L’antisémitisme expliqué aux jeunes de Michel Wieviorka (Seuil 2014) Note CD

vendredi 24 février 2017
par  Amitié entre les peuples
popularité : 17%

Note de lecture

L’antisémitisme expliqué aux jeunes de Michel Wieviorka (Seuil 2014)

Ce livre déploie sur 119 pages les explications nécessaires sous formes de rencontres allant du plus simple au plus complexe.

La première rencontre explique simplement que l’antisémitisme est un racisme. Simplement mais l’auteur est néanmoins obligé de passer par le mot « sémite » avant d’évoquer le mot « peuple » (juif). Il termine son propos par l’usage de la majuscule - Juifs comme Français ou Japonais - pour le peuple et de la minuscule pour la religion : juifs, musulmans, catholiques.

La seconde rencontre évoque l’antijudaisme qui sévissait avant l’antisémitisme. La notion de race était absente alors. Par conte la haine des juifs qui ont tué le Christ et donc le « peuple déïcide » était vivace. En terre musulmane cette haine était (et reste) absente.

La troisième rencontre explique l’antisémitisme moderne via la théorie du complot et sur le terrain fertile de l’antijudaisme, donc en terres occidentales. Il évoque évidemment un faux célèbre : Le Protocole des Sages de Sion. Difficile d’échapper à l’affaire Dreyfus et à l’assimilation au sein de la gauche (pas toute) des juifs à l’argent et au capitalisme.

La quatrième rencontre porte sur le nazisme et la mise à mort par génocide de six millions de Juifs d’Europe. L’antisémitisme a baissé après guerre mais en Russie on chassait encore les « cosmopolites » (qui étaient des Juifs).

La cinquième rencontre développe la naissance d’Israël. L’auteur explique qu’Israël est soutenu de 1948 jusqu’à Sabra et Chatila () . A partir de ces années-là - 1982 puis 1987 (Intifada) le soutien international se fait au profit des Palestiniens. Pour distinguer antisémitisme d’antisionisme Michel Wieviorka écrit p 79 « critiquer Israël est une chose, déduire de sa politique ou de son existence même qu’elles traduisent le caractère maléfique des Juifs, en tant que tels, en est une autre ».

La sixième rencontre (p83) porte « retour sur la Shoah, le négationnisme et le »shoah business". Un antisémitisme particulier se développe sur la base de l’inexistence des chambres à gaz. Il évoque Paul Rassinier qui minimisait la barbarie nazie pour mieux souligner les horreurs du bolchevisme. Le négationnisme est passible des tribunaux depuis la loi Gayssot de 1990.

La septième rencontre pose la question d’un « nouvel antisémitisme » provenant des Français issus de l’immigration. L’antisémitisme devient un phénomène mondial avec internet et la défense par les jeunes générations de la liberté sur internet.

La huitième rencontre tente une réponse à quelle mesure de l’antisémitisme ?

La dernière rencontre pose « trois questions ultimes ». Comment se fait-il que la haine des juifs ait pu perdurer aussi longtemps ? Les Juifs n’ont-ils pas une part de responsabilité ? L’antisémitisme n’est-il pas une affaire de Juifs ?

Christian Delarue