habitudes » : la fidèlité y est réelle. « Fausse » dira-t-on. D’amour authentique répondra-t-on.

Cet amour éternel vrai, authentique quoique parallèle, qui perdure par delà les montagnes de problèmes qui surgissent n’est pas celui que les religions prêchent depuis des siècles, avec violence barbare en sus pour en assurer le maintien. Car l’histoire de l’infidèlité est aussi l’histoire d’une extrême violence des religions dominantes. Elles ont enseigné la plus grande détestation de l’infidélité et les croyants ont appliqué avec zèle. Peu de pardon !

Dans cette application ce sont surtout les hommes qui ont dit la punition et les femmes qui ont subi la sanction. L’infidélité c’est une très très longue histoire multiséculaire de sexisme et de patriarcat ; tout comme d’ailleurs la prostitution.

Christian DELARUE

1) Martine Gozlan "L’adultère est-il encore un péché ?

http://www.marianne.net/L-adultere-est-il-encore-un-peche_a231537.html

http://blogs.mediapart.fr/blog/christian-delarue/150615/les-religions-des-hommes-lorigine-de-la-violence-contre-ladultere-et-surtout-contre-les-femme