Le MRAP dans l’altermondialisation - Toulouse 2008 (Français - English)

mercredi 27 août 2008
par  Amitié entre les peuples
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UNIVERSITE CITOYENNE D’ATTAC - TOULOUSE AOUT 2008

Plénière sur l’altermondialisme

Intervention de Christian DELARUE (*) au nom du MRAP (**) membre co-fondateur d’ATTAC

Sources : sites ATTAC France, ATTAC Wallonie-Bruxelles et MRAP

A ce stade du débat, je voudrais rebondir sur la « métaphore du métro » qui distingue les grands voyageurs des petits afin de positionner la participation du MRAP – Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples - dans le mouvement. En clair, est-il un « second couteau » du mouvement global ou un acteur essentiel ? Mais auparavant il me faut rappeler la distinction entre altermondialisme et altermondialisation.

I - Quelle articulation de la dynamique réelle et de la perspective alternative ?

- La « summa divisio »

L’altermondialisme représente le discours sur l’autre monde possible tel qu’évoqué par la Charte de Porto Alègre. Il s’agit d’un discours qui combine deux caractéristiques : il est pluriel, il ne vient pas d’en haut. Il convient de préciser que cette spécificité - pluralité et l’horizontalité - n’exclue pas les théories globalisantes, qui visent à réunir dans un corpus cohérent les alternatives au néolibéralisme. Simplement de telles théorisations ne font qu’éclairer le débat dans le respect des autres discours ou théories sur l’autre monde.

L’altermondialisation c’est d’abord le mouvement réel. L’altermondialisation se rattache aux processus hétérogènes de construction (d’une autre mondialisation). L’altermondialisation qu’on la définisse comme mouvance ou comme mouvement de mouvements c’est toujours le grand mouvement hétérogène et de longue durée qui fait participer une multitude d’acteurs dont certains sont nettement altermondialistes mais aussi d’autres acteurs à objet plus limité. Voilà pour le premier sens - large, englobant - du terme d’altermondialisation .

- La division secondaire

Mais on ne peut en rester à cette grande distinction (altermondialisme théorisé et altermondialisation historique réelle). Il faut aller plus loin pour saisir la complexité du mouvement en explicitant la subdivision interne à la mouvance globale. En effet dans le train de l’altermondialisation au sens large on peut distinguer d’une part le (ou les) mouvements altermondialistes (1) ceux qui comme ATTAC portent dans le réel plusieurs alternatives relativement articulées pour être efficace quant au but visé : « l’autre monde » et d’autre part les acteurs à buts limités ceux que l’on pourrait nommer d’altermondialisation mais ici au sens restreint de divers mouvements ne s’attaquant qu’à une forme particulière d’oppression ou de domination, de diverses pratiques sociales concrètes mises en débat dans les forums sociaux.

C’est à ce point que je souhaite rebondir sur l’image du métro et préciser la position du MRAP.

II – Le MRAP comme mouvement altermondialiste « par extension »

Le MRAP est-il durablement un acteur de l’altermondialisation entendue comme mouvance ou comme « mouvement de mouvements » ? Si oui est-il alors altermondialiste ?

- Réaliser l’objet statutaire du MRAP suppose son inscription dans un mouvement plus large

Que l’antiracisme soit l’objet d’une association spécifique de lutte comme le MRAP ne pose pas de problème mais il me semble aussi acquis que cette lutte s’articule ou s’appuie sur d’autres qui concernent l’extension des droits sociaux, le logement de qualité pour tous, les biens communs, la présence de services publics dans les quartiers délaissés. A ce titre la participation du MRAP à ATTAC et plus largement à l’altermondialisation ne fait pas de doute, et ce dans la longue durée.

- Au delà, en quoi le MRAP peut-il se dire altermondialiste ?

Dans cette dynamique globale et plurielle le MRAP est-il altermondialiste ou simplement un mouvement à objet restreint (altermondialisation au sens étroit). Il me semble qu’il est l’un et l’autre et notamment un mouvement altermondialiste . Avec les années, via la participation du MRAP dans ATTAC et dans les divers forum sociaux, le MRAP est bien devenu un mouvement altermondialiste au sens de mouvement agissant consciemment pour un « autre monde ». Ici, tout dépend de ce que l’on entend par autre monde.

- Autre monde ?

Certes il s’agit de vouloir autre chose qu’un monde meilleur, ce qui ne signifie pas choisir entre réformes et révolution (une autre problématique que je n’aborde pas et qui hors l’objet statutaire du MRAP). Pour autant ,le MRAP ne s’inscrit ni dans la perspective du socialisme antidémocratique antérieur ni même dans un néosocialisme du XXI siècle porteur d’alterdémocratie, d’écologie en précisant que ce néosocialisme souhaité ici ou là ne sera sans doute pas identique en Amérique latine, en Afrique, en Asie, en Europe, notamment quant à l’articulation de la religion et de la laïcité.

Sur cet autre monde, aucun congrès du MRAP n’a discuté de son contenu , c’est évident. Par contre le MRAP souhaite un monde sans racisme et sans colonialisme ni impérialisme comme d’autres acteurs amis veulent un monde sans sexisme, un monde sans guerre (ce qui ne signifie pas totalement pacifié au plan relationnel), un monde où le marché sera régulé et même circonscrit, un monde où les autres rapports sociaux de domination, d’exploitation, d’oppression seront abolis. Si le capitalisme articule ces diverses dominations dont certaines ne sont pas générées par lui (comme le sexisme et le racisme) alors l’alternative globale au capitalisme articulera lui aussi diverses libérations de dominations.

Petite parenthèse : pour ces raisons, j’ai proposé dans un autre débat d’ajouter à la Charte de Porto Alègre, qui critique à raison mais de façon trop exclusive le capitalisme et l’impérialisme, les références à quatre exigences : l’alterdémocratie, l’écologie, le non sexisme et le non racisme.

