Laïcité et encadrement de la liberté de prier en public. C Delarue

lundi 28 juin 2010
par  Amitié entre les peuples
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Laïcité et encadrement de la liberté de prier en public.

lundi 28 juin 2010

http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article1148

Que faire de la prière en public sur la rue ? Laissez faire, autoriser mais encadrer ou interdire !

On distingue deux laïcités : l’une dite de combat qui repousse les manifestations de religion dans la sphère privée (cf JP Chauvin) et une autre qui s’accommode de l’expression de la religion dans la société civile . La première version participe plus de la sécularisation des religions que de la laïcité or on ne saurait confondre un phénomène social et historique et un dispositif juridico-institutionnel . La seconde qui s’appuie sur la liberté de conscience reconnue par le droit risque de faire la part belle à la religion, aux religions et donc de favoriser leur emprise dans la société civile. Quand les religions ne sont pas bridées, elles se répandent sans vergogne. C’est là leur dynamique naturelle qui rencontre cependant une aversion tout aussi naturelle dans la société.

C’est pourquoi des mesures d’ordre public peuvent être prises pour limiter cette expression. Le principe de la liberté d’expression est reconnu mais il n’est pas absolu et tout puissant. Comme souvent en droit il rencontre d’autres principes qui viennent le limiter, le borner. Il semble que cette façon de voir s’applique aussi bien au voile intégral - que l’on doit enlever en certaines circonstances - qu’à la prière dans la rue car prier dans la rue constitue une gêne . Ce n’est pas prier sur une place excentrée.

Il convient ce faisant d’éviter les situations discriminatoires ainsi que le précise le sociologue Stéphane Lathion, auteur d’un livre sur l’intégration de l’islam dans les sociétés européennes. Si la prière est encadrée et circonscrite pour les musulmans identitaires, elle doit l’être pour les chrétiens intégristes ou les juifs. Cet auteur préconise de discuter avec les communautés musulmanes sur leurs demandes. Cependant la discussion n’est pas sans objectif. Par exemple la prière peut être plus réduite dans le temps, les piétons doivent pouvoir passer pendant le temps de la prière. Cela ne règlera pas la question du sexo-séparatisme qui voit les hommes prier dehors mais quasiment pas les femmes ni la question des remarques aux femmes en jupe. Mais par ce biais une première série de problème serait ainsi réglée.

Pour aller plus loin, il faudrait favoriser la construction de lieux de cultes. Les communes ont construits des centres culturels sur la base de la loi de 1901 pour respecter la loi de 1905 tout en sachant que ces centres sont de fait des centres cultuels. La solutions n’est pas satisfaisante mais on ne saurait guère aller plus loin dans un Etat laïque.

Christian Delarue

Caroline Fourrest et la prière dans la rue.

Ne pas soutenir l’apéro très peu laïque mais d’extrême-droite, ce n’est pas pour autant approuver toutes les dérives de la prière dans la rue, c’est ce que pointe ici in fine Caroline Fourrest.

10725-11.06.2010-ITEMA_20231186-0.mp3 (Objet audio/mpeg)

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