Juifs de France en diversité : Sionisme et anti-sionisme en France C Delarue

mardi 21 janvier 2014
par  Amitié entre les peuples
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Juifs de France en diversité : Sionisme et anti-sionisme en France

reprise de « Le CRIF une faible représentation des juifs ! » sur Médiapart

CRIF : Conseil Représentatif des Institutions juives de France. Mais encore !

L’actualité porte sur les diatribes antisémites de Dieudonné mais elle met aussi de ce fait le focus sur les groupes de pression pro-israéliens. Il y a lieu de s’y interesser, sans racisme et sans tabou, car ils sont puissants et peuvent être nuisibles, nuisible pour la démocratie et nuisible en retardant un processus de paix avec les palestiniens.

Jean-Yves Camus évoque la « radicalisation de la communauté juive organisée ». Mais elle est hétérogène. Encore faut-il qu’il y ait même une communauté juive ! C’est comme la communauté musulmane, une facilité de langage. Citation : « la communauté juive n’est pas un bloc, et seul un petit quart tout au plus des 600 000 à 700 000 Juifs français se sentent liés, à un degré plus ou moins fort, à une institution communautaire. Reste que, aussi bien le terrorisme né de la seconde Intifada, que la montée des actes antisémites ont considérablement renforcé un consensus minimum qui repose sur le soutien total à l’existence d’Israël en tant qu’État » C’est tout le problème : lutter contre le racisme - y compris anti-juif - et soutenir Israel sont deux choses bien différentes ! On trouve l’argument inverse, hélas, tout aussi limité, pour montrer quasiment tous les juifs comme défenseurs de la barbarie israélienne, du côté pro-palestiniens.

cf Un conflit instrumentalisé par les communautaristes - Cairn.info

http://www.cairn.info/revue-internationale-et-strategique-2005-2-page-79.htm

Juif ? Question sur une identité variable.

Il existe grosso modo trois sens du mot « juif » : les gens d’origine juive, les gens de religion juive, et les juifs « identitaires, » athées ou non, qui agissent au plan communautaire, dont le plan politique international. La France compte (cet article) de 530 000 à 555 000 personnes attachées au judaïsme, la quatrième religion après le catholicisme, l’islam et le protestantisme.

Pierre Stambul précise donne une perspective historique et propose 4 concepts :

Au départ, il y a un peuple lié à une religion et à un territoire mais tout s’est modifié après la destruction du IIe temple par les troupes romaines (70 ap JC). La dispersion (diaspora) a entraîné de nombreuses conversions (dans les deux sens). Il est clair que, physiquement, un Juif éthiopien (Falacha) ne ressemble pas à un Juif d’Afrique du Nord ou à un Juif d’Europe centrale. On est au départ juif par religion.

L’Inquisition espagnole passera à une définition raciale puisque, après l’expulsion des Juifs, elle s’en prendra aux « conversos » et aux Marranes, bref à tous ceux qui ont « du sang juif ».

L’antisémitisme moderne et en particulier le nazisme définira également les Juifs comme une « race » inférieure qu’il faut anéantir. Mais le Sionisme aussi donne une définition « raciale » du judaïsme. On est juif « par sa mère ». Ainsi, moi qui suis né de parents Juifs, athée, non circoncis, antisioniste et de culture française, je peux devenir automatiquement citoyen israélien si j’émigre alors qu’un « Arabe israélien » (terme désignant les Palestiniens qui ne sont pas partis en 1948) sera toujours un étranger dans son propre pays qui se définit comme un « Etat juif ».

Souvent on confond trop le peuple juif (ou plutôt les peuples juifs, car les histoires des diasporas ont beaucoup divergé), la religion israélite, l’idéologie sioniste et la nationalité israélienne. Il s’agit de 4 concepts bien distincts.

