La néo-pudibonderie a le visage du féminisme ou celui de l’anti-productivisme.

samedi 7 février 2015
par  Amitié entre les peuples
popularité : 5%

La néo-pudibonderie a le visage du féminisme ou celui de l’anti-productivisme.

La néo-pudibonderie revient parfois avec le visage du féminisme ou parfois avec celui de l’anti-productivisme.

La pudibonderie « classique » ou ancienne prenait appui sur une conception austère et rigoriste de la religion : les femmes croyantes devaient se couvrir, ne pas être séduisante et encore moins sexy. Le mal le plus satanique résidait dans la chair féminine conçue comme un appel au sexe. Et le sexe c’est le mal. Même le sexe avec amour ! Mieux valait être alcoolique que de trop faire l’amour et d’aimer l’érotisme. Erotisme : quel vilain mot.

Aujourd’hui se développe une néo-pudibonderie d’ordre moral qui veut que seule la caresse soit le propre de l’amour mais que le plaisir en « mattant », entendez regarder avec le regard chargé de forte puissance libidinale, de désir intense, ne soit que concupiscence immorale. On trouve deux pensées sur ce créneau : un certain féminisme rigoriste et un anti-consommationisme austère.

- L’ANTI-PRODUCTIVISME qui plaide pour la restriction des avions et des véhicules polluants ainsi que sur d’autres aspects se comprend fort bien de nos jours mais quand il vient à dire que les petits artifices féminins participent d’une nouvelle religion athée (comme les intégristes religieux) et sont des sources de frustrations et d’aliénations et in fine absence de joie humaine il y a tromperie (c’est faux car cela est source de joie dans les couples) et mépris élitiste des comportements ordinaires des femmes (ce qui produit un certain sexisme du genre « tu vas gagner ton complément de salaire ce soir » - plus euphémisé que l’injure de « pute ») et copie d’un nouvel intégrisme contre ce qu’ils nomment le « Dieu argent » ou la « religion de la marchandise ».

L’anti-productivisme ou le refus des excès de la consommation marchande n’est pas obligé d’aboutir à de telles dérives.

- Le FEMINISME n’est pas plus obligé de prendre un visage néo-pudibond, pas plus que l’anti-productivisme.

Un certain féminisme se montre aussi pudibond et autoritaire qu’un intégriste religieux sexoséparatiste. Deux exemples récents concernent la Bretagne, vieille terre catholique longtemps bigote et austère :

1 - On a eu le féminisme, assez minoritaire il est vrai, qui s’est indigné à Vannes contre une étude scientifique qui démontrait que les TALONS HAUTS portés par des femmes étaient un signe de séduction .

La critique dénonce un effet de stéréotype. Autrement dit la société (ses médias) sélectionne des comportements et des objets valorisés comme sexy. Et cette étude ne ferait que le constater « scientifiquement ». Mais il n’y a pas que les talons hauts a être perçu par les hommes (mais aussi les femmes) comme séduisants voire très sexy. On trouve aussi la mini-jupe, les collants ou bas nylon, le string, le décolleté qui laisse apparaitre une partie des seins. Il faut encore compter avec une moindre intensité les bracelets, les colliers, les boucles d’oreilles mais aussi le rouge à ongle, le rouge à lèvre, etc.. Demain ce sera autre chose .

Toute société produit des artifices de séduction. La notre passe par le marché et les médias ce qui lui assurent une plus grande diffusion. Faut-il les interdire ? Faut-il, à défaut, s’en priver pour soi et dire aux autres de faire de même ? Pour quelles raisons ? Vous remarquerez que les intégristes juifs harédim ou musulmans sexoséparatistes proposent ou imposent non seulement d’enlever tout ces signes de féminité mais aussi et surtout de couvrir les femmes avec manches longues et jupes longues. Le taux de couverture des femmes est alors un indice de respect des femmes.

Comme si il était impossible de respecter des femmes dénudés ou sexy. Comment font les nudistes pour se respecter ? Si le bonheur des hommes vient des rapports qu’ils entretiennent pacifiquement avec femmes, sexy ou non, ne faut-il pas, à minima, être « gentil » avec elles. Le mieux serait de lutter pour la liberté et l’égalité dans une société laïque. Zéromacho donc.

2 - On a eu aussi des féministes contre un AFFICHE DE NOEL à Saint Brieuc ou une femme en jupe courte mais cuisses croisées se tenait à côté d’un Pére Noel lui très couvert. Pas de cuisses ouvertes. Rien d’obscène. Le féminisme se mesure-t-il alors sur le taux de couverture des habits ? Les intégristes musulmans et juifs haredim risquent fort d’être les champions de ce « féminisme ».

Le féminisme plaide pour la liberté des femmes en matière sexuelle comme ailleurs et pour l’égalité entre hommes et femmes, ce qui n’interdit pas l’exhibition de différences mais sans les fétichiser. C’est le commun qui doit rester premier. Notre humanité commune par delà la diversité.

Christian Delarue

Nous n’avons rien contre l’affiche de la Ville de Saint-Brieuc

https://www.facebook.com/pages/Nous-navons-rien-contre-laffiche-de-la-Ville-de-Saint-Brieuc/378715462302326?fref=ts

Les talons hauts, objets de séduction, c’est maintenant prouvé | Le Quotidien du
Medecin
http://www.lequotidiendumedecin.fr/actualite/recherche-sciences/les-talons-hauts-objets-de-seduction-c-est-maintenant-prouve

Séduire en talons hauts, c’est scientifiquement possible ! - bibamagazine.fr

http://www.bibamagazine.fr/sexo/seduire-en-talons-hauts-cest-scientifiquement-possible-16969

Sur cette étude les références sont nombreuses

NB : Nicolas Guéguen est directeur du laboratoire Lestic de l’UBS, spécialisé dans l’étude du comportement humain, à Vannes (chercheur à l’Université Bretagne Sud) : « Ma spécialité en recherche est l’étude des processus d’influence. En gros, tout élément qui conduit à nous faire changer de comportement ou à en adopter un nouveau. Je travaille sur les facteurs qui influencent le degré de séduction d’une personne, d’où l’expérience sur les talons. » Il étudie également, entre autres, les messages qui incitent les gens à donner leur sang, à faire des dons alimentaires au profit d’associations caritatives, le don d’organes.. Il a déjà aussi montré que les serveuses en vêtement rouge recevaient plus de pourboires des hommes ou encore que la drague était plus efficace par beau temps. Cette fois, c’est son étude sur les talons hauts qui vient d’être publiée dans la revue Archives of Sexual Behavior.


Brèves

30 août 2016 - Le sexo-séparatisme est une ségrégation sexuelle contraire à l’égalité entre hommes et femmes

Le sexo-séparatisme est une ségrégation sexuelle contraire à l’égalité entre hommes et femmes - (...)

26 janvier 2016 - Repères contre le racisme, pour la diversité des apparences-différences textiles

Repères contre le racisme, pour la diversité des apparences-différences textiles et la solidarité (...)