LOCALISME : Contre la motion « monnaie locale » présentée au vote de l’AG d’ ATTAC des 26 et 27 novembre 2011

dimanche 20 novembre 2011
par  Amitié entre les peuples
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LOCALISME : Contre la motion « monnaie locale » présentée au vote de l’AG d’ ATTAC des 26 et 27 novembre 2011

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1 - Le local : une solution qui ressemble à une fuite !

Après la fuite dans l’Europe, l’Europe, l’Europe (très marchande et peu sociale) on préconise maintenant la fuite dans le localisme afin de ne ne pas résoudre la question bancaire nationale. Il y a certes besoin d’une régulation démocratique et sociale en Europe et besoin d’une démocratisation des activités locales. Là est le problème.

Contrairement au sens commun le proximal n’est pas nécessairement plus démocratique. Plusieurs auteurs de Grémion à Caillosse (1) ont souligné l’existence d’une « Noblesse locale » qui dépossédait les citoyens des processus de décentralisation mis en place depuis les lois Deferre. Le proximal est même tendanciellement moins démocratique que le central. Les ploutocraties locales gouvernent les métropoles par dessus les volontés citoyennes. Le poids du maire de Nantes - Mr Ayrault - en cheville avec la firme transnationale Vinci pour construire un aéroport à Notre Dame des Lande en est un bon exemple actuel.

2 - Quid de la résolution 5 « Monnaies sociales et complémentaires » ?

La monnaie locale est une unité de compte, en plus de la monnaie nationale, qui circule à l’initiative d’un groupe de citoyens réunis au sein d’un réseau et dont les règles sont définies par eux. Les citoyens sont libres d’y participer ou de refuser. ATTAC doit-il favoriser cette participation ? Un comité local peut toujours s’y impliquer. ATTAC France a d’autres perspectives.

La motion « monnaies locales » présentée au vote de l’AG d’ ATTAC des 26 et 27 novembre 2011 évoque des « monnaies de domination » (dollar, euro...) et propose des monnaies locales complémentaires qu’il faudrait lire comme étant de libération. Le mot complémentaire ne signifie pas annulation des autres monnaies. Faut-il multiplier les monnaies ? Faut-il complexifier une situation déjà compliquée ? La solution n’est-elle pas plutôt du côté de la démocratisation des banques nationales et continentales ?

La réponse serait dans une charte prévoyant une « utilisation à des fins socialement justes et écologiquement responsables ». Soit. Mais on se demande pourquoi cette proposition n’est pas faite pour le pôle public bancaire que certains syndicats et partis de gauche préconisent au plan national pour la réorientation des flux monétaires et financiers vers la production (et non vers la finance privée).

D’un côté ou trouve parfois une critique antifétichiste hyper-radicale de la monnaie et de la croissance chez certains anti-productivistes (que beaucoup estiment par trop unilatérale car la monnaie comme la croissance ont, comme Janus, deux faces : une positive et une négative) et de l’autre côté les écologistes moins radicaux veulent ajouter des monnaies locales aux monnaies déjà existantes dites « de domination ». Et on saisit mal ce que l’on peut en attendre de positif de ces « monnaies dites »sociales". Quelle banque locale va émettre cette monnaie ? Sera-t-elle publique (régionale ?) et contrôlée par les citoyens de la zone ? Comment ?

3 - Une inscription dans une théorisation globale qui fait débat.

Cette proposition semble s’inscrire dans un tryptique (2) plus global (qui pose aussi la nécessité du revenu d’existence et de coopératives municipales) défendu par Jean ZIN. Or ces propositions font débat - c’est un euphémisme - dans ATTAC. La lecture des textes de cet auteur montre des théorisations originales mais qui entérinent un double abandon : celui de la règle protosocialiste qui veut que nul, sauf les jeunes et les « vieux » (les retraités), ne soit exempt de participation à la production de l’existence sociale - ce qui incite de façon transitoire à une nouvelle RTT - et celui des services publics à base territoriale variable.

Sa thématique centrale semble être « Au lieu de tout attendre du pouvoir central et des stratégies top-down, il faudrait se convertir à la construction par le bas (bottom-up) d’une alternative locale à la globalisation marchande ». Or on ne cesse d’abandonner le terrain « central » à la dérèglementation néolibérale. Le territoire nationale est de plus en plus fragmenté dans plusieurs domaines. Par exemple, le prix de l’eau peut varier du simple au double en changeant de trottoir et de municipalité selon que l’eau est privée (multinationale) ou publique (en service public). Pour nous, l’alternative est dans un grand service public national de l’eau. La tendance est à la concentration des activités sur les grandes métropoles et à la création de déserts dans les campagnes. La RGPP en est un des vecteurs : une machine à produire de l’inégalité territoriale.

De plus, ou est le bas ? Est ce la commune ? Est le département ? La région ? On pourrait penser que la France est un pays de relativement petite taille qui permet de poser une politique nationale alternative de diffusion des services publics. Le système de péréquation est une esquisse de ce qui est alternatif au système inégalitaire néolibéral. Contre lui il importe de penser et créer une dynamique plus globale - ni locale, ni continentale mais nationale - qui contrecarre le développement inégal et combiné du capitalisme. La région peut aussi devenir un espace d’alter-développement. Cette perspective est fort peu développée en France.

Christian DELARUE

1) Jacques CAILLOSSE
Eléments pour un bilan juridique de la démocratie locale en France. J Caillosse

http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article913.

http://www.u-picardie.fr/labo/curapp/revues/root/43/jacques_caillosse.pdf_4a0a90f279cc8/jacques_caillosse.pdf

2) Les monnaies locales : un outil pour la relocalisation de l’économie - Jean Zin

Revenu garanti, coopératives municipales et monnaies locales - Jean Zin


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