Il existe une version tragique de l’histoire des Juifs. C’est celle « du Dernier des Justes », le livre d’André Schwartz-Bart (1959). C’est l’histoire d’une famille qui commence avec le pogrom d’York en Angleterre au Xe siècle et qui s’achève à Auschwitz où le dernier descendant est gazé. L’histoire des Juifs n’a pas toujours été aussi tragique. C’est avant tout celle d’un peuple sans territoire qui a appris (comme les Tsiganes) à défendre son identité, ses valeurs, sa culture malgré l’adversité. Un peuple qui, par nécessité, a développé des formes d’universalisme, de cosmopolitisme. Un peuple forcé de vivre dans des « ghettos » et de pratiquer les métiers interdits aux autres (dont l’usure). Un peuple qui a emprunté chez d’autres peuples (espagnol, allemand, arabe) ses langues (le ladino, le yiddish, le judéo-arabe), sa musique et une partie de sa culture.

http://rennes-info.org/Elements-sur-l-identite-juive-le

Lire aussi

Juif : adjectif ou substantif - E MORIN (Le Monde) - Amitié entre les peuples

http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article3886

Reste la grande division entre le sionisme lui-même divers (car la défense d’Israel et de sa communauté juive peut être variable) et anti-sionisme lui-même subdivisé en non raciste antisémite - « normal » - et celui à composante raciste antisémite variable (fortement ou faiblement) pour quelques individus (cf Atzmon, Dieudonné, Soral, etc) mais aussi sur le web.

I - Le sionisme

Le sionisme organisé se divise en deux grands types en France : les groupes sionistes ultraviolents type LDJ et les groupes de pression comme le CRIF ou la LICRA. Ils n’effectuent pas les mêmes tâches politiques. Il y a une sorte de partage des tâches entre SO et lobbying.

A - L’ultrasionisme violent et raciste organisé en milices.

Le BETAR se fait moins entendre . Ce groupe n’est pas aussi « tendre » qu’on le laisse entendre puisqu’il a quelques agressions à son compte (cortège de Dieudonné, fac de la Sorbonne, etc...). Reste la LDJ - Ligue de Défense Juive - qui est considérée par le FBI comme un groupe terroriste et une « organisation juive violente et extrémiste » et par le Southern Poverty Law Center comme un « groupe de haine » (« hate group ») anti-arabe. Elle est interdite en Israel mais pas En France, pays très tolérant malgré les demandes ; ce groupe raciste ultrasioniste sévisant en toute impunité. Etonnant non !

Milices juives en France : à quand la dissolution ? | Blida Eveil

http://blideodz.wordpress.com/2013/10/08/milices-juives-en-france-a-quand-la-dissolution/

B - Le sionisme organisé en groupe de pression.

En France comme aux USA on trouve des groupes de pression pro-israélien dans les lieux de pouvoirs, qu’ils soient économiques ou politiques ou juridiques.

Julien Salingue : Il existe un lobby pro-israélien en France, et il faudrait être aveugle pour ne pas le voir. J’en ai moi-même fait les frais à plusieurs reprises, entre autres lorsque le colloque duquel a été tiré l’ouvrage que vous évoquez a été frappé d’une mesure d’interdiction suite à diverses pressions politiques, entre autres du CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France, ndlr). Le problème n’est donc évidemment pas question de nier l’existence de ce lobby ou de sous-estimer son influence, qu’il s’agisse de ce type de censure ou de la criminalisation du mouvement BDS (la campagne internationale BDS – Boycott Désinvestissement Sanctions – appelle à exercer des boycotts économiques, académiques, culturelles et politiques sur l’État d’Israël, ndlr).

in Julien Salingue : « Au-delà des quenelles, il faut remettre du politique » « Femmes De Chambre

http://www.femmesdechambre.be/julien-salingue-au-dela-des-quenelles-il-faut-remettre-du-politique/

La vidéo ci-dessous dévoile le style de Cukierman président du CRIF (ex puis de nouveau)

RICHARD PRASQUIER PRESIDENT DU CRIF LE OFF( voici la preuve du lobby sionniste) - YouTube

http://www.youtube.com/watch?v=CDWTYWDeTGA

C - Sionisme : Quelle défense d’Israel ?

