Les facettes du refus du « campisme géopolitique ». C Delarue

mardi 1er novembre 2011
par  Amitié entre les peuples
popularité : 17%

Les facettes du refus du « campisme géopolitique ».

Le campisme divisait et divise encore le monde en deux camps opposés.

Jadis  :

Le terme « campisme » et « refus du campisme » provient du mouvement trotskyste et signifie « ni stalinisme ni capitalisme ». Les groupes trotskystes, au-delà des différences d’interprétation entre groupes, se distinguaient
- d’une part du PCF et d’autres groupes politiques qui défendaient de façon a-critique soit l’URSS soit d’autres pays ayant adoptés une forme de stalinisme, de « socialisme » autoritaire et bureaucratisé : Chine pour les maoistes, etc. et
- d’autre part des sociaux-démocrates qui défendaient l’Ouest et le capitalisme .

Chaque organisation trotskyste défendait des modalités différentes de refus du campisme. La LCR pouvait apparaitre « campiste critique » dans la mesure ou même si elle critiquait fermement la dégénérescence des « États ouvriers dégénérés » et donc le stalinisme elle défendait néanmoins toutes les conquêtes d’Octobre 17, ce qui pouvait déboucher sur des positions d’apparence campiste . En fait, ce campisme était très relatif car elle soutenait surtout les courants marxistes qui à l’Est voulaient une révolution antibureaucratique. L’OCI puis le MPPT était plus nettement en refus du campisme : ni Est, ni Ouest, lutte de classe internationale.

Mais peu importe cela aujourd’hui, après la période de la « chute du mur » (1989 - 1991) et de la transition vers le capitalisme. Le terme a pris un autre sens.

Aujourd’hui,

Le refus du campisme prend d’autres formes.

1) Ce refus signifie d’emblée « ni Occident, ni Orient ».

D’abord cette coupure est largement idéologique dans plusieurs domaines. Elle fait l’impasse sur le classisme, c’est à dire sur les profonds clivages internes qui opposent les oligarchies du Nord (comme celles du Sud) contre leur peuples-classe.

Ensuite si le soutien et la solidarité doivent aller nettement aux peuples opprimés du Sud ou d’Orient, il ne s’agit pour autant de soutenir de façon a-critique les composantes réactionnaires et autoritaires (cf aux groupes islamistes qui imposent lourdement et durement des mœurs sexo-séparatistes ). Cette réserve ne saurait empêcher la solidarité envers les peuples-classe opprimés.

2) Autre variante proche : On ne saurait non plus se faire des illusions sur les bourgeoisies compradores du sud si l’on milite pour l’émancipation des peuples-classe. On retrouve là une autre variante celle diffusée dans le syndicalisme et la gauche politique.

Ce refus du campisme s’oppose bien à une vision trop binaire d’un monde clivé entre Sud et Nord en affirmant qu’ : « Il y a du Nord au Sud et du Sud au Nord ». Mais là encore, il peut y avoir des différences d’appréciation. Pour certains, le sud au nord se limite aux pauvres (les chrétiens sociaux) ou aux « couches populaires » (ouvriers et employés) alors que pour d’autres le sud sera l’ensemble du peuple-classe soit 97 à 99 % de la population.

3) Une troisième variante défend les droits humains transversalement à toute frontière. C’est le cas pour les antiracistes mais aussi pour les groupes féministes critiquent le sexisme tant au nord qu’au sud, hors toute référence de « camp ».

Christian DELARUE

Oct 2004 (repris en 2009)

Membre de la commission « mondialisation » du MRAP


Brèves

9 novembre 2017 - Facebook - Amitié entre les peuples - site

Facebook - Amitié entre les peuples - site
https://www.facebook.com/amitieentrelespeuples/?pnref=lhc

26 janvier 2016 - Christian DELARUE, des engagements, un parcours militant

Christian DELARUE, des engagements, un parcours militant
http://amitie-entre-les-peuples.org/Christ

12 novembre 2012 -  Peuple-classe - 99%

Peuple-classe - 99%
https://www.facebook.com/peupleclasse.peuplesocial/?fref=ts