La « vie chère » partout ou le marché comme rapport social. C Delarue

mercredi 25 février 2009
par  Amitié entre les peuples
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SOCIAL

La « vie chère » partout ou le marché comme rapport social .

Le peuple-classe de Guadeloupe vient de poser avec vigueur et non sans perte (J Bino dcd) la question de la « vie chère ». Or cette question se pose dans tous les pays. Il n’y en a pas un seul ou la classe dominante ne s’approprie le surplus au détriment de son peuple-classe. La question mérite différentiation. Je renvoie ici à
- Pour la France
REPRENDRE L’OFFENSIVE CONTRE SARKOZY ET LE MEDEF

- Pour l’internationalisme des peuples-classe.
L’amitié entre les peuples-classes subissant des dominations différentes.

Pour répondre à cette question de « la vie chère » il faut penser à intégrer la question du temps. Si l’on pense au temps long alors on posera les jalons d’un alter-développement qui place le recul du marché avec des services gratuits et des productions planifiées démocratiquement. Par contre si l’on reste dans le temps court, celui de l’urgence, alors la réponse passe par l’augmentation des salaires et des minima sociaux. La lutte contre « l’imaginaire industrialiste » qui promeut la voiture pour tous ne passe pas d’abord par la décroissance pour les couples de moins de 6000 euros par mois (2 x 3000). Une chose est claire : il faut que l’on commence par en-haut, d’abord par les très riches puis par ceux qui ont des revenus à 5 chiffres ! Cela ne signifie pas que rien ne doit être entrepris à l’attention de tous et notamment à l’encontre de ceux qui consomment plus que la planète peut supporter. Mais l’important c’est de donner un signe et une ligne de classe à l’écologie !

Une réponse altermondialiste doit pouvoir combiner revendications syndicales d’urgence et projet global pour sortir de la marchandisation du monde.

Le marche clive le salariat.

La vie de chacun est marqué par des relations interpersonnelles diverses qui ne saurait masquer une inscription dans de multiples rapports sociaux dont certains très contraignants. Les premiers sont choisis (relativement car il y a quand même un cadre historique et social), les second sont beaucoup plus contraints et marqués par la nécessité : il faut travailler, il faut se loger, il faut payer des impôts, etc. A chaque fois l’individu est situé car il entre dans un rapport social et ne peut faire autrement, rapport qui possède des caractéristiques précises et typées plus ou moins conflictuelles. Tout cela est assez connu. Ce qui l’est moins est de voir le marché, l’accès
au marché comme un rapport social.

Ici, on doit distinguer celui ou celle qui épuise intégralement son salaire (ou son revenu) mensuel chaque mois de celui qui est chaque mois en capacité de dégager un excédent pour l’épargne. Cela est considéré comme un contradiction secondaire au regard de la contradiction principale qui tient dans l’extorsion de la plus-value dans l’exploitation de la force de travail au sein de la production. Secondaire aussi en fonction d’une vision en terme de processus et donc dynamique du social qui en l’espèce voit les conditions des couches salariales moyennes aisées chuter. Il ne s’agit donc pas de défendre seulement les désaffiliés du salariat (R Castel), ou les seuls salariés constamment endettés ou à la limite de l’endettement mais l’ensemble des salariés car les couches moyennes plongent dans la vie bridée, restreinte.

Ou se situe la barre entre celui qui épuise intégralement son salaire de celui qui est en capacité de dégager un excédent chaque mois ? Le montant est variable suivant la composition de la famille. Certains auteurs nomment « prolétaires » les seuls salariés qui non seulement vendent leur force de travail pour vivre mais épuisent leur salaire à la reproduction de la force de travail et à l’entretien de la famille. Les prolétaires - au sens étroit du terme- sont très handicapés pour l’achat
d’un logement, même de qualité médiocre, alors qu’il s’agit bien essentiel à la vie car ce bien très coûteux au regard de la capacité d’épargne nécessaire.

Le syndicalisme de classe combat ce clivage

Les syndicats de salariés - certains du moins - ont le mérite de défendre bec et ongle le salaire et de faire ainsi le lien entre 3 champs de la vie humaine.

