La sortie de l’automne breton 2013 et les trois secteurs de la lutte de classe. C Delarue

dimanche 30 mars 2014
par  Amitié entre les peuples
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La sortie de l’automne breton 2013 et les trois secteurs de la lutte de classe

http://blogs.mediapart.fr/blog/christian-delarue/270314/la-sortie-de-lautomne-breton-2013-et-les-trois-secteurs-de-la-lutte-de-classe

- Espagne - France ou les limites d’une comparaison !

Le mouvement syndical reprend l’initiative ces derniers jours dans la difficulté. Les manifestations et grèves des 18 et 20 mars en pleine campagne électorale des Municipales attestent de cette reprise dispersée mais avec une faiblesse qui ne ressemble en rien avec le mouvement de masse qui secoue l’Espagne (2). On va dire que la situation en France est différente de celle de l’Espagne. C’est exact car la situation générale en Espagne est plus dégradée qu’en France sur plusieurs points - le logement, l’emploi, la santé, etc... mais il faut immédiatement souligner qu’il y a de quoi mobiliser fortement en France les travailleurs du privé et du public, les chômeurs et retraités. Alors ou est le problème . Il relève d’une « subjectivité sociale » différente .

-  Les luttes particulières des TPE et PME en Bretagne.

A mon sens, la France n’a guère les yeux rivés sur l’Espagne car elle sort de l’automne breton 2013 qui a marqué de façon très particulière tout le paysage français . Le Mouvement des Bonnets rouges est en effet très particulier puisque on y trouve mêlé, souvent dans une grande confusion, d’une part lutte des PME et des petits et moyens patrons et d’autre part une lutte de classe elle aussi particulière car venue des secteurs ouvriers des TPE et PME. Un sondage (1) atteste de cette ambivalence sociale que l’on pourrait rattacher à la particularité de la lutte de classe des secteurs PME. On trouve des revendications « communautaires » c’est à dire d’entreprises avec ouvriers et patrons mélangés et donc avec des revendications salariales et ouvrières mélangées à des revendications plus générales qui sont plus celles du patronat local.

- Les deux autres secteurs de luttes « avec bureaucratie » : Etat et FMN.

A côté de ces luttes on trouve des luttes des secteurs des grandes organisations publiques et privées. Car comparativement aux luttes des TPE et PME, Il y a un point commun entre l’Etat et une FMN c’est sa taille (du méga) avec la présence d’une hiérarchie à la place d’un patron. Il y a alors une bureaucratie privée et une bureaucratie publique que l’on ne trouve pas dans les TPE (très petite entreprise) et les PME (petite et moyenne entreprise) et qui modifie les conditions et l’expression de la lutte de classe. Il y a bien - il ne faut pas l’oublier - de très grosses différences entre Etat et grandes entreprises transnationales, mais du point de vue de l’organisation d’une lutte indépendante du salariat il y a plus de points communs qu’avec les secteurs des TPE et PME. Dans une TPE il n’y a pas de bureaucratie (5) mais un patron « proximal » qui bosse aussi et qui par ailleurs n’affiche pas des revenus exceptionnellement au-dessus des ouvriers. Le petit patron peut gagner entre 2700 et 5000 euros net quand les ouvriers et employés sont entre 1000 et 1500 euros nets alors qu’il en va différemment dans les grandes organisations ou l’échelon de commandement, privé ou public, possèdent des niveaux de revenus très très élevés, surtout dans les FMN (firmes multinationales). Un cadre « proximal » ou « technique » peut gagner comme un petit patron entre 2700 et 4000 mais un « ponte » (top-manager ou grand directeur) va percevoir beaucoup plus, énormément plus. On va répéter que cela importe peu. Sans doute mais ce n’est pas tout. Avec le néolibéralisme, il y a bien une petite couche dirigeante qui a vu ses gains gonfler dans la crise alors que pour le reste la pente est descendante au plan salarial. Et les conditions de travail sont ici ou là très dégradées.

Bref, il faut bien saisir - au moins dans la période - que les luttes de classe qui y émergent - Etat et secteur bancaire privé notamment - ne ressemblent pas aux luttes issues des TPE et PME, notamment de l’automne 2013. Il y a des luttes des classes, avec des complexités différentes. Aucune n’est simple.

Christian DELARUE

1) CGT finances publiques DRFIP35

http://www.financespubliques.cgt.fr/35/

2) En Espagne, le mouvement social donne des raisons d’espérer

http://www.mediapart.fr/journal/international/230314/en-espagne-le-mouvement-social-donne-des-raisons-desperer

3) En décembre 2013, selon un sondage BVA pour Le Parisien, 40 % des Français font confiance à ce type de mouvement spontané « pour agir dans l’intérêt des salariés », tandis que 41 % font confiance aux syndicats et 35 % aux patronsPPN 12

http://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_des_Bonnets_rouges#Soutiens_politiques.2C_syndicaux_ou_de_la_soci.C3.A9t.C3.A9_civile

4) Les entreprises sont à distinguer selon la taille même si des conflits traversent toutes les entreprises

Les communautés hiérarchisées : Entreprise, Famille, Patrie !

http://blogs.mediapart.fr/blog/christian-delarue/020314/les-communautes-hierarchisees-entreprise-famille-patrie

5) La bureaucratie, objet de la science administrative.

BUREAUCRATIE, SCIENCE ADMINISTRATIVE ET LUTTES SYNDICALES : ETAT ET FMN (Firme multinationale) !

http://blogs.mediapart.fr/blog/christian-delarue/220314/la-bureaucratie-objet-de-la-science-administrative


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