Une minorité cherche un compromis qui préserve les intérêts d’Israel et de sa communauté juive tout en réduisant la répression contre les palestiniens, la majorité défend la colonisation, le mur, l’apartheid et son horreur. Le post-sionisme considère que la tâche du sionisme - l’Etat juif - est réalisé mais peu veulent la fin de l’Etat ethno-racial par octroi de droits citoyens à tous et toutes.

Exemple de défense : « Roger Cukierman compare le président iranien à Hitler »

Dans sa dernière allocution en tant que président du CRIF, Roger Cukierman a insisté sur la menace que représente l’Iran pour Israël et la communauté internationale.« L’analogie entre Hitler et Ahmadinejad le président iraniens’impose d’évidence », a-t-il déclaré devant le premier ministre, Dominique de Villepin. Ce dernier a rappelé qu’il condamnait « sans réserve les propos inacceptables du président iranien ». Lors de sa brève apparition, la candidate socialiste, Ségolène Royal, a répété son opposition à ce que l’Iran ait accès au « nucléaire civil et militaire ».

http://www.lemonde.fr/societe/article/2007/01/24/les-candidats-ps-udf-et-ump-font-une-apparition-au-diner-du-crif_859012_3224.html

L’Apartheid !

Israel c’est toujours l’horreur qui se perpétue depuis des décennies, grâce aux soutiens d’une fraction des juifs pro-apartheid du monde.

A mesure qu’on creuse le sujet et qu’en particulier on étudie l’histoire de l’Afrique du sud, il apparaît tellement de points communs tant sur le plan institutionnel qu’idéologique, que la comparaison semble de nature à en éclairer les dynamiques sociales.

L’Apartheid en Afrique du sud reposait sur un racisme radical, excluant les Noirs de l’espèce humaine. Les rapports sexuels inter-raciaux étaient réprimés comme des manifestations de bestialité obscène. Il y a un siècle, l’Europe asservissait les « peuples-enfants » sous prétexte de les éduquer9.

Certains idéologues de la droite israélienne tiennent aujourd’hui un raisonnement voisin. Inaptes aux droits de l’homme, les Arabes sont dépeints comme ataviquement rétrogrades, violents et cruels.

in Israël et apartheid

http://blogs.mediapart.fr/blog/berjac/270312/israel-et-apartheid

II- Anti-sionisme juif.

Il existe des juifs anti-sionistes organisés en réseau international.

Ils se reconnaissent dans une Charte du réseau international juif anti-sioniste dont voici l’introduction

Nous formons un réseau international de Juifs et de Juives qui s’engagent de façon inconditionnelle en faveur de la lutte pour l’émancipation des êtres humains. Nous considérons que la libération du peuple palestinien et de sa terre forme un volet essentiel de cette émancipation. Notre engagement porte sur le démantèlement du régime d’apartheid israélien, le retour des réfugiés palestiniens et la fin de la colonisation israélienne sur la Palestine historique.

International Jewish Anti-Zionist Network

http://www.ijsn.net/atranslation/234/

L’antisionisme comme le sionisme mobilise évidemment des non juifs mais ce n’est pas le sujet de ce texte. Reste que l’on mesure bien la difficulté d’agir hors communautarisme pour que cesse la très néfaste politique israélienne contre les palestiniens !

Christian Delarue

Qui représente les Juifs et la « communauté juive » en France ? - [UJFP]

http://www.ujfp.org/spip.php?article2479

Anti-sionisme, le peu que je sais me vient des juifs athées pro-palestiniens.

http://blogs.mediapart.fr/blog/christian-delarue/271112/anti-sionisme-le-peu-que-je-sais-me-vient-des-juifs-athees-pro-pa

http://blogs.mediapart.fr/blog/christian-delarue/040114/le-crif-une-faible-representation-des-juifs