France 2023 : Durcissement classiste , processus de fascisation mais encore ?

dimanche 9 juillet 2023
par  Amitié entre les peuples
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France 2023 : Durcissement classiste , processus de fascisation mais encore ?

On peine à caractériser nettement par un terme approprié et significatif la France du premier semestre 2023 avec 5 mois de manifestations appelées par l’intersyndicale suivie par des émeutes urbaines à la suite du meurtre de Nahel.

On voit bien tous qu’il y a eu un « » durcissement classiste » tant sur le volet policier et pénal que sur l’aspect économico-social (Macron agent de la bourgeoisie assurantielle). On sait bien que cela ne date pas de 2023 mais que là en 2023, "il a cogné encore plus fort".

Problème : On évoque nettement un processus de fascisation contraire à un processus de démocratisation et de socialisation mais que dit-on de plus précis que processus ?

Réponse et mise en débat autour de trois textes : deux de Jean-François BAYARD et un de Christian PICQUET

http://amitie-entre-les-peuples.org/France-2023-Durcissement-classiste-processus-de-fascisation-mais-encore?var_mode=calcul

Je me permets de reprendre Christian PICQUET mais avec quelques termes modifiés pour dire d’ou vient la fascisation qui procède d’une démocratie représentative de plus en plus classiste, ie par et pour les classes sociales dominantes et contre le peuple :
"La fascisation procède du fanatisme classiste néolibéral consistant à multiplier les comportements agressifs vis-à-vis d’un peuple-classe rétif à la transformation de la France en une société de marché, et n’ayant cessé de le manifester des « Gilets jaunes » aux mobilisations d’une fraction grandissante de la jeunesse contre le dérèglement climatique, de la défense des services publics aux luttes d’entreprises pour les salaires ou contre les licenciements et autres délocalisations, du nouvel essor du mouvement féministe aux innombrables refus du racisme et des discriminations."

Problème : On évoque nettement un processus de fascisation contraire à un processus de démocratisation et de socialisation mais que dit-on de plus précis que processus ? Car un processus indique une tendance générale, une orientation, un mouvement mais ne dit rien de la qualité du moment présent.

Pour aller droit au but : A-t-on notamment déjà « basculé », comme le dit Jean-François. BAYART (chercheur), nettement dans autre chose qualitativement différent nommé, non pas dictature de classe dominante, mais « démocrature » ou « démocratie illibérale », une notion encore floue selon JFB mais qui vise néanmoins des régimes politiques à la Orban en Hongrie ou Erdogan en Turquie).

En réponse, on trouve un texte de Christian PICQUET qui critique le premier texte de JFB, lequel à répondu par un second ou il enfonce le clou (en quelque sorte). Nous avons donc trois contributions pour nous instruire sur l’évolution prise par la France d’en-haut contre la France d’en-bas.

1) Le premier texte de JF BAYART date du 8 mai (donc du temps de la réforme des retraites) :
Ou va la France ?

https://www.letemps.ch/opinions/debats/va-france

2) L’analyse en réponse de Christian PICQUET est sur son blog et date du 19 juin :

Néolibéralisme, démocratie et République

http://christian-picquet.fr/2023/06/19/neoliberalisme-democratie-et-republique/

3) Le troisième texte d’actualisation est de nouveau de Jean-François BAYART
Il est écrit, en juillet, à la suite de "l’exécution extra-judiciaire" de Nahel et s’intitule :
On sait mieux ou va la France.

https://www.letemps.ch/opinions/debats/on-sait-mieux-ou-va-la-france

Extrait : Certains lecteurs de ma tribune « Où va la France ? » se sont offusqués de la comparaison que j’établissais entre Macron et Orban, voire Poutine ou Erdogan. C’était mal me comprendre. Il ne s’agissait pas d’une question de personnes, bien que les qualités ou les faiblesses d’un homme puissent avoir leur importance. Il s’agit d’une logique de situation, qui me faisait écrire que la France « bascule ». Or, depuis la parution de cette tribune, les signes d’un tel basculement se sont accumulés. Que l’on en juge, en vrac.

https://www.letemps.ch/opinions/debats/on-sait-mieux-ou-va-la-france

Commentaire :

C Picquet est-il en deçà du réel car "trop gentil" et JF Bayart est-il lui au-delà du réel car soudainement trop dur ?

Christian Picquet reprend, ce n’est pas nouveau, son analyse de la République qui est idéalement chargée, un peu comme les services publics (mais ces derniers ne sont pas le noyau du système) de la mission de satisfaire l’intérêt général (IG) du pays et donc de l’ensemble de la population y compris ceux et celles d’en-bas mais qui dans le réel historique s’est presque toujours soumise au capitalisme historique et donc mise au service des classes sociales dominantes, les miettes du festin restant au peuple-classe, à commencer par les cadres dits dominants-dominés. Alors question : La République ne tend-elle pas à devenir un obstacle épistémologique ou disons une sorte de terme fétiche passe-partout qui n’explique plus grand chose, si ce n’est l’idée de la perpétuation historique de divers compromis de classes sociales constamment réalisés au profit des classes dominantes, sauf en 1945-47 mais sans qu’il y eu passage au socialisme en cette période ou le Capital a du cédé beaucoup face au Travail. La République sans adjectif est classiste !

Il en va de même pour Nation, lourd d’ambiguïtés, d’hypocrisies notamment quand il s’agit encore de favoriser les classes dominantes. Cf "unir la nation" dans un autre texte de Christian Picquet.

Et l’Etat de droit ? Ne voit-on pas un "deux poids deux mesures" émerger plus qu’avant ?

Il est des mots-mensonges qui - pour être trop englobants (tous peuvent s’y retrouver) - passent de moins en moins, voire ne passent plus du tout, car trop chargés d’un contenu ambigu !

Là ou Christian Picquet a raison : "S’ouvre à présent, entre Macronie, droites et extrême droite, un temps de recompositions politiques intenses, en vue de doter la classe possédante d’une solution pérenne de sortie de crise. Il convient, de ce point de vue, de prendre très au sérieux Monsieur Geoffroy Roux de Bézieux, délivrant à ses pairs une sorte de testament politique au moment de céder son siège de président du Medef, lorsqu’il considère l’accession du Rassemblement national aux affaires comme « un risque nécessaire » (France Info, 27 mars 2023)."

Christian Delarue


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