1 - celui de la sphère de la production ou le salaire vise à compenser l’exploitation de la force de travail, et ce en lien avec la qualification ;

2 - la sphère de la circulation marchande, puisque le salaire augmenté participe de la défense du pouvoir d’achat face au marché et aux vendeurs en tout genre. On travaille d’abord par nécessité, pour assurer la reproduction de la force de travail et l’entretien de la famille. Le poste logement surtout pour son acquisition coûte très cher. Et d’autres postes de consommation marchande sont irréductiblement nécessaires. Le travail et le salaire a donc une fonction de base que l’on ne saurait oublier, même là ou le service public crée de la tarification plus avantageuse que les prix du marché. On travail par nécessité c’est à dire pour vivre et d’ailleurs les progrès de la civilisation ont consisté à dépasser l’emprise du marché, l’emprise des rapports sociaux du capitalisme en assurant un revenu lorsque le travail faisait défaut. Autrement dit, il n’y a que chez les barbares que les chômeurs crèvent de malnutrition et d’exclusion sociale. Ce qui nous amène au troisième niveau qui ne relève pas spécialement du champ syndical.

3 - la sphère globale lorsqu’ils vise à reconnaître la participation des travailleurs à production de l’existence sociale à laquelle tout un chacun est en principe tenu et lorsqu’il évoque le partage des richesses entre salaires et profit. Ce troisième niveau fait intervenir d’autres acteurs sociaux que les syndicats.

Défendre le salaire c’est aussi vouloir une autre société.

Au-delà de ces trois niveaux, il intègrent aussi le salaire socialisé (parfois appelé salaire indirect). Le salaire socialisé aboutit à la défense et amélioration de la Sécurité sociale et même à l’étatisation des firmes pharmaceutiques (3). Au-delà c’est la perspective du socialisme qui est posée (4).

Cette vision complexe du salaire (ici schématisé) aboutit, on le voit, à un souci constant pour le syndicalisme de classe de vouloir unifier le salariat alors que ce dernier est divisé sur plusieurs champs et notamment face au marché des biens et services. La notion de vie chère
qui surgit met l’accent sur cet aspect.

Ce qui importe c’est de défendre le salaire en intégrant ses différentes facettes comme le syndicalisme le fait mais aussi en intégrant - ce que fait ATTAC - la question du recul de la sphère du marché par la montée de la gestion publique des biens communs. Le recul du marché est en lien avec le recul de la propriété privé et donc du capitalisme. Il y a aussi
la prise en compte de ce qui doit être produit puis offert à la consommation marchande et non marchande dans la perspective d’un autre développement. Ce qui pose la question de la planification démocratique dans le cadre d’une alter-démocratie.

Christian Delarue

Addendum :
Poursuite de la recherche sur « aisé » (ou non) face au marché des biens et services.

La crise et « la panne de la consommation des ménages » .

http://www.lepoint.fr/actualites/la-panne-de-la-consommation-des-menages-confirmee-en-avril/1037/0/247535

La panne de la consommation des ménages de 2008 est "issue de la crise vient renforcer la relative saturation de la demande en biens d’équipement constatée pour les ménages aisés.

Ce qui constitue un élément de la crise pour défaut de débouché pour la production et la
réalisation des profits . Mais ce n’est pas là ce qui nous occupe ici .

Ces ménages aisés qui disposent de tous les grands biens d’équipement - maisons, auto, équipement divers à haute technologie- peuvent envisager de réduire les consommations énergétiques qui amputent le développement soutenable. Que les ménages aisés prennent moins l’avionou disposent de biens économes en énergie ou achètent moins de gadgets éphémères, etc.. c’est évidemment bon pour le développement durable . Certains sont donc sensibles à la sobriété volontaire mais dans un cadre de confort maintenu.

Par contre que les ménages modestes, à savoir ceux qui épuisent leur revenu dans le mois à l’acquisition de biens de consommation courante ne puisse pas acquérir de maisons, voire habiller correctement leur famille, ou se chauffer suffisamment l’hiver . Ce qui n’est pas
tolérable. A ce propos, le salaire moyen qui était de 1900 euros en juin 2005 (cf INSEE) ne signifie pas salarié aisé puisque ces salariés-là sont régulièrement en « fin de mois difficile ». En fait l’aisance économique ne recouvre pas les notions de salaire médian ou de salaire moyen .

