Hongrie : Le néopopulisme comme réponse J Morva

samedi 2 juillet 2011
par  Amitié entre les peuples
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Hongrie : Le néopopulisme comme réponse.

par Judit MORVA Economiste hongroise

Quelques notes prises sur l’Intervention à la seconde université d’été du CADTM 2 juillet 2011 - La Marlane - Wépion - Belgique.

Première partie

Pauvreté et endettement : le cas de la Hongrie

Le néopopulisme : réponse à une situation ingérable.

Retour sur les 20 dernières années

La transition a fait des dégâts et a conduit le pays á appauvrissement et pas au « rattrapage ».

L’évolution du niveau de vie a été plus lente que la croissance du PIB (en moyen 1,2% / an)

Avec en arrière plan une accentuation incroyable des inégalités
Le pays (et probablement la région entière) se trouve dans une impasse

Vers 1990 la conception néolibérale était encore nouvelle.

La Hongrie entrait avec optimisme et sans méfiance dans la nouvelle situation. Le besoin de défendre l’intérêt national, envisagé par certains a été balayé.

Les conceptions de l’époque :

Le marché et la concurrence permettra la modernisation

La modernisation signifie l’augmentation de la part des services (au détriment de l’agriculture et de l’industrie) tout particulièrement des services marchands – télécommunication, finance en premier lieu

Sous la pression de l’UE la construction des autoroutes, des écoles, des hôpitaux n’est envisagé qu’en tant que dépense/

Ici les commentaires des tableaux économiques explicatifs ne sont pas reproduits. Parmis les tableaux commentés, l’auteure a insisté sur la signification du décrochage des courbes d’importation et exportation par rapport au PIB : la Hongrie a la structure économique d’un pays du Tiers-monde.

Seconde partie

Neopopulisme á la hongroise

Les organisations classiques :

Le parti libéral a disparu mais ses partisans intellectuels, surtout dans les medias, restent influents.

Le parti socialiste est profondément désorienté et divisé par le bilan catastrophique qu’on ne peut plus nier

La plupart des syndicats ont liés leur sort aux socialistes.

La gauche de la gauche est très faible, non organisée, sans financement.

Les organisations d’auto-défense apparaissent

L’extrême droite :

16% á l’élection, stagne depuis

Racisme contre les tziganes

Revendication territoriale, nostalgie historique

Revendications sociales : certaines sont très populaires et de « gauche ».

Financement important, de source non connu ! – ce qui leur permet d’être présents, d’avoir des uniformes.

Le FIDESZ
53% á l’élection - Mais 2/3 au parlement

La situation actuelle :

- sur 2,5 millions votant pour eux, ils ont bien perdu 1 million
mais vu qu’il n’a y pas d’alternatives crédibles, ils gagnent encore lors des élections locales mais pas dans les sondages

- 1,5 million leur restent encore fidèles, grâce aux promesses importées de la "gauche”

Les techniques de gouvernance

Décision en secret – un petit groupe prend des décisions, rien ne filtre

La peur – tout est puni immédiatement et individuellement, les chefs auront un salaire très élevé pour briser les sentiments de collectivités

Le rôle central de l’Etat et de la politique

Mensonge et propagande de victoire.

Les axes politiques :

Contre le grand capital étranger

– impôts spécial sur les banques, sur la grande distribution, sur les sociétés de services (télécom, eau, électricité, déchets…)

Contrôles sur les contrats de privatisation.

Le rôle du travail : camps de travail (400 000 personnes), avec revenu en-dessous du salaire minimum– construction d’infrastructure á la main

Protection de l’environnement : « Impôt hamburger » pour favoriser la production locale

La classe moyenne-supérieure est favorisée

Impôts de 16% á tranche unique

Pas de projets claires du point de vue économique – l’industrie összeszerelő

Respect des engagements vers UE (2,9% de déficit) et vers le FMI sur la dette.

La pauvreté gagne du terrain, la révolte est apparue.

Les valeurs traditionnelles surévaluées

La famille au centre

- impôt décroissant en fonction des enfants

- 3 ans de congé maternité

Églises – écoles surtout en province (par le truchement de financement)