Kosciusko-Morizet insulte la Shoah Mémorial 98

samedi 1er décembre 2012
par  Amitié entre les peuples
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Kosciusko-Morizet insulte la Shoah

27 novembre 2012 Par Mémorial 98

Les riches se plaignent de ne pas être aimés. L’un d’entre eux, Pierre Kosciusko-Morizet, se compare ainsi aux Juifs persécutés en lançant : « A un moment on a cherché les juifs, maintenant on cherche les riches. »

http://www.lemonde.fr/culture/article/2012/11/22/riches-a-pleurer_1794718_3246.html

L’homme d’affaires, qui a amassé plus de 40 millions d’euros en vendant son entreprise de commerce en ligne Priceminister, ajoute : « On dit’Les riches, les riches, les riches’. On voit les couvertures de journaux terrifiantes :A quoi servent les riches ?’ Tout cela sent mauvais. »

Loin de représenter un dérapage isolé, cette propension à tracer un parallèle entre la lutte contre les inégalités et les persécutions raciales du nazisme est un classique de la droite européenne.

À titre historique il faut rappeler que, dès 2002, le responsable chrétien-démocrate allemand Roland Koch, membre de l’aile droite de son parti et spécialiste des attaques contre les immigrés, avait provoqué un tollé du même ordre. Il avait assimilé le sort des personnes fortunées sous un gouvernement de gauche, à celui des Juifs sous le nazisme, car selon lui ces 2 catégories étaient pareillement stigmatisées par une « étoile jaune ». Il avait dû s’excuser et avait retiré ses propos (voirAllemagne : le bacille de Koch )

Plusieurs dirigeants de la droite européenne, notamment française, ont ensuite banalisé la Shoah en l’utilisant lors de polémiques dans lesquelles ils entendaient prendre une posture de victimes.

Ainsi, le 7 juin 2010, lors d’un débat au Conseil de Paris portant sur les projets de logements sociaux dans le XVIe arrondissement, Claude Goasguen, député maire de cet arrondissement qui compte 2,4% de logements sociaux contre plus de 30% dans des arrondissements de l’Est parisien, s’est emporté face aux critiques : « Si vous voulez, vous pouvez nous mettre une étoile jaune avec 16e écrit dessus ».

Interrogé par des journalistes après la séance, Claude Goasguen, ne s’est pas excusé, mais s’est justifié en rappelant qu’il « aime » et « défend » la communauté juive. Il préside le groupe d’amitié France-Israël à l’Assemblée. C’est la ritournelle habituelle quand le retour du refoulé s’exprime au grand jour (voir Frêche : raciste et antisémite ! )

Il a aussi explicité et par là même confirmé son propos :« Quand je dis : est ce que je dois mettre l’étoile jaune ? entendez : je ne suis pas un pestiféré. Les habitants du XVIe arrondissement ne sont pas des pestiférés », a- t- il souligné.

On appréciera l’association d’idées et d’images. Un tel « ami de la communauté juive" n’ignore sans doute pas que l’accusation de propager la peste noire a pesé sur le sort des communautés juives d’Europe au XIVe siècle, massacrées au nom de cette accusation (voir Qui manipule l’étoile jaune ? ) .

Quelques semaines plus tard, mis en cause par un livre de Martin Hirsch à propos de ses conflits d’intérêts (il est avocat d’affaires en même temps que député, maire...) Jean-François Copé a tracé un parallèle entre la mise en cause de ses contradictions et la dénonciation des Juifs pendant la guerre.

Il a ainsi déclaré le 26 septembre 2010 :« …Il se trouve que Martin Hirsch et moi nous avons un point commun que nous avons découvert en parlant : ses parents, comme mon père pendant la guerre, ont été sauvés par des Justes… Quand on a cette culture familiale, je ne dis pas que cela commande des obligations... Je dis simplement que l’on ne peut pas vivre les choses de la même manière… En lisant ce livre, je me suis demandé si, sans peut-être s’en rendre compte, il se livrait à un exercice de délation, qui n’est pas tout à fait à l’honneur de quelqu’un qui a sa qualité"

Ainsi selon Copé, Martin Hirsch, lui-même d’origine juive, agirait comme un de ces délateurs qui dénonçaient les Juifs aux nazis (voir Un dirigeant UMP salit à nouveau la Shoah.)

Il est à noter que Copé et Goasguen ont fait partie des dirigeants UMP qui, lors de l’affaire Woerth, ont mis en cause la presse et notamment Mediapart, en la comparant aux journaux fascistes des années 1930.

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http://memorial98.over-blog.com/article-kosciusko-morizet-insulte-la-shoah-112867224.html