L’imaginaire artiste est un brin aristocratique. C Delarue

dimanche 25 avril 2010
par  Amitié entre les peuples
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L’imaginaire artiste est un brin aristocratique.

Cet imaginaire artiste critique la condition salariale de façon radicale en ce sens qu’il ne demande pas une baisse du temps de travail mais une « sortie du travail contraint ». La formule est maximaliste car elle vise non seulement le travail salarié - subordonné par nature - mais aussi le travail indépendant et ce tout simplement du fait que ce dernier paie bien souvent sa non subordination à une autorité par un surcroit de travail.

Cet imaginaire artiste tel que décliné à Rennes par un artiste de l’altervillage plaide pour le droit à la paresse, ce qui signifie ici travailler selon l’humeur ou quand « la gamelle est vide ». Le slogan soixante-huitard de Guy Debord sonne fort dans cette mouvance artiste libertaire : « Ne travailler jamais ». Le travail qui a partie liée avec l’exploitation capitaliste y compris dans sa version travail indépendant est méprisé et doit être évité tant que faire se peut. Le seul modèle d’activité vertueux est donc celui de la création artistique, de la quête désintéressée.

Ce n’est pas le travaillisme (1) qui est ici méprisé mais le travail. Précisons la nuance. Dans la perspective égalitaire du travail partagé entre chômeurs et travailleurs, il importe de s’opposer au travaillisme soit la tendance à l’augmentation du temps de travail et l’intensification du travail mais au profit d’une participation moyenne et raisonnable à la production de l’existence sociale. Une position juste aurait même le souci de distinguer la RTT du travail pénible de la RTT du travail ordinaire. Bref la sortie du travaillisme ne va pas vers le « ne rien faire » mais vers le partage relatif du travail.

A Lacroix (2) écrit ceci, à propos de certains intellectuels de gauche radicale : « En poussant le raisonnement, il parait indispensable, pour que l’élite puisse se consacrer à la création et à la contemplation, que la grande masse des exploités fasse tourner la machine et veille aux nécessités matérielles. C’est ce que suggère certains écrits de Fridricht Nietzsche, notamment dans Par-delà bien et mal : »Toute élévation du type humain a toujours été et sera toujours l’oeuvre d’une société aristocratique... d’une société qui requiert l’esclavage." La critique du productivisme et du travaillisme n’a pas que des débouchés à fondements égalitaires. Elle peut viser en s’en accommoder pour autrui mais pas pour soi-même.

Le travail salarié critiqué par le marxisme n’aboutit pas ici et maintenant à plaider pour la galère des uns et le surtravail des autres. Il tend à offrir des perspectives de dépassement du travail contraint au profit du travail libre.

Christian Delarue

1) Définition du classisme et du travaillisme

http://dazibaoueb.fr/article.php?art=10686

2) Editorial de Philosophie magazine de février 2008


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