Le salaire médian situe la moitié des salariés de la population considérée dont l’une gagne moins et l’autre moitié gagne plus. Il se différencie du salaire moyen qui est la moyenne de l’ensemble des salaires de la population considérée. Ces notions sont celles des économistes (pour des comparaisons internationales par exemple) pas celles des syndicalistes. Il arrive à ces derniers qu’ils les utilisent pour tel ou tel dossier mais c’est très secondaire. Les médias glosent
plus facilement sur cette distinction . Le salaire médian est inférieur de 400 euros du montant du salaire moyen (soit environ 1500 euros en 2004). Se focaliser sur cette différence n’a pas grand intérêt . Cela permet juste de ne pas voir les autres paramètres peut-être plus importants.

Couches moyennes, variable d’ajustement.

Les ménages aisés sont, en 2008, ceux dont le plancher de salaire atteint grosso modo 6ooo euros par mois pour un couple en famille ou 3500 euros pour un(e) célibataire). La mesure est indicative et à moduler fortement en fonction de la situation. Du coup on peut estimer que ce
plancher est élevé est qu’il pourrait être de 4000 euros par mois pour un couple car tout dépend du lieux de consommation et des conditions d’habitat (commun ou séparé).

Selon l’Insee, les ménages les plus aisés (cadres dirigeants du public et du privé, professions libérales, etc.) perçoivent entre 4 500 et 8 000 euros avant impôts et prestations sociales. Mais attention : ces revenus ne comprennent pas les revenus du patrimoine (dividendes d’action, intérêts d’obligation, loyers, etc.). Il s’agit de revenu /pour l’ensemble du ménage/ et non par /personne/. A 4500 euros par mois vous avez grosso modo le revenu cumulé de deux fonctionnaires catégorie B fin de carrière. Aisance très minimale des « salariés intermédiaires » :
le tout début du palier. Les capacités d’épargne sont limités et souvent utilisées pour aider leurs jeunes adultes désargentés à s’installer. Or la capacité à épargner durablement et régulièrement caractérise le salarié aisé. Cela ne se rencontre pas d’expérience chez les employés et
ouvriers disposant d’un salaire entre le smic et 1800 euros . Les cadres perçoivent grosso modo entre 2200 (grille de départ) et 6000 euros.

En fait, il importe surtout d’avoir à l’esprit que le niveau de salaire des couches moyennes aisées n’a rien à voir avec les revenus faramineux de la bourgeoisie (qui inclue les revenus du patrimoine) ou même de certaines professions indépendantes ayant un salaire mensuel à 5
chiffres donc bien au-dessus des fameux 4000 euros par individu constitutif du seuil des 10% les plus riches. Cela aide à penser la distinction entre partage des richesses et partage de la misère.

Le partage de la misère prend pour cible les couches moyennes qui sont la variable d’ajustement des politiques salariales et fiscales. Telle conjoncture amènera a les ponctionner pour payer les plus pauvres. C’est ce que l’on nomme le partage de la misère. Exemple, en 2004, le salaire
des ouvriers a progressé plus vite que le coût de la vie (+0,4%). En revanche, le pouvoir d’achat des cadres (-0,1%), des professions intermédiaires (-0,2%) et des employés (-0,7%) a reculé. Telle autre conjoncture amènera le gouvernement à mieux rémunérer les cadres
supérieurs afin qu’ils puissent devenir la couche d’appui du capital . Dans aucun cas il s’agit de partager la totalité des richesses. Les profits sont sacrés sous le capitalisme dominant.

http://www.actuchomage.org/modules.php?op=modload&name=News&file=article&sid=1636

Notes :

1. Les DOM reflet de la métropole de demain.

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article80696
La domination coloniale et esclavagiste Béké contre le peuple-classe martiniquais.

http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article599

2) Lire contagion de Jean Tosti sur Spéculand

http://speculand.com/Contagion

> 3) SOCIALISATION DE LA SECURITE SOCIALE et ETATISATION DES FIRMES PHARMACEUTIQUES.

4) LA SECURITE SOCIALE ET LE SOCIALISME Christian DELARUE

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article63911


Brèves

27 avril 2019 - UE : Refus du travaillisme - RTT 30H hebdo

UE : Refus du travaillisme - RTT 30H hebdo
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