Laïcité à l’école : la religion dans l’assiette ? revue Emancipation

dimanche 22 janvier 2012
par  Amitié entre les peuples
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Laïcité à l’école : la religion dans l’assiette ?

par Rédaction de la revue Émancipation

Voici la lettre que l’équipe d’une école ZEP de Nantes a adressée à l’adjoint à l’éducation et au maire concernant la question des repas pour musulmans à la cantine.

Le 28 novembre 2006, s’est tenue une rencontre entre les directeurs et les adjoints à l’éducation de la Ville. A cette occasion a été soulevée la question des repas « sans viande » revendiqués par quelques familles musulmanes. Jusqu’ici, le service restauration avait une position ferme et conforme à la loi républicaine : « la République respecte tous les cultes mais n’en protège aucun ». Elle sert donc des rations de protéines, dont de la viande, les enfants doivent y goûter, c’est ainsi !

Lors de cette réunion nous avons découvert un changement de position de la Ville qui serait prête à accepter que les enfants de famille musulmane ne mangent pas de viande, en soient privés au nom des convictions religieuses, pour ne pas les exclure...

Voici pourquoi, il nous semble extrêmement important de rester ferme sur cette règle :

1-L’école de France est laïque, elle doit le rester : prières, interdits religieux y compris alimentaires n’y entrent pas.

2-Accepter que les enfants dont les parents sont de confession musulmane ne mangent pas de viande quand les autres en mangeraient créeraient de fait une ségrégation. Autrement dit, sous couvert d’intégration et du « droit » de manger à la cantine, se constitueraient des tables avec ou sans viande... Le communautarisme, contraire à la loi républicaine, s’imposerait ;

3-Ce serait valider une interprétation rigoriste de l’islam et par conséquent permettre aux musulmans radicaux de mettre la pression sur les familles musulmanes laïques considérant que leur foi est du domaine du privé.

4-Ce serait créer un précédent en donnant raison aux « intégristes ». Ils auront la légitimité pour réclamer de nouveaux « droits ».

Alors jusqu’où accepterait-on d’aller par souci de tolérance et de respect des convictions religieuses : le refus de la mixité dans les salles de sport, à la piscine, à la couchette pour les petits... dans les autres lieux publics ?

Peut-être n’avez vous pas bien mesuré ce qui se passe dans les quartiers à ce sujet ?

En cette veille d’élection, et après, n’est-il pas important d’être très rigoureux et la règle qui s’applique actuellement à Nantes ne devrait-elle pas l’être dans les autres communes, dans le premier comme dans le second degré dans un souci de cohérence ?

La citoyenneté, la tolérance sont le contraire du renoncement, de l’acceptation de règles portées par des lobbies religieux.

Nous ne pourrons, nous enseignants de l’école publique, cautionner une règle qui nous mettrait en porte-à-faux vis à vis de notre conscience et de nos missions. Dans l’attente de votre réponse...

(article téléchargeable en PDF avec le reste de la revue sur :
http://www.emancipation.fr/spip.php?article81


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