Justice pour Florence HARTMANN (Comite de soutien à FH)

dimanche 27 mars 2016
par  Amitié entre les peuples
popularité : 5%

COMMUNIQUÉ DU COMITÉ DE SOUTIEN À FLORENCE HARTMANN (FR/EN)

Jeudi 24 mars, jour de la condamnation par le Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) de Radovan Karadzic, l’ancien chef politique des Serbes de Bosnie, à 40 ans de prison pour génocide et crimes contre l’humanité, la journaliste Florence Hartmann, qui se trouvait aux côtés des associations de victimes de la guerre de Bosnie-Herzégovine, a été brutalement arrêtée par des gardes du Tribunal et écrouée dans la prison des criminels de guerre pour y exécuter une peine de prison de 7 jours.

La coïncidence entre ces deux faits jette une ombre terrible sur un jour qui aurait dû être celui du triomphe de la justice. Il s’agit d’un événement insensé et révoltant pour tous ceux qui, dans le monde, défendent la liberté d’informer et plus généralement les droits humains.

Florence Hartmann avait été la porte-parole du procureur du TPIY Carla Del Ponte de 2000 à 2006, avant de se retrouver poursuivie en tant que journaliste par ses anciens collègues, devenus à la fois juge et partie, pour outrage à la Cour. Motif : avoir révélé dans son livre Paix et châtiment (Flammarion, 2007) les dessous d’une négociation secrète entre le Tribunal et la Serbie dans le cadre du procès de l’ancien Président serbe Slobodan Milosevic. Dans ce marché, le Tribunal s’engageait à ne pas divulguer certaines preuves de l’implication permanente et déterminante de l’Etat serbe dans la guerre en Bosnie-Herzégovine.

Soulignons avec force que ces éléments étaient déjà connus des milieux autorisés, et qu’au moment des faits Florence Hartmann n’était plus employée du TPIY, mais avait repris son métier de journaliste indépendante. Elle n’a jamais dérobé des documents ou pratiqué le mélange des genres, comme on a trop souvent pu l’entendre ici ou là. Son seul credo est que le public a droit à la vérité, et que c’est le devoir du journaliste de l’informer. C’est pourquoi elle a jugé crucial de publier ces informations.

Condamnée à une amende de 7000 euros, levés en deux semaines par son Comité de soutien et déposés sur un compte que le Tribunal a refusé de prélever, son jugement a été confirmé en appel en 2011, et sa peine définitivement commuée en 7 jours de prison. Le simple fait que son procès ait été rattaché à l’affaire Milosevic était en soi un scandale et une absurdité. Le fait qu’elle se retrouve aujourd’hui internée dans la même unité de détention que les criminels de guerre qu’elle a sans relâche combattus par ses actes de bravoure, son engagement indéfectible et ses écrits, nous le qualifions de perversion pure et simple d’une institution que nous avons nous-mêmes contribué à créer en 1993.

Nous continuons de croire que l’établissement du TPIY est un immense progrès dans l’histoire encore jeune du droit pénal international. C’est en effet son existence qui a permis l’arrestation du principal responsable de la guerre, Slobodan Milosevic, 5 ans seulement après la fin des combats, et a ouvert la voie à l’établissement de la Cour Pénale Internationale (CPI), où il n’est pas interdit d’imaginer qu’un jour, un Bachar El Assad puisse se retrouver au banc des accusés.

Les conditions mêmes de l’arrestation de Florence Hartmann, d’une rare violence, évoquant un guet-apens, alors que les associations de victimes tentaient de résister à l’assaut des gardes du Tribunal, ont entaché à jamais le souvenir de ce jour. Une semaine de prison, c’est peu, diront certains. Mais que fait Florence Hartmann dans le quartier des criminels de guerre, non loin de Radovan Karadzic condamné pour génocide ? Que fait-elle placée à l’isolement, lumière allumée 24 heures sur 24, guichet ouvert toutes les 15 minutes, privée de communication avec l’extérieur ?

A l’instar de Carla del Ponte, nous réclamons sa libération immédiate, et plus encore, nous exigeons sa réhabilitation. Empêchée aujourd’hui de travailler dans les organisations internationales et dans les médias du fait de cette condamnation odieuse, seule une réhabilitation totale lui permettra de reprendre le cours de sa vie professionnelle et personnelle, mise en suspens et radicalement affectée par cette injustice.

