Le « non » irlandais - déclaration d’Yves Salesse

lundi 23 juin 2008
par  Amitié entre les peuples
popularité : 5%

devant la coordination des collectifs unitaires - le 13/6/08

Après les Français et les Néerlandais, les Irlandais. Les commentateurs et les responsables politiques rivalisent d’ardeur pour dénoncer le NON des Irlandais. Nous ne disposons pas des études permettant d’analyser tous les ressorts de ce vote. Mais une chose est sûre : à nouveau, un peuple consulté dit NON à la façon dont est menée aujourd’hui la construction européenne.

Voici quelques mois, les gouvernements de l’Union européenne se sont entendus pour éviter toute consultation populaire sur le nouveau traité, frère jumeau du traité constitutionnel. Nicolas Sarkozy et une majorité de parlementaires de droite, du centre et de gauche se sont donné la main pour revenir sur notre vote du 29 mai 2005. Voici quelques jours, les gouvernements se sont entendus sur un projet de directive qui autorise 65 heures de travail hebdomadaire. Le ministre français a voté pour. Les gouvernements se sont entendus sur un projet de directive très dur sur la rétention et l’expulsion des étrangers. Le ministre français a voté pour.

Il est temps de comprendre que l’Union européenne menée sans l’avis des peuples ou contre l’avis des peuples est une impasse. Il est temps de comprendre que l’Europe libérale, la mystique du marché, la mise en concurrence toujours plus intense des uns avec les autres est une folie. Il est temps de comprendre que l’Europe forteresse est une illusion mortifère.

Il est d’autant plus nécessaire de lutter pour une autre Europe, démocratique, sociale, écologique. Toutes les forces de la gauche antilibérale, de la gauche de transformation sociale ont déjà fait de nombreuses propositions traduisant cette autre Europe. Nous devons, dans les mois qui viennent, notamment à l’occasion de la présidence française, faire entendre cette autre voix.