Femmes libres et égales : Combattre partout le harcèlement de rue . C Delarue

vendredi 9 mars 2018
par  Amitié entre les peuples
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Femmes libres et égales : Combattre partout le harcèlement de rue .

Parce que nos soeurs, de toute couleur de peau, de toute conscience (athée ou croyante), sont nos égales et qu’elles doivent jouir d’autant de libertés que nous en avons. Point de vue masculin venu de l’antiracisme et de la fréquentation des milieux féministes.

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XX

Le harcèlement de rue vise à établir un rapport de pouvoir, de crainte (règne de la peur), et de domination afin d’imposer une moindre liberté aux femmes, (1). Le harcèlement de rue doit être combattu - et fermement (la police pourrait y participer ) - puisqu’il s’agit d’une forme d’agression sexiste - de forme sexyphobique (contre l’hypotextile : le port de la mini-jupe par exemple) ou de forme voilophobique (sous le prisme de l’islamophobie souvent) qui limite très fortement les libertés des femmes. Il s’agit d’une nette entreprise de soumission des femmes.

Concrètement, il y a le fait 1 - d’être abordée, sous prétexte de drague (ou non : demande de simple renseignement) - que certaines (100 femmes dans Le Monde le 9 janvier) nomment « droit d’importuner » (mais qui peut faire peur la nuit car « on ne sait jamais avec les mecs » ) - fait qui diffère de celui 2 - d’être interpellée de loin et sifflée (2)- qui reste « lourd » et inopportun - et qui diffère encore de celui 3 - d’être insultée (là on est nettement un cran au-dessus - la police devrait pouvoir intervenir ), qui diffère encore de celui 4 - d’être touchée aux seins, aux fesses ou la violence s’applique. 5 - Le pire encore parfois. Il n’y a pas toujours - faut le dire - une « chaîne comportementale de montée en gravité des gestes sexistes » - et heureusement ! - qui va de l’interpellation certes inopportune mais pas forcément menaçante au fait pénalement répréhensible de « coincer » la femme et de la toucher aux seins et aux fesses. La réponse négative de la femme n’entraine pas systématiquement un maintien du contact masculin et une montée en violence sexiste. Mais il n’en reste pas moins que ce refus de laisser la femme partir librement après un « non » (l’homme s’en va) se produit trop souvent. Et cela compte. D’ou notre propos.

Au-delà de la factualité des procédés - discutable - il convient de remarquer , à mon sens, un impensé : Les dominants sous-estiment plusieurs effets discriminants : ne pas s’habiller librement y compris en hypotextile , ne pas circuler partout librement y compris dans les quartiers jugés dangereux (ex : quartiers ou les hommes sont en groupe dehors), ne pas circuler à toute heure du jour et de la nuit librement (ex : quartiers sombres et mal éclairés). On sait de par l’étude des enquêtes de discriminations que les discriminés s’autolimitent dans leur comportement du fait des agressions courantes ou attendues.

Le harcèlement de rue ne relève pas directement de la « culture du viol », que nous distinguons de la « subculture du viol » (3), mais il s’agit bien d’un pouvoir patriarcal qui s’exerce dans la rue et dans la maison. Le pouvoir patriarcal sévit dans la maison et s’étend dans la rue, plus certains lieux ou quartiers que d’autres sans doute. Il est aussi présent dans certaines entreprises ou certaines administrations. Il importe de combattre partout le harcèlement de rue et d’inventer tous les moyens le permettant.

Christian Delarue

1) pour toutes les femmes, blanches et non blanches pour ceux qui d’ordinaire font cette distinction ! Addendum : athées d’Europe ou d’Afrique noire ou athée du Maghreb, juives ou musulmanes, musulmanes sexy ou musulmanes voilées (pas forcément incompatible mais très souvent quand même), musulmanes lesbiennes ou hétérosexuelles, etc...

2) Dans son livre « Dis, c’est quoi le féminisme ? » Nadia Geerts écrit : « Je ne pense pas qu’il arrive souvent que des femmes apostrophent des hommes seuls dans la rue, leur proposent un « plan cul » ou s’informent du montant qu’ils demandent pour une petite gâterie. Je ne pense pas que des hommes craignent de traverser un groupe de femmes buvant un verre en terrasse. Je ne pense pas que les hommes soient familiers des insultes sexistes ni des compliments qui virent à l’insulte si on ne répond pas. »

Nadia Geerts a en outre suggéré ce mois de janvier 2018 que toutes celles qui défendent la liberté d’importuner l’affichent clairement par un logo (ex : une main sur une fesse surmontée d’un petit coeur) chaque fois qu’elles prennent le métro ou se baladent en rue, ça fera des vacances aux autres.

3) Culture du viol et subculture du viol. C Delarue - Amitié entre les peuples

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