LIBÉREZ ET RÉHABILITEZ FLORENCE HARTMANN !

Merci de diffuser largement.

Une pétition internationale peut être signée en ligne : https://www.gopetition.com/petitions/release-florence-hartmann-petition.html#
Textes en bosnien et anglais, formulaire de signature dans la marge de droite.
Facebook : « Release Florence Hartmann »

STATEMENT BY FLORENCE HARMAN SUPPORT COMMITTEE

On Thursday, March 24, the day when the International Criminal Tribunal for former Yugoslavia (ICTY) convicted Radovan Karadzic, former political leader of Bosnian Serbs, to 40 years in prison for genocide and crimes against humanity, journalist Florence Hartmann, who was alongside associations of victims of the Bosnian war, was brutally arrested by the court guards, and was admitted into the war criminals’ detention unit to execute a 7 days jail -sentence.

The coincidence of these two facts casts a terrible shadow on a day that should have been marked as the triumph of justice. This is a senseless and sickening event for anyone in the world, defending freedom of information and more generally human rights.
Florence Hartmann was the spokesperson of the ICTY Prosecutor Carla Del Ponte from 2000 to 2006, before being prosecuted as a journalist by her former colleagues, now both judge and party, for contempt of court. The motive : in her book Peace and Punishment (Flammarion, 2007) she revealed the terms of a secret negotiation between the tribunal and Serbia in the trial of former Serbian President Slobodan Milosevic. In this negotiation, the Tribunal agreed not to disclose some evidence of continuing and decisive involvement of the Serbian state in the Bosnia and Herzegovina war.

Let us emphasize strongly that these elements were already known to authorized areas, and that at the moment when she wrote Florence Hartmann was not in the employment of the ICTY anymore, but had resumed her profession as a freelance journalist. She never stole documents or had unethical behavior, as has too often been heard here and there. Her only credo is that the public has the right to the truth, and it is the duty of journalists to inform. That’s why she said it was crucial to publish this information.

Her support committee raised the 7,000 euros fine in two weeks and deposited it into an account that the Tribunal refused to withdraw. Her sentence was upheld on appeal in 2011, and definitively commuted to seven days in prison. The fact that the trial has been linked to the Milosevic case was in itself an outrage and absurdity. The fact that she now finds herself detained in the same detention unit as war criminals she relentlessly fought by her bravery, her unwavering commitment and writings, we considered it outright perversion of an institution that we ourselves helped to create in 1993.

We continue to believe that the establishment of the ICTY was a huge step forward in the still young history of international criminal law. It is indeed its existence which led to the arrest of the chief mastermind of this war, Slobodan Milosevic, 5 years after the end of fighting, and opened the way for the establishment of the International Criminal Court (ICC) where it is not impossible to imagine that one day a Bashar Assad could end up in the dock.

The very conditions of the arrest of Florence Hartmann, a rare violence, evoking an ambush, while the associations of victims tried to resist the onslaught of the Court guards, marred forever the memory of this day . A week in prison is of little consequence, some will say. But what is Florence Hartmann doing in the neighborhood of war criminals, not far from Radovan Karadzic convicted of genocide ? Why is she placed in isolation, lights
on with round the clock surveillance, with guards opening the window every 15 minutes, without communication with the outside world ?

Like Carla del Ponte, we demand her immediate release, and more, we demand her rehabilitation. Today she is prevented from working in international organizations and in the media because of this heinous sentence ; only a total rehabilitation will allow her to resume her professional and personal life, in abeyance and drastically affected by this injustice.

RELEASE AND REHABILITATE FLORENCE HARTMANN NOW !

Please disseminate

Please sign the international on-line petition :
https://www.gopetition.com/petitions/release-florence-hartmann-petition.html#
Texts in Bosnian an English, form in the right-hand column.
Facebook : « Release Florence Hartmann »


Brèves

9 novembre - Facebook - Amitié entre les peuples - site

Facebook - Amitié entre les peuples - site
https://www.facebook.com/amitieentrelespeuples/?pnref=lhc

26 janvier 2016 - Christian DELARUE, des engagements, un parcours militant

Christian DELARUE, des engagements, un parcours militant
http://amitie-entre-les-peuples.org/Christ

12 novembre 2012 -  Peuple-classe - 99%

Peuple-classe - 99%
https://www.facebook.com/peupleclasse.peuplesocial/?fref=ts