La supercherie du grand remplacement et de la submersion migratoire - Claudine Blasco

mardi 5 avril 2022
par  Amitié entre les peuples
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La supercherie du grand remplacement et de la submersion migratoire
Claudine Blasco , Guadeloupe, Avril 2022

Données issues du World Migration Report 2022 de l’Organisation Internationale des Migrations
(OIM) de l’ONU

Définitions
- migrant : personne se déplaçant d’une région ou d’un pays à un autre, traverse les frontières ou pas
- immigré : personne qui arrive dans un pays autre que celui de sa nationalité ou de sa résidence habituelle, de sorte que ce pays de destination devient effectivement le nouveau pays de résidence .
- émigré : personne qui quitte son pays de nationalité ou de résidence pour s’installer dans un autre pays, qui devient alors son nouveau pays de résidence habituelle.

Les migrations font partie de l’histoire de l’humanité.

Comme l’affirment la grande majorité des anthropologues et archéologues c’est grâce aux premiers migrants africains homosapiens que notre humanité a pu se développer et découvrir toutes les richesses de notre planète . Ils ont essaimé notre espèce à travers les océans et les continents. L’anthropologue Evelyne Heyer explique "qu’il y a toujours eu des mélanges, à tel point que nous avons tous, à un moment ou à un autre, des ancêtres migrants... On se mélange tout naturellement parce que les migrations ont toujours été synonymes d’échanges perpétuels les uns avec les autres, de partage de connaissances, de techniques et de savoir-faire précieux pour l’évolution de
l’humanité". Aujourd’hui tous les territoires habitables sont peuplés de notre espèce , issue de la même souche africaine, grâce aux migrants. La race n’est donc pas une réalité biologique mais une construction sociale en vue de discriminer une population . C’est pourquoi depuis 2013, ce terme a été retiré de tous les textes législatifs français.

Même si la migration est intrinsèque à notre espèce, aujourd’hui, tant nous nous sommes sédentarisés, les migrants ne sont que 3,6% de la population mondiale, soit 281 millions de personnes , 48% de femmes et 52% d’hommes.
La région du monde qui reçoit la plus grande proportion de migrants par rapport à sa population est l’Océanie, et le pays où il y a le plus d’immigrés par rapport à sa population est les Émirats Arabes Unis.

En nombre c’est l’Europe et l’Asie qui reçoivent le plus de migrants , à noter que pour l’Europe, le groupe le plus important d’immigrants est européen (47 millions sur les 87 millions d’immigrés recensés).
Les États Unis reste le premier pays de destination depuis 50 ans de migrants au monde ( 51 millions en 2021), suivi de l’Allemagne avec 16 millions de migrants.

Le premier continent d’émigration est l’Asie avec 115 millions d’émigrants en 2020 soit 40% des migrants mondiaux dont 23 millions vers l’Europe et 69 millions vers un autre pays d’Asie.
Les premiers pays d’émigration en nombre sont l’Inde et la Chine suivis par la Syrie et le Bangladesh.

Les émigrés européens sont 49 millions principalement les Russes (11 millions) , puis les Ukrainiens 6 millions en 2020, suivis des Polonais et des Anglais ( environ 4,8 millions chacun) et vivent principalement en Asie et Amérique du Nord. A noter que la Russie est autant un pays d’émigration que d’immigration.
Sur les 21 millions d’Africains émigrés 11 millions vivent en Europe, par contre les 2 millions d’immigrés en Afrique sont à part égale européens et asiatiques.

En 2020 en Amérique latine et Caraïbes l’émigration est très forte surtout vers l’Amérique du Nord (25 millions d’émigrants surtout mexicains vers USA ) et l’Europe (5 millions), vers l’Asie un peu plus de 400,000 . D’un autre côté le nombre total des immigrés non originaires en AL et Caraïbes reste stable depuis 30 ans autour de 3 millions de personnes, la plupart européens( 1,4 millions) et Nord Américains ( 1,3 millions). Il y a 11 millions de migrants internes latino américains et
caribéens, surtout Vénézuéliens (4,6 millions). Haiti et Cuba comptent environ 2 millions d’émigrés chacun.

Cependant depuis le 1er rapport mondial de l’OIM en 2000, le nombre de migrants a augmenté de 0,8% , surtout dû au déplacement des travailleur-se-s utilisés par la mondialisation libérale basée sur le mouvement intensifié des biens, des capitaux et du travail qui régit depuis 40 ans notre commerce et nos économies.

La courbe des migrations suit également celle des inégalités. Plus elles augmentent et plus les gens migrent. Ainsi les pays les plus riches (Amérique du Nord, États arabes et Europe) demeurent les destinations privilégiées de 61% des travailleurs migrants.
En Europe les travailleuses migrantes sont majoritaires.
La plus grande part des migrants ne passe pas les frontières, ces migrations non comptabilisées dans ce rapport restent internes aux pays.
L’OIM souligne dans son dernier rapport le niveau jamais atteint jusqu’à aujourd’hui de désinformation sur les migrations, entraînant des discours essentiellement politiques non seulement faux mais surtout haineux. C’est le cas en France.

Quelle est la réalité de la migration en France ?

La France n’est que le 7 éme pays au monde de destination des migrants.
En 2021 nous comptions 7 millions d’immigrés soit un peu plus de 10% de notre population de 67,8 millions de personnes, dont un des flux les plus importants vient d’Afrique du Nord, mais ne représente que 42% des immigrés. 32% vient d’Europe, 16% d’Asie , le reste d’Amérique Latine et Caraïbes, ainsi que d’Océanie. 36% d’entre eux ont acquis la nationalité française , soit 2,5 millions.

Jusqu’au milieu des années 1970, les hommes étaient majoritaires chez les immigrés, travaillant pour la reconstruction d’après-guerre, puis pour les Trente Glorieuses. En 1974, l’immigration de travail baisse et le regroupement familial se développe. Depuis, la part des femmes dans les flux d’immigration ne cesse d’augmenter, moins pour le regroupement familial que pour suivre des études, obtenir du travail et des droits, elles sont aujourd’hui majoritaires , soit 52% des immigrés. De plus près de 38% des femmes migrantes ont un diplôme d’études supérieures contre 35% des françaises. C’est en 2008 qu’elles ont commencé à être majoritaires.

D’un autre côté, nous avons plus de 2 millions d’émigrés Français qui renvoient vers la France le plus grand montant de transferts de fonds de toute l’Europe soit l’équivalent de 25 milliards de dollars US par an.
En tout en 2021 nous n’avons que 4, 5 millions d’étrangers vivant sur le sol français soit 7 personnes sur 100 habitant la France.Sur ces 7 personnes 3 viennent d’Afrique du Nord et plus de la moitié sont des femmes.
Nous sommes loin de l’invasion, de la submersion promise par nos politiciens de droite.

L’image de dangereux terroristes islamistes issus de l’immigration, débarquant par dizaines de millions et qui voudraient s’en prendre à nos vies, à notre civilisation chrétienne, cette image du grand remplacement est non seulement fausse mais aussi raciste .
Cette théorie du grand remplacement vient de la fin du 19e siècle , de l’empire colonial français, basée sur une hiérarchie des « races » et la prétendue dangerosité du mélange des « races », sous- entendant un grand complot étranger juif , islamique ou franc maçon, au choix de ses haines.
Cette image a été créée de toute pièce pour faire peur et mener à des politiques de repli autoritaires et sécuritaires.

Aujourd’hui le symbole réel de l’immigré en France est une femme cosmopolite et courageuse, d’un niveau d’études et de compétences supérieur à notre moyenne nationale , qui cherche la paix et son émancipation.