Le problème du souverainisme -C Delarue

samedi 28 mai 2016
par  Amitié entre les peuples
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Le problème du souverainisme

Idéologie d’un discours : Le souverainisme ne vaut et ne tient que par les échecs des partis de gauche (à gauche du PS), des syndicats de travailleurs, des forum alter-europe (Malmoë et Istanbul) et du mouvement altermondialiste face à l’intensification de la guerre sociale menèe par les petites minorités oligarchiques. C’est donc pour l’essentiel un discours de repli et une forme de cécité sur ce qui se fait en interne, car il y a accord sur le danger externe.

I - L’effet convergent du double discours du souverainisme

Le souverainisme- discours sur la souveraineté que l’on va discuter plus loin - met l’accent (en général) sur deux points : - l’un en interne sur la démocratie (réellement existante ie telle qu’elle se manifeste via ses élus ou plus rarement de façon réaménagèe ; - l’autre en externe contre un ennemi extérieur, par exemple l’oligarchie allemande ou l’oligarchie européenne (thèmatique de gauche) mais l’ennemi extérieur peut être « l’Allemagne » (globalement) ou les migrants (thématique de droite nationale).

Ce faisant, le souverainisme - par ce double discours - recentre le discours et la vision du monde et de ses conflits sur la Nation, sur un « Nous » faussement uni et fraternel, au détriment du « social », montrant lui une conflictualité interne plus ou moins forte entre les classes sociales, entre la classe dominante et le reste de la société . Autrement dit le souverainisme montre un ennemi extérieur mais point d’ennemi intérieur et si exception il y a - ex Sarkozy -, alors ce ne sera pas l’oligarchie nationale (version gauche) mais plutôt (version droite extrême) les résidents étrangers, les jeunes des banlieues, les fonctionnaires en grève, la CGT , etc, bref des gens d’en-bas ! Il y a surtout donc oubli des rapports de force internes entre capital et travail (in Que faire de l’Europe ? Désobéïr pour reconstruire ATTAC et Fondation Copernic - page 104 - Ed LLL 2014). Et c’est un oubli grave dans la période de double agression du peuple-classe 99% !

II - Souveraineté de quoi ? Lordon et Sapir 2013.

Classiquement, en droit public et en science politique, on distingue « souveraineté de la nation » et « souveraineté du peuple » On doit à F Lordon sa réactualisation en disant que la première (la nationale) est « de droite » car la Nation comme tout abstrait se ramène en fin d’explicitation aux élus et aux élites qui commandent et reproduisent l’ordre néolibéral existant et la seconde (la populaire) est « de gauche » car le en-haut et le en-bas sont ici réintroduits au profit du peuple contre les élites et ici les élites ne sont que des commis devant satisfaire les besoins sociaux du peuple via des institutions comme le service public, l’appropriation publique, la planification démocratique, etc.

Les position de JLM sont assez proches de cette conception . Ce n’est alors pas une minorité oligarchique prédatrice qui se sert d’abord (clientélisme et corruption) et qui devient « ploutocratie de marché » système qu’elle défend bec et ongles au nom de la liberté économique de l’entreprise mais l’activité d’une sorte d’élite bienveillante (éthique), tournèe vers son peuple dans toutes ses composantes. Mais l’infrastructure systèmique freine l’émergence de ce type d’élites « éthique » qui certes dominent toujours mais autrement, en « bon père de famille » comme disent les civilistes. Un « bon capitalisme » n’est plus guère concevable. Il faut en faire le deuil, tout autant d’ailleurs que du vieux socialisme bureaucratique façon Staline afin de s’aventurer sur des pistes nouvelles. L’alternative systèmique est faites des alternatives sectorielles cumulèes, massivement défendues par ceux d’en-bas, par les différentes classes et couches populaires.

Revenons à F Lordon : Le problème dans la dynamique concrète actuelle est souligné par J Sapir (qui répond à F Lordon) qu’il faut d’abord la souveraineté comme condition d’une démocratie qui en quelque sorte ne vient qu’apès et pour un résultat variable (2013). Pour lui, « il n’y a qu’un souverainisme » et il enfonce le clou en disant qu’il n’y a pas fonctionnellement de différence radicale entre « souveraineté nationale de droite » et « souveraineté populaire de gauche » à ce niveau d’analyse.

III - Sortir du souverainisme : voir les rapports sociaux et peser pour l’Alternative et les émancipations.

Les souverainistes disent souvent « Il y a un »peuple français« en 2005 qui a refusé le TCE » mais il n’a pas forcèment refusé le mode de production capitaliste, soutenu par le MEDEF en France. Par contre il est possible de mobiliser un peuple-classe 99% contre les petites minorités oligarchiques, aussi bien celle de France que celle de l’Union européenne. Le registre de l’émancipation, même sommairement abordé, implique aussi d’intégrer la lutte antisexiste et antiraciste. Et là, sur le plan de la lutte contre l’islamophobie il convient de ne pas soutenir l’intégrisme musulman sexoséparatiste. C’est important de tenir les deux bouts de la lutte.

Chri Delarue


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