FreeTariqRamadan, RAMF 2018 et le problème du communautarisme. Christian DELARUE

samedi 31 mars 2018
par  Amitié entre les peuples
popularité : 13%

FreeTariqRamadan, RAMF 2018 et le problème du communautarisme.

L’UOIF soutient le prédicateur (1). On en a la preuve avec la présence du stand du groupe #FreeTariqRamadan au Rassemblement des Musulmans de France de cette fin mars-début avril (35e RAMF-2018 ).

- Problème du communautarisme

Ce groupuscule défend Tariq Ramadan en tant que musulman opprimé par l’islamophobie et ce sans tenir compte des charges qui pèsent contre lui. S’ajoute, de ce point de vue surtout communautaire, le fait que des plaignantes sont musulmanes et non seulement sans soutien communautaire mais aussi sans masse financière de soutien - contrairement à ce qui est donné pour M Ramadan - près de 169000€ ! -, sans soutien mais aussi régulièrement dénigrées, déconsidérées, conspuées depuis plusieurs mois.

Ce comportement communautariste et ségrégatif a donc de quoi choquer et à deux titres ici cités.

On voit au passage - c’est secondaire - que Tariq Ramadan est, par idolâtrie, élevé comme un fétiche surplombant, élevé quasiment au statut de demi-dieu bien au-dessus de tout . Et surtout bien au-dessus de ces musulmanes victimes du prédicateur . Elles ne sont que des traitresses, des impies. Ce « double standard » en faveur d’un mâle dominant de la communauté contre des musulmanes victime est choquant et problématique. Il y aura matière à y revenir plus tard en terme de sous-culture patriarcale des religions.

- Du communautaire à l’universalisme de la justice.

Mais laissons l’aspect communautaire pour venir à la Justice qui elle ne s’occupe pas fondamentalement de la religion des accusés. Secondairement cela peut intervenir comme élément spécifique au procès mais c’est autre chose.

Certains - hors référence communautaire - se sont prononcés pour la justice au profit de Tariq Ramadan à propos de sa détention. Ce n’est pas ce point - ancien - qui est évoqué ici .

La justice est humaine. Elle aura peut-être beaucoup de peine à rendre pleinement justice aux victimes - qui le sont réellement je crois - et à punir le prédicateur.

- Pour la justice

Personnellement je ne suis pas dans une logique de sur-pénalisation à outrance, avec des peines toujours plus lourdes, plus automatiques, façon N Sarkozy. Mais il importe que justice soit rendue. Et, il faut le dire ici, cela vaut pour Tariq Ramadan comme pour toute autre élite. La justice universaliste vaut pour tous et toutes, de l’inconnu à Weinstein ou Baupin. Les puissants de ce monde n’ont pas à y échapper. Le quidam des quartiers populaire n’y échappe pas lui ! Bien au contraire il y a surcontrôle des jeunes. Lire « Nicolas Sarkosy : une République sous haute surveillance », ouvrage de 2007 de Serge Portelli magistrat. Dix ans après, le sarkozysme pénal me semble (suis pas spécialiste) toujours actif . Cela se combine avec #BalanceTonPorc, un mouvement international - surtout occidental - de riposte contre la culture du viol et du harcèlement.

Christian DELARUE
militant antiraciste

1) Des musulmans et des membres de l’UOIF ont pu reprocher à M Amar Lasfar de n’avoir pas pris suffisamment la défense de Tariq Ramadan à la télévision devant M JP Elkabach. Car l’UOIF soutien très majoritairement Tariq Ramadan. Il a quand même habilement salué le “modèle intellectuel” du théologien Tariq Ramadan faute de soutenir le modèle de vie . Publiquement, M Lasfar indique raisonnablement : « Nous avons répondu dans le sens de la responsabilité qui est la nôtre. Nous sommes les défenseurs d’une présomption d’innocence pour Tariq Ramadan mais (…) nous laissons la justice faire son travail, nous lui faisons intégralement confiance. Nous devons aussi écouter les victimes (…) et ne pas croire au complot. Nous sommes les seuls à avoir communiqué aussi clairement de cette façon parmi les grandes organisations musulmanes. »

sur
https://www.saphirnews.com/RAMF-2018