Si l’on accepte cette compréhension du réel et du voulu alors le combat propre du MRAP s’inscrit à la fois dans la dynamique d’altermondialisation et dans la perspective altermondialiste. Il est donc bien un mouvement altermondialiste.

* Christian DELARUE est membre du Bureau exécutif et du Conseil d’ Administration du MRAP
** MRAP : Mouvement contre le Racisme et l’Amitié entre les Peuples

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1)L’altermondialisme, un processus de long terme porteur d’alternatives

par Susan George, Jean-Marie Harribey, Gustave Massiah, Chico Whitaker

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The MRAP and alter-globalization

ATTAC Citizens’ University – Toulouse, August 2008

Translated from French by Lorraine Buckley for Coorditrad.


Plenary on alter-globalism

Speech by Christian DELARUE , on behalf of the MRAP , founder member of Attac

At this stage of the debate, I would like to go back to the ‘subway metaphor’ which distinguishes the big travellers from the small ones, so as to situate the MRAP – the Movement against Racism and for Friendship between Peoples – within the movement. In other words, is it a ‘second fiddle’ in the global movement or a fundamental actor ? But first of all, I need to recall the distinction between alter-globalism and alter-globalization.


I- What are the connections between the dynamics on the ground and the alternative vision ?

- The ‘summa divisio’

Alter-globalism is the discourse about ‘another possible world’ as evoked by the Porto Alegre Charter. This discourse combines two characteristics : it is plural and it does not come from above. It is worth clarifying that this specificity – being plural and horizontal – does not exclude globalizing theories, which aim to assemble a coherent corpus of alternatives to neo-liberalism. Just that these theorizations simply illuminate the debate while respecting other discourses or theories on the ‘other world’.

Alter-globalization is first of all the movement itself. Alter-globalization is linked to the heterogeneous building processes (of another globalization). Alter-globalization, whether one defines it as a tendency or as a movement of movements, is in any case a large, heterogeneous and lasting movement, comprising a multitude of actors, some of whom are clearly alter-globalists, but there are also other actors whose objectives are more limited. So that is the first sense – broad and inclusive – of the term alter-globalization.

- The secondary division

But we can’t leave it at this one main distinction (the theory of alter-globalism and real, historic alter-globalization). We have to go deeper to grasp the complexity of the movement, by specifying the internal subdivisions within the global movement. In fact, on the alter-globalization train (in the broader sense), we can see on one hand the alter-globalist movement(s) , those such as ATTAC who bring into the real world several alternatives which are relatively well developed and could be effective as far as our aims are concerned : ‘another world’ ; and on the other the actors whose aims are more limited ; one could say they belong to alter-globalization, but here in the narrow sense of different movements which are only struggling against one specific form of oppression or domination, of different actual social practices debated in the social forums.

At this point I would like to go back to the subway metaphor and make MRAP’s position explicit.


II- The MRAP as an alter-globalist movement by extension

Is the MRAP a long-term actor in alter-globalization in its sense of tendency or movement of movements ? And if so, is it alter-globalist ?

- Realizing MRAP’s statutory goals presupposes its belonging to a broader movement

There is no problem with anti-racism being the main objective of a committed organization such as the MRAP, but it also seems a given to me that our struggles should be linked to or supported by others concerning extension of social rights, decent housing for all, public goods, public services in underprivileged areas. Hence MRAP’s commitment to ATTAC, and to alter-globalization in general, is certain, and for the long haul.

- Apart from that, what can the MRAP call itself alter-globalist in ?

Within these global and plural dynamics, is the MRAP alter-globalist or simply a movement with limited objectives (alter-globalization in the narrow sense) ? I think it is both, and specifically an alter-globalist movement. Over the years, thanks to MRAP’s belonging to ATTAC and taking part in the various social forums, the MRAP has really become an alter-globalization movement in the sense of a movement deliberately striving for ‘another world’. Here, it all depends on what one means by another world.

- Another world ?

Of course, it’s about more than just wanting a better world, which doesn’t mean choosing between reforms and revolution (another problem which I am not going to tackle and which is outside MRAP’s statute). Despite that, the MRAP subscribes neither to the old antidemocratic socialist view, nor to 21st century neo-socialism bringing alter-democracy and ecology, while pointing out that the neo-socialism aspired to here and there will certainly not be identical in Latin America, in Asia and in Europe, in particular as far as treating religion and secular status are concerned.

Naturally, no MRAP meeting has ever discussed what the ‘other world’ should comprise. Nevertheless, the MRAP wants a world without racism and without colonialism or imperialism, just as our other actor friends want a world without sexism, without war (which doesn’t mean a totally pacified world on the inter-relations front), a world where the market is regulated and even circumscribed, a world where other social relations of domination, exploitation and oppression are eliminated. If capitalism comprises these diverse forms of domination, some of which are not generated by capitalism itself (such as sexism and racism), then the global alternative to capitalism must also include diverse freedoms from dominations.

A small aside : these are the reasons why in another debate I proposed adding to the Porto Alegre Charter, which rightly but too narrowly, criticizes capitalism and imperialism, a reference to four demands : alter-democracy, ecology, non-sexism and non-racism.

If this understanding of the real situation and aims on the ground are accepted, the MRAP’s specific struggle is situated both within the dynamics of alter-globalization and within the alter-globalist perspective. So then it is certainly an alter-globalist movement.


Brèves

27 avril - UE : Refus du travaillisme - RTT 30H hebdo

UE : Refus du travaillisme - RTT 30H hebdo
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30 mai 2010 - TravaillismExit - RTT partout en Europe !

TravaillismExit - RTT partout en Europe !
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