Le social pose la question de l’en-bas. C Delarue

samedi 16 août 2014
par  Amitié entre les peuples
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Le social pose la question de l’en-bas.

Mais elle le fait de plusieurs manières : charité, droits sociaux, autogestion, Etat social, définir les « couches populaires » : en-bas large ou plus réduit, prise en charge des besoins sociaux, des classes sociales, de la lutte des classes, des syndicats, des institutions dites sociales, etc. Le champ est vaste.

Spécificité du social

Le social pose des questions qui ne sont pas posées d’emblée par d’autres ordres ou secteurs ou paradigmes comme l’économie (l’économique) ou la nation (le national) ou le culturel (langue, mode de vie). On dit de nos jours que les politiques d’austérité (ou austéritaires) sont antisociales car elles appauvrissent largement (en-bas large), soit le peuple social (90% d’en-bas) soit même le peuple-classe (99% d’en-bas). La contestation de ces politiques tendent à la promotion d’alternatives économiques, sociales et fiscales qui sont dites sociales voire socialistes.

1 - Social réduit ou social élargit.

Mais le social se rapporte souvent à un en-bas très réduit (les pauvres) ou intermédiaire (les ouvriers et employés modestes). Le social se comprend soit de façon caritative soit de façon lutte globale de libération de la domination de classe. Le social a en quelque sorte ses niveaux implicites ou explicites en terme de fraction de peuple mais aussi ses modes de mobilisation soit passif (objet d’attention externe) soit actif (sujet de mobilisation d’émancipation). Mère Thérésa allait chez les pauvres, vivait comme les pauvres, aidait les pauvres mais ne cherchait pas à un changement de conditions et de statut pour eux en termes de justice sociale comme le faisait la théologie de la libération à une certaine époque. Le social compris de façon caritative est une façon d’accepter l’ordre social global hiérarchisé qu’il soit national, continental ou mondial. Soit c’est l’Etat qui adopte des politiques publiques dites sociales à l’égard des publics ciblés jugés pauvres ou modestes. Soit ce sont des personnes privées - individus ou associations - qui dans une optique libérale ou religieuse donne de l’argent ou des biens ou service à des individus pauvres.

2 - L’économique et le national, pour réduire le social.

L’économie étudie les questions de la création de la monnaie par les banques et plus largement le rôle de la finance privée et publique . Plus classiquement l’économie étudie les conditions de la production des biens et services soit dans un cadre marchand (loi de l’offre et de la demande pour les libéraux ou règles concurrentielles pour les néolibéraux) soit dans un cadre non marchand (services publics). Produire pour un client n’est pas identique à produire pour des usagers. Dans le premier cas on trouvera un rapport social de solvabilité (ou non), dans le second un rapport social d’accès (ou non). L’économie étudie aussi l’échange marchand (commerce - valeur d’échange) et la distribution non marchande (valeur d’usage) de ces biens et services.

Le social lui, se rapporte à la justice sociale, aux questions de lutte contre les inégalités sociales, à la solidarité avec les pauvres ou plus largement avec les couches sociales pauvres et modestes ou plus largement encore avec le peuple social (les 90% d’en-bas). L’économie est plus liée à l’idée de liberté, d’entreprise et de propriété privé chez les libéraux à la construction d’un ordre concurrentiel chez les néolibéraux. Mais la propriété publique existe aussi. Elle a même son droit, son code désormais et sa jurisprudence, les règles de la domanialité publique pouvant être assez complexe.

3 - « L’inclus » orienté vers la démocratie citoyenne, non vers les luttes sociales !

Le « national » évacue très souvent la question sociale pour porter le regard sur l’extérieur, soit seulement l’oligarchie étrangère (ce qui peut se défendre), soit plus globalement contre le ou les peuples-classe étrangers . Là l’aspect xénophobe et raciste est bien présent et parfois affiché sans détour. Quand le discours « national » se préoccupe du social, il peut s’agir des services publics nationaux et c’est positif mais il peut aussi s’agir d’un social au rabais : du social-caritatif privé ou public. Car ce qui est national se rapporte à une entité globale ou le « vivre ensemble » est mis en avant. Il va alors moins s’agir de s’occuper du social au sens fort que de s’occuper de réduire les exclusions et ainsi participer à la cohésion sociale dans le cadre national . Dans cette vision du monde le smicard est un inclus qui n’a pas plus à se plaindre qu’un riche. Il a un emploi, des revenus. Ici un biais tactique va orienter les travailleurs « inclus » vers la démocratie citoyenne - qui change qh’à la marge les situations sociales - plutôt que vers les syndicats et les luttes sociales.

4 - Social réduit et sociétal élargit

Si le social est entendu de façon réductrice il arrive que le culturel et le sociétal soit bien pris en charge. En ce sens une certaine dynamique - encore limitée - veille au titre de la diversité à ce qu’il n’y ait pas des discriminations diverses (racistes, sexistes, homophobes) qui frappent ces travailleurs et travailleuses, dans ou hors le travail.

5 - La nation aime le profit des entreprises !

Le fait qu’il y ait beaucoup de précarité, de travailleurs restés « collés » au smic malgré les années de travail n’est qu’un souci « social » très secondaire pour qui se préoccupe surtout de l’économie, des entreprises et de leur profit. A ce stade, il convient de rappeler la forte collusion entre souci de l’entreprise capitaliste et souci de la nation chez les dirigeants. Il existe des entreprises non capitalistes qui ne fonctionnent pas vers la recherche du profit d’abord. Plus cette recherche est faible moins elles sont capitalistes et plus elles sont sociales. On dira en outre qu’elles sont solidaires et écologique, ces aspects les distinguent du « capitalisme vert » qui produit des biens plus écologiques pour les riches et les couches moyennes supérieures.

Le social vient souvent en complément de l’économie dominante pour soigner les blessés de la lutte de classe. Il y a les métiers du social et du sanitaire mais aussi les politiques de l’économie sociale et solidaire. On trouve aussi concernant le développement durable l’articulation des trois cercles de l’économique, du social et de l’écologie ou c’est le cercle « économique » qui est présenté comme base. L’alternative est de dire que l’humain est dans le social !

Christian DELARUE


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